I. Kraepelin's PsychologiscUe Arheiten, 1896, I
a. Pitres. Leçons cUniques sur L' hystérie et l'hypnotisme^ 1891, 1, ii3. — BiNET. Altérations de la personnalité, 189a» p. 101. — Frenkel. Neurol. Centralblatt, 1898, p. 434*
LA FATIGUE DU MOUVEMENT Sgg
L'effet des sensations de fatigue est spécifique et général.
L'effet spécifique est l'inhibition à mouvement particulier qui produit les sensations. Si l'effort volontaire persiste néanmoins, les sensations ont pour effet de faire dévier l'innervation vers d'autres muscles qiii peuvent produire le môme effet externe. Cette dernière tendance se retrouve dans toutes les expériences ergographiques, et l'on prend ses précautions contre elle.
L'effet général des sensations de fatigue est déprimant ouanti-dynamogénique. Elles tendent à affaiblir toute activité nerveuse. Cet effet déprimant n'est pas produit uniquement par une douleur locale dans les muscles, les jointures et les tendons soumis à l'effort, mais aussi par la sensation générale de lassitude et d'oppression qui accompagne une activité fatigante.
Le mot fatigue signifie, dans le langage commun, des sensations de fatigue localisées ou diffuses, plutôt qu'une vraie paralysie temporaire d'un muscle ou d'un centre nerveux. Si l'on analyse la fatigue prompte de la vie commune, la fatigue qui nous fait cesser un travail après une quantité modérée d'activité, on voit qu'elle consiste en des sensations de fatigue. Il est très rare qu'un travail quelconque produise une paralysie temporaire d'un muscle ou d'un centre nerveux ; c'est par les sensations de fatigue qu'on est empêché de fournir un surcroît de travail, et ces sensations exercent donc une influence protectrice. Les muscles sont protégés contre l'épuisement, non pas par un épuisement plus rapide des centres nerveux, mais par l'effet inhibitoire réflexe des sensations de fatigue.
Si de la fatigue totale du mouvement volontaire nous déduisons la partie qui est due à la contracture musculaire, celle qui représente la consomption du stock de réserve d'énergie potentielle du muscle, et celle qui est due à Tinhibition des centres par des sensations de fatigue, il ne nous reste pas une quantité appréciable que nous puissions attribuer à l'épuisement des centres nerveux. Il semblerait que dans la pratique ces centres seraient infatigables. Cette théorie est quelque peu radicale. Telles que les choses se présentent actuellement, la théorie de la participation du système nerveux central dans la fatigue motrice est du moins sans preuve. Si les centres se fatiguent, ils se fatiguent très lentement — c'est tout ce qu'on peut considérer comme définitivement étabU.