Archiv fur Anat. und Physiologie, 1899, p
3. A. -M. Bloch. Revue scientifique y 1890, XLV, 294-3oi, et Comptes rendus de la Soc. de biol., 1896, p. 81.
4. Gh. Féré. Comptes rendus de la Soc. de biol., 1896, p. 61,
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moins exactement rencontrée par un second mouvement, lorsqu'il est exécuté par une route différente, que par la même routée La perception de la position d'un bras dérive plus probablement des sensations du mouvement que les perceptions de l'étendue du mouvement ne dérivent des sensations des positions limitantes.
Sans doute que l'association avec l'espace visuel est d'un grand secours dans la comparaison de l'étendue des mouvements, surtout lorsqu'on les exécute dans différentes positions. Mais l'association avec l'espace visuel n'est pas la seule base du jugement sur l'étendue. L'étendue peut être jugée, avec une certaine approximation d'exactitude, même dans des cas de mouvements qui peuvent à peine être associés à l'espace visuel. Par exemple, les mouvements des jambes, ou même de tout le corps, comme pour se balancer ou pour plier les genoux.
La perception de l'étendue ne dérive donc pas de données qui sont primitivement temporelles ou positionales ; elle ne dérive pas plus des sensations de la force musculaire. On peut faire deux mouvements, qui diffèrent en tant que rapidité, force, durée et position, et qui soient cependant égaux en étendue. Il est vrai que toutes ces différences diminuent l'exactitude de l'étendue ; elles modifient l'intensité de la sensation d'étendue proprement dite. Mais le fait qu'une certaine perception de l'étendue demeure, lorsque toutes les autres sensations lui opposent un empêchement quelconque, prouve qu'elle a une base
ï, WooDwoRTH. Op. cit,, p. 83 et suiv,
sensorielle, qui ne vient que de la sensation même. Elle est basée sur une sélection appropriée de toute la masse des sensations de mouvement, sur des sensations produites par la marche du mouvement, et qu'on peut appeler sensations de l'étendue du mouvement.
Perception de la force du mouvement
Quoiqu'une dépendance entre la perception de la force et la perception de l'étendue n'ait pas été prouvée, on l'a considérée comme une possibilité, à la suite d'expériences faites avec le dynamomètre ou l'ergomètre. Lorsque le mouvement agit contre la résistance d'un ressort, comme dans l'emploi de ces appareils, on ne peut s'assurer de l'augmentation ou de la diminution de la force exercée que par l'augmentation ou la diminution correspondante de l'étendue. Il s'agit de savoir si la perception de la force est quelque chose de plus que la perception de rétendue. On n'a point fait d'expériences dans les cas de mouvements qui ont suggéré cette question, mais dans une autre forme de mouvement, dans le cas des coups.
Lorsque la main frappe un objet résistant, la force actuelle exercée prend place pratiquement en un point de l'espace et en un instant du temps. L'étendue du mouvement préliminaire pendant lequel la force du bras qui se meut est développée, peut être mesurée séparément de la force déployée pour le coup. La force et l'étendue peuvent être ici mesurées séparé-
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ment, et ensuite être comparées. Ces mesures ont été faites au moyen d'un instrument approprié, et on les a comparées par la méthode de la corrélation *.
Il s'agissait de savoir si les changements dans la force déployée pour un coup étaient régulièrement accompagnés par des changements correspondants dans rétendue du mouvement préliminaire, et si ces derniers changements pouvaient être envisagés comme • la cause des premiers.
On a trouvé que de grands changements dans la force ne pouvaient être assurés que par des changements correspondants dans l'étendue. C'est en effet une nécessité physiologique, car un court mouvement préliminaire ne peut permettre le développement d'une grande force.
Mais les changements légers dans la force ne correspondent qu'imparfaitement aux changements dans l'étendue. Une proportion de loopour loo de changements correspondants indiquerait une corrélation complète, et une proportion de 5o pour loo, nulle corrélation. La proportion actuelle de pareils changements était de 60 pour 100, et la corrélation réduite ainsi presque à zéro. Les gradations fines dans la force ne dépendent donc que partiellement et vaguement des gradations dans l'étendue.
On a trouvé qu'il était possible de modifier volontairement l'étendue, en maintenant la force constante, ou de varier la force, en maintenant l'étendue constante. On a trouvé que l'attention accordée à
1. WooDwoRTH. On the Voluntary Control of the Force of Movement. Psychol. Review, 1901, VIll, Sôo-Sôq.
DIFFÉRENTES PERGEPTTOIVS DU MOUVEMENT l59
rétendue n'augmente pas Texaclitude de la force. On a trouvé que l'uniformité de la force n'avait qu'une corrélation faible avec l'uniformité de l'étendue.
En résumé, le contrôle et la perception de la force, du moins dans le cas d'un coup,- ne sont pas simplement des fonctions dérivées. Parmi les sensations du mouvement, il y en a qui nous informent directement en ce qui concerne la force du mouvement.
La PERCEPTION DES POIDS
Nous ne nous occuperons pas ici de la simple perception tactile d'un poids posé sur la peau; mais lorsque les poids sont soulevés ou pesés, les sensations qui nous en rendent compte, appartiennent au groupe des sensations musculaires. La perception des poids soulevés est une forme de la perception du mouvement.
La perception du poids est apparentée à la perception de la force. Et en pressant un ressort et en soulevant un poids, l'objet de la perception est la résistance rencontrée et la force nécessaire pour la surmonter.
