‹ Le mouvement scientifique pendant l'annee 1864Chapitre 13 sur 63 · RECUL · texte numérisé non relu

RECUL

1 diamètre.

de la poche.

de l’aorte.

de la poche.

mill.

Bill.

Bill.

Cr.

Ainsi la pression de la poche a une influence bien prédominante. Des expériences bien plus nombreuses sur ce point nous portent à croire que le recul est sensiblement le même que dans une poche libre. Mais le manque de mouvement de la colonne cause une assez forte perle de force.

134 CIRCULATION DU SANG. '

Nous avons dit dans noire théorème que le recul a lieu avant toutes choses. Et c’est ainsi que cela se passe certainement dans l’appareil bien conditionné; ici, l’on doit peui-être considérer la colonne permanente comme une soupape qui tend à boucher l’orifice de sortie, ce qui, en gênant l’expulsion, doit diminuer le recul.

Mais les chiffres constammentobtenusne nous permettent pas d’attribuer une part notablement retardatrice à la colonne aortique.

Ce qui est gêné, c’est l’excursion de la poche ou de la lame dynamométrique par la disposition de l’arbre vasculaire. Nous disons l’excursion, parce que nous avons constaté les faits suivants : le recul en poids est celui de nos autres expériences, très-sensiblement, c’est-à-dire que pour faire parcourir à la lame une amplitude bien moindre, il faut autant de poids que dans les expériences à poche libre, toutes choses égales d’ailleurs.

Ce qui diminue l’amplitude, ce sont les résistances. Et la preuve, c’est que la poche chargée, pour s’abaisser de quelques degrés, exige des quantités de liquide (c’està-dire des poids ) bien plus considérables que la poche pleine. C’est alors l’intensité du c hoc qu’il faut prendre en considération et non plus l'étendue de l’excursion.

Le phénomène de la projection de l’artère se trouve diminué ici. Mais comme il a lieu au moment où la lame va revenir de son excursion, il est presque imperceptible. Tous les actes dans ce nouvel appareil ont déjà un caractère de complication très-élevé’. Mais en suivant notre marche, voici ce qui arrive : l’expérience nous démontre que tel acte simple se rattache à telle cause ou que telle disposition produit tel effet. Quand alors on est en présence d’un appareil, qui est la somme de tous ces actes, quelle que soit leur multiplication, la logique veut que l’on

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ne perde pas de vue les facteurs. Le produit dans un phénomène compliqué n’est pas mathématiquement l’expression de la multiplication des facteurs. Il l’est en réalité, mais il y a des pertes inappréciables pour le physicien comme pour le biologiste. Que l’on veuille donc bien, en face de notre apparbil complet, se souvenir qu’il est destiné à un perfectionnement indéfini, qu’il représente une synthèse, et que malgré cela il donne manifestement les résultats que l’analyse a fournis, savoir : un recul proportionnel à la pression du liquide, à l’étendue de l’orifice et à la quantité de liquide.

Ces points fondamentaux de doctrine et d’expérimentation ont été contestés par un grand nombre de personnes sur le terrain même des mathématiques et de la physique. Voici en quels termes l’éminent mécanicien, M. Delaunav, a confirmé la parfaite exactitude de cette démonstration. (Comptes rendus des sëancesdel' Académie des sciences, t.LVIlI, séance du 9 mai 1864. B apport sur une note de M. Hiffelseim relative à la Théorie des battements du coeur, par MM. Coste, Cl. Bernard, Delaunav, rapporteur.)

« L’Académie a renvoyé à notre examen une note de M. Hiffelseim, dans laquelle l’auteur revient et insiste sur une proposition qu’il avait déjà formulée dans un précédent mémoire présenté le 27 novembre 1854. Cette proposition consiste en ce que les battements du cœur sont dus à un recul de cet organe, occasionné par l’expulsion périodique du sang dans les artères. M. Hiffelseim y avait été conduit par des considérations théoriques, et il avait cherché à confirmer l’exactitude de ses idées par l'expérience, à l’aide d’un appareil où il avait reproduit autant que possible les conditions dans lesquelles le phénomène se développe, naturellement.

