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LA PERCEPTION DU MOUVEMENT APERÇU SUR LA LITTÉRATURE DE LA QUESTION

Nous avons rintention d'examiner dans ce chapitre les jugements ou les perceptions du mouvement. Par jugement ou perception j'entends la reconnaissance des faits définis et souvent des faits quantitatifs. Nous pouvons percevoir l'étendue d'un mouvement, la direction, la force, la célérité et la durée, la résistance qu'il rencontre et la position des membres en mouvement.

On peut considérer ce chapitre comme une revue générale de la littérature de la perception du mouvement. Il se rapportera tout autant aux méthodes employées et à la fidélité des résultats qu'aux résultats eux-mêmes. Les chapitres suivants exposeront les résultats de façon à en montrer l'importance théorique. Parmi les résultats, il en est quelques-uns, comme ceux sur la loi de Weber, que nous laisserons de côté jusqu'à ce que leur tour arrive dans les discussions générales.

Étendue du mouvement Les moindres mouvements perceptibles, — Un vaste

travail sur cette matière a été fait parGoLoscHEioER*. Il a pensé à déterminer la moindre étendue perceptible du mouvement passif et du mouvement actif, aussi bien que le moindre poids perceptible; c'est pourquoi nous l'avons déjà cité toutes les fois que ses expériences ont pu décider quelle est l'origine des diflerentes sensations du mouvement. Un appareil parfait a été employé pour déterminer le seuil du mouvement passif. Le corps et un des membres étaient maintenus de façon à permettre que le mouvement ne s'effectue qu'à une seule jointure. Pour éviter l'aide possible des sensations tactiles dans la perception du mouvement, le segment qui doit être mis en mouvement est renfermé en une sorte de double gant qui, étant gonflé d'éau, serre tellement la peau, qu'on peut à peine apercevoir la faible augmentation de pression, produite par le mouvement. A ce gant est attaché la machine qui met le bras en mouvement. Dans sa forme la plus simple, cette machine consiste en une corde passant sur une poulie, attachée par une extrémité au gant, et par l'autre à un plateau, contenant les poids nécessaires pour contrebalancer le segment qui doit être mis en mouvement. Des poids additionnels déterminent des mouvements du segment. La rapidité des mouvements dépend de la quantité des poids additionnels ; l'étendue dépend de la durée du temps pendant lequel ils furent

I. Uniersuchungeo ùber den Muskelsinn. Archiv fur (Anatomie und) Physioiof^ie, 1889, PP- Sôg-ôoa ; 1889, Suppl. Band, i4i-3i8; Zeitschrift fur kiinische medicin, 1889, XV 81 -161 ; ces travaux se trouvent aussi dans Goldscheider's. Gesammelte Abhandlungeuy tome a.

laissés dans le plateau . Cette machine a été perfectionnée et mise à l'abri du bruit et des trépidations à l'aide d'une presse hydraulique. Les mouvements eflfectués par le membre étaient enregistrés sur un tambour mobile, et l'étendue du mouvement mesurée sur les lignes enregistrées.

Les principaux résultats des recherches de GoldscHEiDER * furent les suivants :

I** La moindre rotation perceptible d'une jointure donnée est la même, quelles que soient la direction de la rotation et la position initiale. Chaque jointure a son seuil propre ; il y a certaines exceptions qu'on peut négliger ;

2** Le mouvement régulièrement perceptible varie beaucoup avec la rapidité : plus la rapidité est grande, plus rétendue perceptible du mouvement est petite ;

3** Les difierentes jointures ont une sensibilité inégale pour les mouvements angulaires. Les mesures obtenues se répartissent comme suit :

Extrémité supérieure :

Deuxième jointure interphalangienne. i , o3°- 1 , 44** Première — — .0,75-1,80

Jointure métacarpo-phalangienne. . o,34 -o,43

Poignet 0,27-0,82

Coude 0,40-0,76

Épaule 0,27-0,48

Extrémité inférieure :

Cheville i ,2o''-i ,48'*

Genou 0,50-0,70

Hanche o,5o -0,80

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