Cependant, la perception d'un poids est à un certain point de vue tout à fait différente de la perception de la force du mouvement. Le poids étant une force extérieure, elle ne se présente pas à nous par le sentiment de notre propre effort. Nos efforts, pour souleyer deux objets, dont chacun est trop lourd pour que nous puissions le mettre en mouvement, ne nous font pas connaître leurs poids relatifs. Le mouvement
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réel des objets, ou de l'un d'entre eux, est donc nécessaire avant que nous puissions les comparer.
L'estimation du poids entraîne donc deux sortes de perceptions, celle de la force exçrcée sur le poids, et celle de la réponse du poids. Si la force est grande et la réponse minime ou absente, nous en déduisons que le poids est lourd; si la force est petite et la réponse prompte, nous l'appelons léger ; si, dans un cas quelconque, nous avons des perceptions exactes de la force exercée et de la réponse, nous pouvons estimer le poids, d'après le rapport entre les deux. En pratique, nous n'approchons pas de la comparaison des poids d'une façon aussi mathématiquement générale. Il y a deux moyens assez simples pour faire cette comparaison :
1° Nous pouvons soulever les deux poids avec une force égale et voir lequel répond le plus promptement : ce sera le plus léger;
2** Nous pouvons proportionner la force aux poids supposés des objets (en les jugeant, par la vue, etc.), et voir s'ils répondent avec la même facilité, auquel cas leurs poids seraient proportionnés aux efforts qu'on a faits.
La fameuse théorie de Mlller-Schumann sur la perception des poids soulevés est essentiellement la première de ces deux possibilités. Eu égard à cette théorie, les objets à comparer sont soulevés avec la même force musculaire, et leurs poids déduits de leurs réponses relatives. La force des mouvements faits pour soulever un objet n'est pas considérée comme un objet de perception. Si, par hasard, la force des mouvements différait, nous ne remarquons pas
DIFFÉRENTES PERCEPTIONS DU MOUVEMENT l6l
cette diflErence, et nous sommes sujets à une illusion, en jugeant les poids seulement d'après leurs réponses.
Voilà le principe de la théorie de Mi! ller-Schuma.nn ; les parties moins essentielles s'occupent d'une analyse de la réponse des poids et d'une sélection de tels traits de la réponse, qui, croit-on, servent pour indiquer les poids. Si deux poids sont soulevés avec une force égale, le plus léger des deux se mettra en mouvement avec le moins de retard ou de « temps perdu », il s'élèvera plus rapidement, et lorsque la force qui Ta soulevé diminue, il descendra plus doucement. L'une quelconque de ces différences dans le mouvement des objets soulevés, peut servir à marquer la différence entre leurs poids.
Dans le premier exposé de la théorie, on avait insisté davantage sur la vitesse du mouvement élévateur. L'exposé original de la théorie peut bien être cité :
a D'après notre avis, les choses se passent simplement comme il suit : en comparant deux poids, dans des circonstances habituelles, la même impulsion motrice sera distribuée à chacun des deux mouvements, sans que nous ayons conscience de la force de l'impulsion, à l'aide d'une sensation d'innervation ou autre. Et nous comparons uniquement les effets l'un à l'autre, c'est-à-dire, en général, la vitesse du mouvement exécuté, et nous nous y prenons de telle façon qu'en vertu de l'expérience déjà acquise, nous considérons comme le poids le plus léger, celui qui s'élève le plus rapidement ^ »
I. « Unserer Ansicht nach, vcrhalt sich also die Sache ganz einfach folgendermassen, Beim Vergleichen zweier Gewicbte, wird unter gewôhniichen Umstânden bei bciden Hebungen der-
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Plus tard, pour mettre cette théorie en accord avec le travail de Jacobi, on a plus insisté sur le retard que met le poids, avant de commencer à s'élever. Si les poids sont soulevés avec la même force, le plus lourd demandera plus de temps que le léger, afin de se mettre en mouvement.
Les preuves, en faveur de cette théorie, sont les suivantes :
L'expérience de Jacobi * est la plus directe, car il a enregistré les retards relatifs de deux poids soulevés et a enregistré en même temps les jugements ; il a trouvé que le poids qui tarde le plus avant de s'élever était réellement considéré comme le plus lourd. Cette évidence serait très forte, si elle était en quantité suITisante, mais ainsi que nous Tavons dit, une pareille question de corrélation ne peut être établie que sur un aperçu statistique, basé sur un grand nombre de cas.
La preuve originale apportée par Mlller et Schu- MANN eux-mêmes, à l'appui de leur théorie, était le fait de Y Einstellung ou de l'accommodement moteur ^ La pratique faite, en soulevant un objet léger suivi d'un lourd, a fait naître l'habitude d'exé-
selbe motorische Impuis ertheilt, ohne dass uns die Stârke der Impulse durch eine Innervationsempfîndung und dergleichen zum Bcwusstsein kommt. Und wir verglcichen nun ledigUch die Eflecte mit einander, d. h. im Allgemeinen die Geschwindigkeit der eintretenden Bewegungen, und zwar verfahren wir hierbci so, dass wir auf Grund der gemachten Erfahrungen, das scheller emporsteigende Gewicht fur das leichtere haUen. » MûLLER und ScHUMANN. Pflûger*8 Arckiv fi'ir die ges. PhysioL, 1889, XLIV, 56, 57.