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I. Comptes rendus de la Société de hioL, 1898, p

En résumé, la comparaison des personnes sourdes avec les normales prouve que beaucoup parmi les sourds n'ont pas le vertige à cause de la rotation, et que beaucoup d'entre eux ont un pouvoir défectueux de maintenir leur équilibre par rapport à la gravité. Ces faits, combinés avec les résultats des expériences physiologiques, prouvent presque que les sensations de vertige, de rotation et de position de la tête par rapport à la verticale, viennent en grande partie des canaux semi-circulaires et de Vutricule et du saccule. Ce sont donc des organes sensoriels, au sens strict du mot. Les impulsions afférentes qu'ils envoient au système nerveux central, n'affectent pas seulement les centres réflexes, en produisant des mouvements compensatoires : ils affectent aussi les centres conscients et donnent naissance à des sensations de mouvement, sur lesquelles s'appuient les perceptions des mouvements et des positions de la tête.

Ce septième sens a été appelé le sens statique et dynamique, mais ce terme qui ne devrait s'appliquer qu'au labyrinthe, est mauvais, car il s'applique également au sens musculaire. Il vaudrait donc mieux, pour le moment, désigner ce sens par rapport à ses organes.

Nous ne pouvons pas clore ce chapitre sans donner un aperçu rapide de deux autres théories qui ont été émises sur la fonction de ces organes. Prêter*, parlant de leurs positions dans l'espace, croit qu'ils répondent différemment aux différentes ondes sonores venant de différentes directions et servent

i; Pflugers Archiv fur die ges. Physiol.y 1889, XL, 596.

8o LE MOUVEMENT

ainsi à localiser le son. Cette théorie n'est pas admissible*. On ne peut pas supposer que les ondes sonores qui passent à travers le meatus auditif externe et les osselets se répandent ensuite dans le labyrinthe, dans leur direction originelle. Et de même que les ondes sonores qui sont conduites au labyrinthe parles os du crâne, il est difficile d'admettre qu'en passant obliquement de l'air à la peau 'et à la chair, de celles-ci aux os et des os à la lymphe, elles peuvent retenir quelque chose qui aille dans la direction originelle. Certains auteurs éminents, quoique n'étant pas de l'avis de Prêter, inclinent à revendiquer pour les canaux une fonction auditive, en grande partie parce que l'examen post mortem de quelques sourds-muets (8 cas sur les ii8 de Mygind) n'a pas révélé de défectuosité nulle part, excepté dans les canaux. Si l'on considère ce fait isolément, il signifierait que le cochlea lui-même n'était pas un organe auditif ! Cependant je ne connais aucun fait qui impliquerait la non-existence d'une fonction auditive des canaux. Une telle fonction n'est pas incompatible avec letir fonction d'organe sensoriel de la rotation. Les cheveux nerveux des ampoules pourraient être stimulées par les ondes sonores aussi bien que par les courants de l'endolymphe ; mais la stimulation par les ondes sonores est, quant à présent, hypothétique, tandis que la stimulation par les courants de l'endolymphe est un fait prouvé.

1. Voir Breuer, dans Pii.cuî-h's Archiv fur die ges. PhysioL. 1891, XLVIII, 395.

LES CANAUX SEMI-CIRCULAIRES 8l

Von Cyon * a avancé une autre théorie sur la fonction des canaux, théorie qui, si elle était adoptée, serait d'un grand intérêt pour la psychologie. Von Cyon croit que les canaux donnent une idée de trois dimensions dans l'espace. Il ne veut pas dire qu'en donnant les sensations de mouvement dans chacun des trois plans, ils aident à édifier Tidée d'espace ; il leur dénie le pouvoir de produire des sensations de mouvement : ils donnent simplement une sensation de l'espace dans ses trois dimensions. Les canaux se trouvant dans trois plans, les sensations auxquelles ils donnent naissance sont des sensations de trois dimensions.

Puisque les canaux donnent naissance à des sensations d'espace, on pourrait naturellement déduire qu'ils sont stimulés par Tespace, chaque canal par ses propres dimensions de l'espace. Je ne sache pas que cette idée, si suggestive soit-elle, ait été émise par VON Cyon, et cependant elle aurait bien simplifié sa théorie. Il s'en tient aux ondes sonores, comme au stimulant le plus probable. Le son est la force stimulante, mais, chose curieuse, la sensation qu'il éveille est une sensation d'espace. Les sensations ne correspondent pas à l'agent stimulant, mais à la forme de l'organe stimulé. Il serait intéressant d'appliquer cette conception ingénieuse aux autres organes sensoriels. Par exemple, si les ondes sonores qui stimulent les canaux éveillent une idée d'espace en trois dimensions, les ondes sonores qui stimulent le cochlea

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