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I. Voir plus haut, p. i

a. Voir plus haut, p. 133.

DIFFÉRENTES PERCEPTIONS DU MOUVEMENT l63

cuter le second mouvement plus fort que le premier, et en substituant un objet léger au lourd, il était inconsciemment soulevé avec plus de force que l'objet presque égal, auquel il devait être comparé ; il s'élevait plus vite et était considéré comme le plus léger des deux. Cette expérience semble montrer :

1° Que la force avec laquelle on soulevait n'était pas perçue ;

2® Que les poids n'étaient pas jugés d'après la force déployée pour les soulever, du moment qu'on considérait comme le plus léger l'objet soulevé avec le plus de force ; .

3® Que le poids était jugé d'après la vitesse (ou le retard qu'il mettait à s'élever).

Le résultat de ce cas spécial était considéré typique, dans la comparaison de deux poids.

Voyons maintenant les preuves contraires à cette théorie :

Certaines personnes, lorsqu'elles soulèvent un poids avec une vitesse inattendue, demeurent perplexes, au lieu de le juger comme très léger. Elles ne sentent pas spontanément que la différence de rapidité serait une différence de poids. On doit leur dire qu'une différence dans la vitesse doit indiquer une différence dans le poids ; après cette explication, elles sont préparées à juger en conformité avec cette théorie \

Ensuite, le poids considéré comme le plus léger, ne déploie pas toujours la plus grande vitesse^.

I. Steffens. Ueber die motorische Einslellung. Zeitschr. f. PsychoL, igoo, XXIII, 289.

j. Muî'l'ER et ScHUMANN. Voir plus haut, p. 124, et p. i33.

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Les deux résultats précédents montrent que la corrélation entre la vitesse et le poids apparent n'est pas parfaite. La perception des poids ne dépend pas complètement de la vitesse.

Encore une fois, l'exactitude avec laquelle le poids peut être perçu dépasse celle avec laquelle le temps peut être perçu ^ S'il en est ainsi, la perception du poids ne peut dépendre de celle du temps. MCller ' répond à cette objection que le mouvement employé à étudier la perception du temps n'était pas le même que celui employé à soulever un poids ; et que le temps de ,ce dernier pouvait être plus exactement perçu que celui du premier. La force de cette réplique est perdue, si nous nous rappelons que d'autres épreuves de la perception du temps ont uniformément prouvé un degré plus faible d'exactitude qu'il n'est habituellement dans la perception du poids.

Cette preuve négative ne doit cependant pas discréditer l'idée principale de la théorie Muller-Schu- MANN, mais seulement Thypo thèse subordonnée que le poids est jugé en rapport avec le temps.

L'essence de la théorie est néanmoins contredite par une autre observation de Fullerton et Cattell '. Si, ainsi qu'ils l'ont trouvé, l'exactitude de la comparaison n'est pas diminuée en soulevant volontairement les deux poids avec une force inégale, assuré-

I. Fullerton et Cattkll, Voir plus haut, p. ii4. a. Martin et Muller. Zur Analyse der Vnterschiedsempfindlichkeity 1899, p. 2^^- 3. Voir plus haut, p. i34-

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ment que la force du mouvement doit être perçue et * l'on en tient compte. Mûller* croit que ce fait même n'est pas contraire à la théorie^ mais certainement la théorie est à peine reconnaissàble après avoir été élargie pour couvrir un cas, dans lequel le poids n'est pas jugé en termes de vitesse ou de temps perdu, et où la force du mouvement fait pour soulever est aussi perçue et qu'on en tient compte eji formant le jugement.

La plausibilité de la théorie MOller-Schumann provient d'une analyse insuffisante de la réponse du poids à la force exercée sur lui. Nous percevons, non pas ce qui se passe dans le poids, non pas le mouvement du poids lui-même, mais ce qui se passe dans le bras et dans la main, comme résultat du mouvement du poids. Que se passe-t-il dans le bras et la main? D'abord la main tire sur le poids pendant un certain temps, avant qu'il soit mis en mouvement; cet état latent peut être perçu. Ensuite le poids et la main s'élèvent avec une certaine vitesse qui peut aussi être perçue. Ces effets et d'autres semblables sont les seuls que l'analyse de MiJLLER et Schumann prenne en considération. En outre, la résistance du poids produit une tension dans les muscles et les tendons et une rotation passive des jointures. Cette rotation peut réellement être vue, lorsque les poids sont soulevés délicatement entre le pouce et l'index. Plus le poids est lourd, plus l'index est tendu, et plus la sensation de là tension est intense.

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