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sensation d'une marche montée avec le pied droit ne peut avoir comme conséquence immédiate de faire monter une autre marche avec le pied droit, quoiqu'elle puisse faire monter une marche avec le pied gauche, fl est impossible qu'une association directe et immédiate naisse entre la sensation d'un mouvement comme antécédent, et l'exécution de ce mouvement comme conséquence. Il peut y avoir une associaton parfaite entre la sensation d'un mouvement quelconque et l'exécution d'un autre^ association qui, de fait, sont très communes. La sensation d'une marche appelle Texéculionde la marche suivante ; la sensation d'un mot écrit ou parlé, appellera un mot suivant : la sensation de la première partie du mouvement éveille la dernière partie, et si l'anesthésie empêche la sensation de la première partie, la dernière pourra manquer. L'association entre la sensation d'un mouvement, comme antécédent, et l'exécution de ce mouvement comme conséquence, ne peut qu'être indirecte. Il serait donc beaucoup plus raisonnable de parler d'un enchaînement intermédiaire entre l'idée de mouvement et l'exécution de ce mouvement qu'entre d'autres idées el les mouvements qui semblent en résulter directement. Dans le processus d'association, par lequel les mouvements dépendent des idées de ce mouvement, il doit y avoir des chaînons intermédiaires. Avant que la sensation ou Fidée d'un mouvement ait pu naître, ce mouvement a dû déjà être obtenu par certaines stimulations autres que la sensation ou l'idée du mouvement. Ce quelque chose d'autre sert probablement d*anneau, qui unit entre eux la représentation du mouvement et le mouvement lui-même.

Le rapport étroit qui existe entre un état mental assez complexe et des \nouvements déterminés, a été mis à jour par les travaux de Mîjnsterberg et Campbell sur « la force motrice des idées' w. C'est à eux qu'on doit même cette expression si heureuse. Ils ont trouvé que si certaines personnes, après avoir regardé un objet pendant quelques instants, ferment les yeux et détournent la tête, elles ne détournent pas les yeux aussi loin que la tête : les yeux semblent rivés plus ou moins à l'objet. L'angle de rotation des yeux dans leur orbite a été pris comme mesure de la force attractive del'objetou, en d'autres mots, comme une mesure de la force motrice de l'idée, suggérée par l'objet. On a trouvé que les objets compliqués retenaient davantage les yeux que les objets simples qui peuvent être facilement compris, et que lorsque l'objet avait été vu assez longtemps, les yeux n'étaient plus, ou presque plus retenus. Il est évident que ce n'était pas, une plus grande sensation qui stimulait les muscles oculaires ; c'était l'idée d'un objet compris imparfaitement, un état mental relativement complexe. Interpoler une idée kinesthétique des mouvements des yeux entre cet état mental et le mouvement réel, et supposer que le moins parfaitement compris a produit une idée kinesthétique plus puissante, ce serait là certes une fausse explication de ces résultats.

Résumons donc ce chapitre. Les sensations, les idées et tous les états conscients ont deux sortes d'effet moteur ; leur action est de stimuler, tout comme elle peut être de déprimer le système moteur tout entier,

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