Seiches, Poulpes, Calmar, etc
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de translation ; l’animal tombe au fond dès qu’il cesse les contractions qui vident et remplissent alternativement cette bourse, parce que ce point d’appui intérieur disparaît avec le liquide. I.a réaction de celui-ci sur la paroi • qui le presse étant égale à la pression qu’il en reçoit, une double projection du liquide dans un sens et du solide en sens opposé en est la conséquence par suite des dispositions anatomiques existantes , et celle-ci en raison de celle-là.
Quant au cœur, il glisse contre les plans lisses et humides entre lesquels il est enfermé aussi facilement que les céphalopodes au sein de l’eau qui les entoure : et ses moyens de fixité sont assez lâches pour permettre un déplacement de plus de 1 à 2 centimètres, ce qui est plus que ne l’exige l’accomplissement du soulèvement thoracique observé.
En interprétant ce procédé de locomotion des céphalopodes, question de physiologie comparée trop négligée des physiologistes, la démonstration de M. Hiffelseim se trouve prouvée jusqu’à l’évidence. Après que l’on a assigné au recul des céphalopodes sa vraie place , il faut conclure que le recul du cœur ne peut plus ne pas être, selon l’heureuse expression de M. Chevreul, en face de l’appareil élastique.
En effet, nous avons dans l’un des cas comme dans l’autre, une poche musculaire expulsant par contraction le liquide qu’elle contient ; le céphalopode, poulpe, seiche ou calmar, marche où il veut, se lance à des distances plus ou moins notables; le liquide qu’ils chassent pénètre dans l’eau, puisque l’entonnoir y plonge. De même, le liquide sortant des cœurs simples en caoutchouc (fait presque à l’instar de la poche musculaire de ces animaux), de même encore le liquide sortant du cœur vrai, pénètre
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dans une masse liquide qui n’est illimitée que dans le cas des céphalopodes placés au sein de l’eau.
Le cœur, par contre, se déplace comme il peut. Quand il y a pour lui obstacle, l’effet de recul n’est point perdu.
Voici en quels termes M. Hiffelseim a replacé la question sur son vrai terrain dans le mémoire présenté à l’Institut le 18 avril 1864. (Sujet du rapport de M. Delaunay.)
« En étudiant les conditions anatomiques dans lesquelles le cœur fonctionne, les plus éminentsanatomistes et physiologistes de l’Allemagne, après de longues et patientes recherches, se trouvent dans le plus complet désaccord, par l’impossibilité de juger complètement sur le vivant et de retrouver les rapports invariables après la mort. Tel est le cas de Bamberger, Ludwig, llamernick, Skoda, Luschka, etc. 11 n’en saurait être ainsi de ma théorie fondamentale, laquelle, si elle est vraie, s’appliquera en principe à tous les cas où les conditions physiques du recul sont anatomiquement réalisées. Aussi ma première et piincipale réponse s’adresse-t-elle au travail d’un ancien élève de l’École polytechnique, qui a, le premier, attaqué dans sa base la doctrine du recul. Il nie absolument la justesse de ma démonstration, et mon théorème, et son application, et le recul des poches en caoutchouc, et celui démon appareil, dont il critique les dispositions au point de vue de son objet.
« Ceci est capital, car ma démonstration étant du do-' maine de la mécanique, science exacte, l’un de nous deux représente la vérité palpable. Mes études sur les mêmes appareils , que mon contradicteur dit avoir examinés, m’ont démontré ie recul. J’ai débuté par cette vérification, dans le laboratoire de notre éminent physiolo-
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giste, M. Cl. Bernard. Ce recul se produit également dans des poches musculaires dont j’avais établi l’analogie, comme l’enveloppe de beaucoup de céphalopodes, étudiés par M. Duméril, M. Charles Robin. De même encore se produit-il par la contraction de la cavité rectale des larves de libellules que M. Blanchard a si bien étudiées. Mais, dira-t-on, ces faits ne sont que des analogues, et si, dans ces cas de recul, même l'animal tout entier est transporté, dans le liquide qu’il habile, par la contraction d’une poche musculaire, ces conditions ne sont pas celles du cœur. Il' y aurait bien à répondre à ces exigences inusitées et déplacées en physiologie. J’aime toutefois mieux' demeurer sur le terrain positiT de la mécanique. Je dois d'abord faire remarquer que l’on s’est n/épris en assimilant un point essentiel de ma doctrine à l’opinion de Skoda. Ce grand médecin parle d’un mouvement de haut en bas, qui ne signifie pas recul, physiquement parlant; MM. Chauveau et Faivre également. Il y a là me petite erreur d’interprétation. Ces opinions, ces prétendus déplacements, n’ont rien de commun, probablement, avec ma doctrine.
« Je n’ai pas imaginé, inventé un mouvement. J’ai tout Simplement donné une explication du battement ducœur, variable de siège, d’étendue, d’intensité, et qui en luimême est déjà si diversement interprété. Je rappellerai que recul et déplacement sensible ne sont pas synonymes ; que la réaction qui produit le recul est indépendante de sa perception extérieure ; que si cette réaction peut entraîner virtuellement, il ne s’ensuit pas qu’elle entraîne effectivement ; elle peut laisser l’organe sur place, par le fait d’obstacles ambiants, et en conséquence il y aura ou non, selon le cas, ébranlement de la paroi thoracique, soulèvement, etc. I.es animaux rcculeurs seuls, jusqu’ici,
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offreut l'exemple manifeste et couplant du déplacement du centre de gravité, ou mouvement absolu , coïncidant avec le début du mom ornent relatif, changement de forme, de volume. Le mode de station, les agents de transmission, sont autant d’éléments à considérer quant à la perception, une fois la réaction produite. Ce sont autant de données « priori, découlant des principes physiques sur lesquels j’ai appuyé ma démonstration.
