I. Cela suppose réiiminalion de 1' « erreur constante
été précisée par Pierge et Jastrow*. — Ils ont été confirmés par Fullerton et Gattell'^, qui ont de plus montré l'ambiguïté du terme : « la moindre diflerence perceptible » . II communique des significations différentes aux différents sujets; pour les uns cela signifie une différence qui peut être perçue avec la plus grande certitude ; pour les autres, une différence qui peut à peine être sentie, et pas même toujours.
Un autre fait qui détruit la doctrine des seuils est leur inconstance même. Une fois, un sujet distingue à peine la différence entre 3o et 35 grammes, et une autre fois, il distingue clairement 3o grammes de 32. En d'autres mots, loin d'être une quantité fixe, conformément à la définition, le seuil est une quantité très variable.
Il n'y a donc pas de seuil de différence, au sens propre du mot. Une différence, très petite même dans les stimulations, cause une différence de sensations, et même de grandes différences, qui sont presque toujours perçues, peuvent tout d'un coup échapper à la perception d'une façon inexplicable.
Ces objections s'appliquent d'abord au seuil de différence ; mais elles se rapportent probablement avec la même force à la doctrine des sensations minimales. Si nous considérons un essai quelconque fait pour déterminer la stimulation minimale, — comme par exemple les déterminations de Gold- SGHEiDER sur Ics mouvcmeuts passifs les moindres per-
I . On Small DifiFercnccs in Sensation. National Academy of Sciences. Washington, i884, III.
a. On the Perception of Small Différences^ p. 36, [\i.
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ceptibles * — nous verrons que les valeurs obtenues dans des expériences successives, diffèrent beaucoup entre elles.
Le défaut fondamental de la doctrine du seuil est de négliger et de nier même la variabilité de la perception. Lorsque les valeurs déterminées diffèrent l'une de l'autre, leur moyenne a souvent été regardée comme le seuil même. Mais une moyenne n'a rien à voir là-dedans, le seuil ayant la prétention d'être une quantité définie, tandis qu'une moyenne est la représentante d'une variable. La doctrine du seuil a voulu considérer l'inexactitude comme constante ; en réalité l'incxaclitude de la perception — et tout aussi bien celle du mouvement — est surtout une expression de la variabilité de ces processus.