LA PSYCHOLOGIE DU MOUVEMENT
Depuis quelques années, on accorde plus d'attention au mouvement, et Ton fait des recherches psychologiques dans ce domaine. Cette étude est de plus en plus empreinte de cette idée que tout état ou processus mental a son côté moteur. Les phénomènes des mouvements du corps jouent un grand rôle dans les théories de la perception de l'espace et du temps, de la mémoire et du jugement, de l'attention et de la volonté, des émotions, des appréciations esthétiques, et enfin de la constitution de la conscience comme unité. Quelques-unes de ces théories assignent un rôle important aux sensations du mouvement, d'autres à leur exécution. Le contenu de la conscience consiste en une très large mesure, en sensations produites par les mouvements du corps, et d'autre part, toute sensation, toute pensée ou émotion, a une tendance à s'exprimer en mouvements corporels.
Au point de vue générique, la vie consciente des animaux ou des hommes est bi\tie sur les bases de Tare réflexe. Les stimulations affectant le cerveau à
WOODWORTH. l
travers les nerfs sensoriels, incitent à l'action certains nerfs moteurs, et de la sorte résultent certains mouvements ; aussi donnent-elles naissance à certains états conscients. La réponse motrice et l'état conscient sont des parties et des parcelles d'un processus, qui renferme aussi la stimulation. Le processus mental, considéré en lui-même, n'est qu'un fragment ; l'unité réelle, c'est la réponse totale à la stimulation.
Un jour, on écrira une psychologie compréhensive au point de vue du mouvement, décrivant la partie motrice de chaque processus mental, et en traitant chacun, comme une partie de la réponse motrice à la stimulation. De nouvelles connaissances seront apportées, en considérant les perceptions, les émotions et les décisions comme autant d'actes moteurs, et en en étudiant les détails moteurs. Mais les matériaux manquent, pour traiter la psychologie sur ces bases, d'une façon synthétique. Un livre comme celui-ci, qui doit se limiter aux faits établis empiriquement, ne peut, quant à présent, s'aventurer sus un aussi vaste champ.
Les matériaux effectifs dont on dispose pour une étude psychologique du mouvement, sont de deux sortes. Il y a une grande quantité d'expériences déjà faites sur la perception des mouvements corporels ; et ensuite, il y a des observations isolées sur les différentes formes de la production du mouvement. Pour correspondre à ces deux parties, cette étude se divise naturellement, et traitera :
Premièrement, de la perception des mouvements corporels ;
Secondement, de la production des mouvements corporels.