‹ Le mouvementChapitre 163 sur 184 · Gilbert. Ibid., 1894, II · texte numérisé non relu

Gilbert. Ibid., 1894, II

obtenu la courbe classique de la fatigue, pour la force des contractions musculaires volontaires*. Un poids de 3 à 5 kilogrammes était soulevé de dessus un support par le flexion du doigt médian, jusqu'à la plus grande hauteur possible. Les poids étaient soulevés à intervalles répétés de i à 2 secondes ; les hauteurs étaient enregistrées sur un tambour. La hauteur déclinait rapidement, jusqu'à ce que, après 100 contractions, ou après 5o ou môme après 26, le poids ne pouvait plus être soulevé de dessus le support. La force musculaire volontaire semblait en apparence totalement disparue, complètement fatiguée par ces quelques efforts.

Ce résultat est en contraste avec la rapidité de fatigue dans d'autres genres de mouvements. Il y a des milliers de mouvements que l'on peut faire, avec une légère diminution dans la vitesse ou l'exactitude ; mais quelques vingtaines d'eflbrts maximals suffisent pour paralyser momentanément la fonction des contractions volontaires énergiques.

Mais ce résultat est entaché d'erreur : ce n'est pas la force de contraction qui est détruite par ces quelques contractions ; ce qui est perdu, c'est la force de soulever un poids aussi lourd. Si Ton change le poids et qu'on en prenne un de 4 kilogrammes au lieu de 5, le muscle peut immédiatement le soulever encore à une bonne hauteur. Le muscle peut garder 4/5 de sa force originale, quoique la courbe de fatigue semble prouver qu'elle est épuisée, ou que la partie

I. Archiv fur (Anat. u.) Physiol.., 1890, p. 89. — Arch. ital. de bioL, 1890, XIII, 128.

du système nerveux concerné par l'innervation est épuisée.

La correction nécessaire à la courbe de fatigue de Mosso s'est faite en partie dans le laboratoire même de Mosso. En examinant le sujet soumis au travail musculaire volontaire, Trêves ^ a trouvé que si l'on allège le poids, lorsque la hauteur à laquelle il est soulevé commence à diminuer, on atteint pendant un certain temps la première hauteur; lorsqu'elle recommence à décliner, on allège le poids à nouveau et l'on arrive encore à la même hauteur. Lorsqu'une certaine portion du poids original est enlevée, la hauteur cesse de décliner et peut pendant plusieurs heures se maintenir au même niveau. Mesurée d'après le poids qui peut être soulevé à une hauteur presque constante, la force du mouvement montre au début une décroissance rapide, après laquelle suit un niveau prolongé d'uniformité.

La véritable forme de la courbe de fatigue est obtenue plus facilement et plus délicatement en subti tuant au poids un ressort dans l'ergographe. Des ergographcs à ressort ont été inventés par Cattell ^ et par Binet et Vascuide ^. Le ressort rigide avait depuis longtemps été introduit par Fick * pour l'étude des contractions du muscle humain, dans des condi-

1. Jrch. liai, de bioL, 1898, XX1\, 167 et XXX, i ; et aussi Pfi.ïjger's Archiv /'. d. ges. PhysioL., 1899, LXXVllI, i63.

2. Science. New-York, 1897, V, 909; et aussi Psychol. liev., 1898, V, i5i.

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