CHAPITRE XI
Le chapitre précédent a renfermé plusieurs références à l'influence des impulsions sensorielles sur le mouvement. On a trouvé que les sensations d'un membre qui se meut sont nécessaires à la bonne coordination de ses mouvements. Dans certains cas, les sensations incitent le mouvement à une plus grande force, comme pour vaincre une résistance ; dans d'autres cas, elles arrêtent le mouvement. La perte de la sensation peut apporter soit un défaut dans la force et Tétendue du mouvement, soit un excès dans la force et l'étendue.
On a montré encore qu'une stimulation, appliquée à la peau ou à l'écorce motrice, peut agir soit pour renforcer soit pour empêcher TefTet d'une autre stimulation. Les sensations de n'importe quelle partie du corps, et non pas seulement du membre qui se meut, peuvent exercer un effet qui facilite ou qui empêche. Bref, la réaction motrice totale du système nerveux est à un moment donné la résultante de toutes les stimulations qui agissent à ce moment-là sur lui.
L'influence des sensations, des pensées et des émo-
tions sur les mouvements du corps, a naturellement excité l'attention des psychologues, et certains résultats obtenus sont frappants. On a désigné cette série d'études sous le nom de dynamogenèse pour TefiFet des sensations et autres états conscients qui augmentent (ou diminuent) la force et la rapidité de l'effort volontaire ; et sous le nom de force motrice des idées, la tendance des idées à faire naître des mouvements expressifs.
On peut à peine séparer cette série d'études des études motrices sur les émotions. On discute encore beaucoup la théorie suggestive des émotions avancée par James et par Lange, selon laquelle les mouvements expressifs sont la chose primaire, tandis que rémotion elle-même consiste en sensations qui naissent de ces mouvements. Nous n'entrerons pas dans les détails de cette question, mais nous nous référerons simplement à l'aperçu complet qu'en a donné Sergi *. Nous pouvons dire en passant, et au point de vue moteur, que les émotions ont, sans aucun doute, des effets moteurs, et tout aussi sûr, les sensations des mouvements expressifs contribuent au moins à l'émotion elle-même. Il y a peut-être une action réciproque qui fait qu'une émotion se reflète si longuement dans la conscience et dans le système moteur.
L'effet dynamogénique de certaines sensations, et les effets inhibitoires des autres, sont des faits familiers, illustrés par l'effet stimulant de la musique