« Mais, diront les personnes qui m’ont vu expérimen- « tei sur mon appareil, ou qui s’en rapportent à mou « travail, vous aviez un recul effectif, donc c'est un pa- * reil recul que vous supposiez dans le cœur. » Possible en principe, oui ; mais effectué toujours, non. En découvrant toutes les particularités qui font varier ce recul, je n’ai entendu que rendre visible et tangible ce qui ne l'est pas en physiologie. Lorsqu’on sentira chez un mammifère, par exemple, un battement cardiaque, de quelque façon qu’il arrive au dehors* il sera, selon moi, toujours dû essentiellement à celle cause.
« Le déplacement est virtuel ou effectué, le choc est ou n’est pas ; fort ou faible, quand il est, voilà sa source. On m’a opposé une expérience de Valentin qui a consisté à couper la pointe du coeur, s-ms que par là on vil changer les mouvements de cet organe, .le n’examinerai pas celle expérience, si insignifiante et si peu en rappoit avec son but, et je rentrerai hâtivement dans le domaine des sciences exactes qui m’apprennent que la résultante des deux lignes de force ne s’applique ni géométriquement, ni anatomiquement à la pointe du cœur. Tant dVIéments peuvent faire varier cfi point d’application, qu’il est presque oiseux de le déterminer. D’ailleurs, mon dessin indiquait une région supérieure à lu pointe, et comme les effets se produisent en réalité sur toute une région, et non sur un
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point mathématique, je crois cette objection écartée. Je ne redoute rien tant que ies abus des sciences exactes, qui compromettent leur usage dans la science la plus relative et la plus complexe, la biologie. (Comptes rendus de l’ Académie des sciences. Paris, 1864, in-4°, t. LVI1I, 18 avril.)
Les zoologistes ont eu moins de peine à comprendre la portée de celte théorie ; aussi voyons-nous M. Milne- Edwards s’exprimer en ces termes :
« Depuis Harvey, de nombreux travaux ont été publiés sur les mouvements du cœur et leur cause ; mais nous citons de préférence les travaux de M. HitTelseim. »
(Rapport lu à l’Académie des sciences, 1862.)
Toutefois, avec divers physiologistes, il admet d’autres causes, mais sans apporter, plus que ses prédécesseurs, la démonstration expérimentale de celles-ci. M. HitTelseim a suffisamment réfuté les autres opinions, ne reposant que sur des vues de l’esprit ou sur des aperçus insuffisants et défectueux, au point de vue de la physique et de lu mécanique.
M. Bouillaud, professeur de clinique à la Faculté de Paris, s’est exprimé ainsi le 14 juin :
« 11 est pourtant une objection à uotre théorie qu’il importe de ne pas négliger, pour donner à M. Beau tous les genres de satisfaction qu’il a droit d’exiger de nous. Celte objection consiste en ce que le choc de la pointe du cœur, attribué à la systole ventriculaire, semblerait supposer que le ventricule se dilate au moment où il s’opère, tandis que, au contraire, il est en état de contraction.
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« Celle objection n’est et ne peut être au plus que spécieuse, puisque le phénomène qui en est le sujet est et demeure irrévocablement démontré. Le choc de la pointe du cœur contre la poitrine ne suppose pas nécessairement la dilatation des ventricules, il peut avoir lieu, et il a effectivement lieu, par un véritable déplacement de haut en bas de la masse tout entière du cœur. Reste maintenant à donner l’explication de ce mouvement de déplacement ; M. Beau n’ignore pas tout ce qui a été enseigné A cet égard. Mous nous contenterons de rapporter ici l'ingénieuse théorie qui a été, depuis quelques années déjà, proposée par M. le docteur Hiffelseim. D’après cette théorie, le cœur but, parce qu'il recule, ou, si l’on veut, parce qu’il repousse, à peu près à l’instar d’un fusil ou d’une autre arme du même genre, qui repousse au moment de l’explosion. A l’appui de sa brillante théorie, M. HifTelseim a fait des expériences très-curieuses. Il a bien voulu en faire une dans l’amphithéâtre de notre clinique, en présence d’un nombreux auditoire, et son résultat nous parut à tous très-satisfaisant en faveur de sa théorie.
« Tout récemment ()) mai 1864), dans un rapport sur cette théorie, lu à l’Académie des sciences, M. Delaunay, dont M. Beau ne récusera pas la haute compétence en celte matière, déclare qu’il es£ complètement de l’avis de if, Hiffelseim. »
(Séance de V Académie de médecine, H juin 1864.)
Ce qui caractérise ces belles et importantes recherches, c’est qu’elles ont permis la systématisation de l'ensemble de la fonction circulatoire, et particulièrement des mouvements extra et intra-cardiaques sur lesquels celte étude synthétique jette la plus vive lumière, selon l’expression
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de l'éminent professeur de la Faculté de Paris, M. Charles
Robin.
Un semblable travail suppose à la fois une connaissance fondamentale des sciences exactes et des sciences naturelles.
Les travaux sur l’électricité de M. Hilîelseim, joints à ses travaux sur la circulation, témoignent également de cette rare et heureuse alliance.