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L'acquisition du contrôle volontaire

Nous avons vu que lorsqu'un mouvement a étéappris et qu'il se trouve complètement sous le contrôle volontaire, il suit immédiatement la pensée d'un résultat externe, et ses parties s'accomplissent involontairement. Reste à savoir comment on a acquis ce contrôle complètement volontaire.

Lorsqu'on apprend un nouveau mouvement, il faut prêter attention aux parties qui le composent ; un mouvement devient volontaire dans son entier, à mesure que ses parties deviennent involontaires.

Quels sont les derniers éléments avec lesquels l'individu commence et à l'aide desquels il développe ses mouvements volontaires ?

Il y en a qui croient que chaque individu com-

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mence par les éléments physiologiques du mouvement et qu'il bâtit là-dessus tout son système de coordination. D'après cette opinion, les mouvements instinctifs consisteraient seulement en la contraction de muscles isolés, ou de parties de muscles, ou tout au plus de la combinaison fortuite de certaines de ces contractions isolées.

Rien ne vient à l'appui de cette théorie. Le nouveau-né manifeste un certain nombre de mouvements bien coordonnés. Il tette, il crie et ses mouvements respiratoires sont coordonnés dès le début. Les partisans de la théorie ci-dessus feraient certes exception en faveur de ces quelques mouvements. Les mouvements qui sont parfaits dès la naissance sont certainement hérités ; tous les autres, diront-ils, sont appris ; ils sont volontaires au début, mais deviennent ensuite tellement habituels qu'ils en sont involontaires.

Même modifiée ainsi, cette théorie n'est pas admissible. Le nouveau-né ne laisse pas voir tous les traits héréditaires de son activité musculaire ou glandulaire ; et il est inadmissible que tous les traits héréditaires de son système nerveux soient déjà développés. En réalité, il est établi histologiquement, que beaucoup de voies et de connexions se développent dans le système nerveux après la naissance, d'après des contours déterminés antérieurement ; le développement de ces voies et suivi de l'apparence do nouveaux mouvements coordonnés. Ils sont inhérents au système nerveux, d'une façon aussi innée que la fleur et le fruit sont inhérents dans la plante gcrminante. Ce qu'ils demandent à l'entourage et à l'expérience

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de l'individu c'est la nutrition et Tinfluence tonique de r exercice.

La possibilité d'une maturité post-natale des instincts une fois admise, la question se réduit d'ellemême à une affaire de spéciûcation. Parmi les mouvements qui se développent dans un jeune animal, lesquels sont innés, et lesquels sont acquis ? Pour chaque espèce, on peut répondre à cette question, en observant le petit et en le soumettant à des expériences. Le meilleur moyen, c'est de contrôler toute la vie de l'enfant ou du petit, en écartant toute opportunité d'imitation ou d'instruction, et de voir si le mouvement en question se développe, et si oui, par quelles phases il passe.

On a trouvé de la sorte que certains mouvements des animaux, qui semblent appris avec soin, sont en réalité instinctifs. Les oiseaux n'ont pas besoin d'apprendre à voler ; car si on les enferme dans une boîte sombre et étroite, jusqu'à ce qu'ils aient atteint Tâge où d'habitude les oiseaux commencent à voler, et qu'on les lâche, on les verra prendre leur essor dans l'air, se dirigeant au milieu des arbres et évitant les objets aussi bien que les oiseaux adultes ^ Le poussin n'a pas besoin d'apprendre à picorer un grain de blé ; il possède ce mouvement dès le début, quoique au commencement il picore aussi bien les cailloux que les grains de blé. Le poussin n'a pas besoin d'apprendre à sauter; dès le début, il adapte ses mouvements sautillants à la distance qu'il doit parcourir^.

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