Cf. le cbap. m
antérieurs classaient parmi les naturalistes, se séparent maintenant de M. Zola ou môme se retournent contre lui; tels, par exemple, M. Huysmans, M. Rod, M. Rosny, M. Paul Margueritte. Certains, M. Anatole France, M. Loti, M. Bourget, qui s'étaient toujours tenus à l'écart ou montrés hostiles, prennent dans la littérature une place de plus en plus grande. D'autres enfin, les derniers venus, débutent à un moment où l'école menace déjà ruine; rien d'étonnant si leurs œuvres marquent une conception toute différente de l'art.
M. J.-K. Huysmans commença par publier Sac au dos y dans le volume des Soirées de Médan, puis les Sœurs Vatard, Marthe, En ménage, A vau-l'eau, romans aussi « naturalistes » que possible, où il nous peint avec complaisance tout ce que la vie humaine peut offrir de plus bas et de plus répugnant. Le héros de Sac au dos a pour titre à notre intérêt certain besoin physique qui le tourmente, et celui d'A vau- Veau est un petit employé de ministère en quête de quelque gargote où les biftecks ne fassent pas sa digestion trop pénible ; dans En ménage, André, ayant renvoyé sa femme, qui le trompe — c'est le début du roman — , se remet avec elle — c'en est la conclusion et comme qui dirait la moralité — après avoir constaté par des expériences multiples — c'en est la matière même — qu'un romancier, s'il ne tire pas à vingt ou trente mille, se procure malaisément, en fait d'amour, le strict nécessaire, et que le mariage est, au bout du compte, une institution commode, économique, utile à la santé. De là, M. Huysmans passe sans tran-
sition au « décadentisme » d'A rebours, puis au mysticisme d'En route. Il est vrai que, dans ses premiers romans, se trahissait déjà un arrière-goût d'amertume, et parfois une exaspération maladive contre la platitude de la vie. Mais le courant du naturalisme avait alors assez de force pour entraîner ceux-là mêmes dont le tempérament et le tour d'esprit étaient le moins naturalistes. Dès qu'il s'affaiblit, on les voit alors suivre leurs inclinations propres. M. Huysmans en particulier devient, sous le nom de Des Esseintes, un outrancier de la décadence, et, sous celui de Durtal, un occultiste*.
En 1879, M. Edouard Rod publiait une brochure, A propos de l^ Assommoir ^ panégyrique enthousiaste de M. Zola. Cinq ou six romans la suivirent, écrits selon la formule naturaliste, et dont il suffît de faire en passant mention. A un certain moment, l'auteur de Palmyre Veulard se dégage d'une école qui lui répugne également par son esthétique et sa philosophie. Il a raconté lui-même * quelles influences déterminèrent son évolution. Ces influences, du reste, ne firent que le rappeler à soi en lui découvrant ses instincts et ses aspirations propres. Il rompit brusquement avec la discipline naturaliste, et en prit tout d'abord le contrepied, opposant à l'étude des tempéraments celle de l'âme, et à la méthode physiologique r « intuitivisme » '.
Un peu plus tard, en 1887, cinq jeunes écrivains,