Davis. Op. cit., p
4. Davis. Op. ciL, p. 20, et Stud. Yale Ps)chol. Lab., 1900, VIII, 64.
la réaction des sons, on arrive à diminuer le temps de réaction pour d'autres stimulations * .
On a un peu rapidement déduit de ces résultats que le contrôle volontaire était une fonction générale, qui, entraînée par un acte quelconque, peut être exercée sur tout autre acte.
Mais ces résultats comportent une autre explication. L'exercice d'une main n'est pas entièrement séparé de celui de l'autre ; les mains sont souvent innervées ensemble et donc entraînées spécifiquement en même temps. Zoth^ l'a remarqué dans le travail ergographique ; pendant un eflfort violent de. la main droite, la gauche exécute des mouvements identiques. Dans l'exactitude et la rapidité, le tronc et les yeux sont tout aussi intéressés que la main, et lorsque la main est soumise h l'entraînement, le tronc et les yeux le sont encore. Dans la réaction aux différentes stimulations, la partie motrice de la réaction demeure la main, et lorsqu'elle est entraînée pour une stimulation, elle l'est pour toutes. L'action de frapper des petits coups est plutôt une question d'adresse, qui une fois bien développée, peut être appliquée à d'autres membres.
Rien dans ces résultats ne montre cependant qu'une fonction quelconque puisse être développée si elle n'est pas exercée '% et rien non plus qui démontre la réalité d'une force volontaire générale, qui puisse
I. Gilbert and Fracker. Unis^. of lowa Studies in PsychoLy 1897, ^' ^2-
a. Pfluger's Archiv f. d. ges. Physiol.., 1896, LXII, 862. 3. Voir WissLER et Richardson. Psychol. Rcview^ 1900, VII, 36.
WOODWORTH. 19
être développée en perfectionnant un mouvement et exercée ensuite sur d'autres mouvements. Contre cette même théorie s'élève le fait * que Fentraînement d'une fonction mentale n'augmente souvent pas les bonnes conditions de fonctions similaires; parfois d'autres fonctions sont quelque peu améliorées, et dans ce cas elles sont d'autant plus semblables à la fonction entraînée. 11 est probable que les fonctions semblables contiennent des éléments identiques, c'està-dire qu'elle sont transmises par les mêmes voies nerveuses.
La conclusion la plus probable est que le contrôle volontaire est spécifique et doit être acquis séparément pour chaque mouvement.
Isolation d'une partie des coordinations instinctinctives, et leur recomiunaison dans des com- PLEXES contraires a l'instinct.
Avant de parler des expériences qui ont été faites sur colle question, nous voulons apporter quelques exemples qui prouvent la réalité du processus même.
Parmi les mouvements les plus adroits, il y en a quelques-uns qui exigent rem])loi des mains d'une autre façon que cela n'a été déterminé par la nature. Ainsi, par exemple, les mouvements du pianiste. La flexion et IVxtension du troisième, quatrième et cinquième doigts séparément sont des façons
I. Thorndikk et Woodavorth. Psychol. Ilevieny 1901, VJJI, 2/17, 38'i, 553.
articielles d'exécuter un mouvement; par instinct, ils remuent ensemble. Les mouvements faits pour écrire sont aussi d'un caractère artificiel.
On trouve d'autres exemples de dissociation artificielle dans les tics que les enfants affectionnent : de cligner d'un œil, de fléchir une des jointures interphalangiennes, pendant que les autres restent étendues, de séparer latéralement deux doigts, en gardant les autres serrés l'un contre Tautre. Les comédiens acquièrent la force de soulever un sourcil, en faisant descendre l'autre, de sourire d'un côté de la ligure, pendant que l'autre est menaçant, de contracter d'une façon indépendante les muscles abdominaux (danse du ventre) et ainsi de suite.
La dissociation de la convergence et de l'accommodation des yeux est un exemple instructif, parce que nous pouvons montrer par quels moyens on y arrive.
Des verres prismatiques, placés devant les yeux, augmentent ou décroissent la quantité de convergence nécessaire pour obtenir une vision unique des objets, à une certaine distance, tandis que l'accommodation nécessaire reste la même. Après quelque temps, les yeux s'adaptent à cette nouvelle combinaison de mouvements. Il est évident que c'est l'influence des sensations confuses et la lutte pour la vision binoculaire claire, qui sert de guide dans le développement de la nouvelle coordination. La dissociation peut être produite sans le secours d'un prisme, rien qu'à l'aide des sensations visuelles. La volonté et l'intelligence ont peu à faire avec la nouvelle coordination, excepté pour choisir les conditions les plus favora-
bles (le sensation. L'attention n'est pas dirigée vers les mouvements, mais vers les sensations. L'eflbrt consiste simplement à voir clair.
Le travail le plus complet sur la dissociation des complexes instinctifs — et par conséquent une des études les plus suggestives qui appartiennent au développement du contrôle volontaire — est celui de Bair*. Pour ses études, il a choisi le mouvement de l'oreille externe, produit par le muscle retrahens aarem. Beaucoup de personnes sont incapables d'innerver ce muscle à volonté ; Bair a cependant trouvé qu'on pouvait le leur enseigner.
Il a enregistré les mouvements des oreilles au moyen de tambours. Un léger levier rattaché au tambour enregistreur était adapté au bord supérieur de l'oreille ; le tambour était placé sur un châssis placé sur la tête d'une façon légère, mais néanmoins ferme. On pouvait prendre des enregistrements des deux oreilles.
Sur certains de ses sujets, Bair a exercé une stimulation électrique sur le muscle retrahens ; elle produisait le mouvement désiré et donnait naissance à la sensation de mouvement. Ce procédé avait pour but de déterminer si, après avoir obtenu une image kinesthétique du mouvement, le sujet serait capable de produire ce mouvement volontairement, par ce moyen. La réponse était négative. Chaque sujet sentait clairement le mouvement, mais aucun n'était en état de le reproduire à nouveau. L'image kinesthétique du mouvement