‹ Le mouvementChapitre 137 sur 184 · I. PsychoL Reviewy 1901, VIII, /I · texte numérisé non relu

I. PsychoL Reviewy 1901, VIII, /I

n'avait pas la force causale pour faire jaillir le mouvement. Il semblait cependant que l'image kinesthétique était d'un certain secours, car les sujets qui recevaient la stimulation électrique apprenaient un peu plus vite que ceux qui étaient simplement laissés à eux-mêmes. Bair croit que l'image kinestliétique rend le sujet capable de reconnaître lé mouvement, lorsqu'il a été exécuté, et de distinguer ainsi la réussite de l'insuccès. De même, la vue de son oreille pendant qu'on fait l'expérience pourrait être d'un certain secours.

Le processus par lequel le contrôle volontaire a été établi sur les mouvements de l'oreille, se composait de plusieurs phases. D'abord, par un effort à remuer son oreille, le sujet innervait un groupe de muscles, qui éveillaient des sensations dans le voisinage de Foreille et qui sont soumis au contrôle volontaire, à savoir les muscles du sourcil. Quoique le muscle retrahens ne participe pas tout d'abord à cette contraction, il le fait occasionnellement plus tard, et d'une façon régulière encore plus tard, et de plus en plus fortement. Lorsque le sujet remarquait qu'un effort lui réussissait, il était incité à des contractions encore plus vigoureuses du groupe entier, et de là à la contraction vigoureuse du muscle retrahens. Cette phase du processus d'étude atteignait le point culminant dans la contraction vigoureuse du muscle retrahens^ associé aux muscles du sourcil.

La phase suivante consistait en une isolation entre le retrahens et les muscles du sourcil. On a trouvé que cet acte ne pouvait s'accomplir par un effort volontaire pour empêcher la contraction des muscles

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du sourcil. L'effort fait pour les relâcher, en contractant le retrahens, n'amenait qu'une très forte contraction tonique de ces muscles. La méthode qui a le mieux réussi était d'ouhlier les muscles du sourcil et de concentrer toute l'attention sur Voreille, De cette façon on a obtenu un succès complet.

Lorsque les mouvements de l'oreille se produisaient pour la première fois, ils étaient bilatéraux, et il fallait une pratique spéciale avant d'obtenir des mouvements séparés. On les a obtenus de la même façon : par la concentration de toute l'attention sur une seule oreille.

Dans le même ordre d'idées, je puis mentionner certaines expériences que j'ai faites sur moi-même et qui confirment les conclusions de Bair. J'ai essayé d'isoler la flexion et l'extension du hallux, et j'ai enregistré les observations suivantes :

1° D'abord, tous les doigts du pied remuaient ensemble ; c'était le rapprochement le plus près du mouvement désiré, qui était soumis au contrôle volontaire. La difficulté consistait à remuer le hallux, tout en tenant les autres tranquilles.

2"* Les premiers succès semblent le fait d'un accident, et non d'une connaissance introspective.

3° Après avoir réussi deux fois, le temps d'une expérience avant le succès tombât de 70 ou 80 secondes à 3o secondes. Ensuite le temps décroissait lentement, jusqu'à ce qu'à la lin le mouvement désiré ait suivi l'intention à une fraction de seconde. La courbe de la pratique suivait en général celle des lignes qui représentaient les progrès faits par un

chien ou un chat pour s'enfuir hors d'une cage^ L'isolation semblait être accompHe par association graduée.

[^ Si l'attention n'était concentrée que sur le hallux, en oubliant les autres doigts, on réussissait davantage que lorsqu'on voulait maintenir les autres doigts immobiles, pendant que le hallux remuait.

5" Le sujet ne retrouvait aucune image kinesthétique des mouvements du hallux pendant ces expériences.

11 est évident que les sensations du mouvement sont nécesssaires à l'acquisition du contrôle volontaire ; il est évident aussi que l'image reproduite de ces sensations a de la valeur, comme l'indique Bair, pour faire connaître si le résultat a été atteint. Mais acquérir la force de rappeler une image à volonté n'est pas équivalent à acquérir le contrôle volontaire. Le passage du désir d'exécuter un mouvement à l'exécution même ne consiste pas en images kinesthétiques.

L'attention qui assure la réussite n'est pas dirigée vers l'image reproduite des mouvements passés, mais plutôt vers les sensations présentes qui parlent du membre avant qu'il remue, et lorsqu'il est sur le point de le faire. Ce sont donc plus probablement ces sensations qui forment la cause naturelle excitante du mouvement. L'idée du résultat du mouvement — idée qu'on peut aussi bien exprimer en termes visuels qu'en termes kinesthétiques — doit s'associer aux sensations qui précèdent le mouvement.

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