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I. Les Emotions. Paris

martiale et reffét calmant d'une musique lente; par l'effet stimulant d'une sensation froide sur l'activité musculaire, et par l'effet relâchant d'une sensation chaude, confortable. Mais c'est à Féré que nous devons principalement une étude minutieuse sur ces effets. Il les a étudiés d'abord à l'aide d'un dynamomètre^, et ensuite par l'ergographe de Mosso ^. Il a trouvé que les impressions de chaque sens étaient en état d'exercer ces effets et que les effets variaient avec la qualité et l'intensité des sensations.

. Différents individus subissent ces effets d'une façon très inégale. Chez les uns, il n'a obtenu que des résultats faibles ou inconstants ; d'autres étaient plus sensibles. Certains patients hystériques montraient des effets dynamométriques très puissants et uniformes. Il faut considérer les effets ainsi obtenus comme une exagération des effets normaux. Cependant, certains effets peuvent être provoqués chez les sujets normaux. Les effets moteurs de la musique sont familiers, mais on pouvait les rapporter au rythme ou aux émotions qui viennent de naître. Féré a prouvé que le ton uniforme d'un diapason, ou d'une seule note frappée au piano, sans qu'elle soit accompagnée d'aucun rythme, d'une mélodie ou d'une harmonie, était en état d'augmenter la force de saisir de la main, ainsi qu'il l'a mesuré par le dynamomètre. L'influence dynamogénique augmente avec le bruit du son, et, en une certaine mesure, avec sa hauteur. On n'a

I. Sensation et Mouvement. Paris, i^"* édit., 1887; aeéd., 3. Année psychologique i 1900, VII, 69, 83, i43.

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cependant pas obtenu les effets les plus puissants avec les notes les plus hautes, mais par les notes moyennes du piano.

En ce qui concerne les stimulants visuels, le blanc semblait avoir un faible effet stimulant, et l'obscurité produit une légère dépression. Mais les couleurs ont été distinctement dynamogéniques. Cela est vrai surtout pour la lumière rouge, qui chez certains sujets a doublé la force saisissante. L'orange a eu l'eflfet le plus rapproché, ensuite le vert, le bleu ; le violet n'en a eu que très peu. La position du jaune était particulière ; au lieu d'avoir un effet intermédiaire entre l'orange et le vert, comme on l'attendrait de sa position spectrale, il était plus faible que le vert. Ce résultat semble indiquer que les effets des couleurs sont en relation avec leur valeur émotive, plutôt qu'avec la proportion de leurs vibrations, ainsi que l'explique Féré. L'effet puissant du rouge dans ces expériences est intéressant, surtout lorsqu'on se rappelle que cette couleur est celle qui excite le plus les animaux, les sauvages et les enfants.

L'effet dynamogénique d'une couleur était augmenté, si l'objet coloré était mis en mouvement.

Dans le goût, l'amer a l'effet moteur le plus puissant, ensuite le salé, et le doux, le plus faible. Un stimulant acide (l'acide acétique) a eu l'effet le plus puissant, compliqué, il est vrai, par des sensations tactiles et olfactives. Les odeurs avaient un effet puissant, le musc étant spécialement efficace comme stimulant. L'effet stimulant immédiat de certains aliments est du sans doute à leur goût et à leur parfum dynamogénique. Les odeurs ont été

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étudiées de la même façon par d'autres expérimentateurs : elles se rapprochent beaucoup du côté émotif de la conscience. Ce ne sont pas toujours les odeurs agréables qui stimulent, ni les désagréables qui dépriment. Les odeurs piquantes ont en général un effet stimulant, tandis que les odeurs lourdes ont Teffet opposé.

Les sensations cutanées, soit de pression, ou de chaleur ou de froid local, augmentent aussi la force saisissante, comme Ta prouvé Féré. Les sensations « musculaires », produites par une extension active ou passive des membres, étaient aussi eflectives. Les hallucinations, chez les sujets hypnotisés, avaient des effets pareils à ceux des sensations objectives. Un travail intellectuel court peut aussi augmenter d'une façon perceptible la force saisissante. Même une impulsion aflerente inconsciente, comme celle qui est produite par la stimulation des parties insensibles du corps, telle que Tutérus, faisait naître, chez certains sujets, une augmentation de force.

Les sensations stimulantes n'augmentaient pas seulement momentanément la force de l'effort musculaire volontaire, mais elles produisaient un délassement temporaire de la fatigue. Lorsque la hauteur du tracé ergographique tombait à zéro, ou pouvait la faire remonter par une sensation dynamogénique et continuer pendant un certain temps ^ On a trouvé cependant que cette stimulation produisait après quelque temps un post-effet négatif, et que les sensations déprimantes produisaient un post-effet positif,

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