‹ Le mouvementChapitre 130 sur 184 · Thorndikk. Psychol. Beview, 1899, VI · texte numérisé non relu

Thorndikk. Psychol. Beview, 1899, VI

MOUVEMENT VOLONTAIRE 3l5

En ce qui concerne les instincts humains, il s'agit de savoir si Faction de marcher est une coordination héritée ou acquise. Il y a quelques années, James ^ souhaitait que pour expérimenter cette question, on fasse de légères ampoules aux pieds de quelques enfants, les empêchant ainsi de faire des efforts pour marcher, avant que Tinstinct, si c'en était un, fût mûr.

Depuis, on a publié plusieurs observations, mais aucune n'a suivi une méthode aussi rigoureuse.

Je vais relater un cas, dans lequel une méthode semblable a été mise en pratique, dans une famille que je connais intimement. Une petite fille de 9 mois, très remuante, montrait des tendances à marcher ; mais ses pieds et ses chevilles n'étant pas suffisamment développés, le médecin prescrivit qu'on Tempêchât de s'en servir, et on remit à l'enfant des robes très longues. Deux mois plus tard, on le mit par hasard à terre sans robe longue ; elle se leva sur ses jambes et marcha droit et sans peur; après quoi, la robe longue ne l'empêchait plus de marcher : elle la relevait et marchait. Cette enfant a toujours été agile sur ses jambes.

KiRKPATRiCK ^ a publié un cas un peu différent, mais qui montre aussi que l'action de marcher n'a pas besoin d'être enseignée par petites doses, ni par un effort volontaire. Une fillette de 17 mois causait beaucoup d'anxiété à ses parents, parce qu elle ne pouvait pas apprendre à marcher : elle ne voulait pas

1 Principles of Psychology, 1890, II, 4o6.

a. Psychological Reviewy 1899, VJ, 375.

3l6 LE MOUVEMENT

essayer. Un jour son père entrant dans la chambre où elle se trouvait, enleva ses manchettes et les mit sur une table ; l'enfant sembla s'intéresser beaucoup à ces manchettes; elle se traîna à travers la chambre, saisit un des pieds de la table d'une main, et de l'autre elle prit une des manchettes qu'elle se passa ensuite au poignet de l'autre main : pour ce faire, elle a certainement dû se tenir debout toute seule... Elle prit ensuite l'autre manchette, qu'elle passa à l'autre poignet et resta en admiration devant ces deux manchettes sur ses poignets. Après quoi elle se retourna avec une expression de contentement sur la figure, et marcha aussi bien que tout autre enfant. Et non seulement cela, mais elle se mit à courir à travers la chambre, alla dans une autre encore, et non en marchant simplement, mais en courant comme un enfant de quatre ou cinq ans. Lorsqu'on lui enleva les manchettes, elle ne voulut plus marcher ; aussi pour aider à ses progrès, lui en donna-t-on une paire, dont elle n'eut plus besoin au bout de deux jours, car elle marchait à volonté.

Trettie> * a collectionné plusieurs cas semblables, d'enfants qui n'apprirent jamais à marcher, mais qui commencèrent à le faire tout à coup, et apparemment sans avoir conscience qu'ils faisaient quelque chose de nouveau. Ils faisaient leurs premiers pas pendant que leur attention était complètement absorbée par quelque objet intéressant. Si cet objet ne leur offrait plus d'intérêt et qu'ils prêtassent attention à leurs mouvements, ils perdaient toute coordination et pou-

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