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« Ce travail a été l’objet de nombreuses critiques, et, à l’aide de raisonnements spécieux, on a tenté de prouver que l’effet du recul auquel l’auteur attribue les battements du cœur n'a pas d’existence réelle. M. Hiffelseim, que ces critiques n’ont pas convaincu, persiste à penser qu’il est dans le vrai en disant que, à chaque pulsation, le cœur éprouve un mouvement de recul. Nous sommes complètement de son avis. Les principes de la mécanique rationnelle ne permettent pas le moindre doute à cet égard. Toutes les fois qu’un système matériel est en repos, et que, par suite du développement de forces intérieures, une partie du système se met en mouvement dans un sens, il se produit nécessairement dans d’autres parties du système un mouvement en sens contraire, de telle manière , que si l’on projette les mouvements de toutes les parties du système matériel sur un axe quelconque, la somme algébrique des quantités de mouvements projetées est égale à zéro. Au moment où les ventricules du cœur, remplis de sang, se contractent de manière à lancer ce sang dans les artères, le double jet liquide qui se produit ainsi, par deux orifices situés d’un même côté du cœur, détermine nécessairement un mouvement de la masse du cœur lui-même dans le sens opposé, c’est-à-dire un véritable mouvement de recul de son centre de gravité. Si, après chaque pulsation, le cœur conserve à l’intérieur du corps exactement la même position qu’avant, c’est que le déplacement dû à ce recul est bientôt détruit en totalité par la réaction des organes élastiques voisins, auxquels le cœur est attaché ou simplement juxtaposé.

« Quant à la part que ce mouvement de recul du cœur a nécessairement dans la production de ses battements, nous ne l’apprécions pas. Nous devons nous tenir à cet

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égard dans une grande réserve, en raison de la complexité du phénomène dont il s’agit. »

Nous avons à parler à présent d’un autre ordre de preuves directes, choisies dans la physiologie expérimentale et dans la physiologie comparée, qui permettent des conclusions plus étendues.

Quand on arrache un cœur de la poitrine, on voit cet organe continuer à se dilater et à se contracter. Quand, à l’exemple de M. HifTelseim, on lie les vaisseaux efférents du cœur, on voit le cœur, à l’état de réplétion, continuer des alternatives de mouvements diastoliques etsvstoliques.|Cefait, MM. HifTelseim et Hobert l’ont retrouvé récemment, quand ils ont lié les vaisseaux sur des animaux et excisé le cœur, afin de lui conserver le plus possible les capacités telles qu’elles interviennent dans la circulation de ces animaux. Mais ce qu'il n’est plus possible de voir, c’est un mouvement de totalité. Ce fait a été mis hors de doute par une série d’expériences présentées à l’Académie des sciences par M. Hifl'elseim *. Ce travail, intitulé : Influence de la ligature des gros vaisseaux du cœur, a résolu par voie directe le problème de l’influence du recul sur le battement du cœur. Il est essentiel de se rendre compte du véritable but de celte expérience pour la comprendre. En effet, il n’v a qu’une seule circonstance à constater, c’est l’absence d’une impulsion précordiale. Il est des personnes qui avaient imaginé que l’on pourrait voir avec les yeux une semblable absence. D'autres, sentant un mouvement derrière les parois thoraciques, ont confondu les mouvements relatifs du cœur qui

I . Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 1856, t. XLIII, p. 745.

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devaient persister, avec le mouvement absolu qui était absent. On ne voit pas un choc. A moins de faire intervenir un levier, transmettant le mouvement communiqué, on ne peut qu’entendre le choc s’il est transmis à un corps sonore, ou le sentir à la main s’il arrive à sa portée. Chez un sujet atteint d’hypertrophie du cœur, on peut voir jusqu’à un certain point la paroi pectorale repoussée. Mais même le sujet affecté, non moins que le sujet sain, peuvent anéantir tout phénomène visible, en changeant le mode de -station. C’est pourquoi M. Hiffelseim procédait de la manière suivante.

« Après avoir constaté ce choc chez un animal (lapins, chiens) dans sa station normale, je le renverse et j’introduis dans la trachée une sonde pour la respiration artificielle, puis j’ouvre le côté droit, en perdant le moins de sang possible. A cet effet, on conserve intactes les parois près de l’aisselle, du sternum, et près de la colonne vertébrale. Après m’être assuré, la poitrine étant ainsi ouverte ou en partie, que le cœur ne bat plus sensiblement, l'animal étant sur son dos, et.au contraire, très-normalement, quand il est sur ses pattes, je lie successivement les veines caves avec des serres fines à large mors; le choc du cœur, diminué par l’une des veines, js’éteint lorsque toutes deux sont liées. Pour les yeux, l’étendue seule est modifiée dans les changements de forme du cœur, c’est-à-dire ses mouvements relatifs. Il faut redresser l’animal sur ses pattes pour constater soit la présence, soit l’absence du choc précordial dans ses conditions anatomiques à peu près normales. Si alors j’enlève encore successivement les serres fines, je sens le choc et l’ébranlement thoracique renaître, puis reparaître complètement. — L’animal peut vivre une heure. — 11 est une contre-épreuve qui peut naître de l’expérience même : quand la ligature est

mal faite, on sent une légère impulsion précordiale. Il faut encore observer les règles suivantes, si l’on veut ne

pas se méprendre sur ce qui se passe, et si l’on veut ne pas s’exposer à chercher les phénomènes qui ne peuvent ni ne doivent se passer dans ces conditions. Ainsi, il faut : t° s’assurer (par le toucher) de la persistance du rhvthme normal dans les mouvements du cœur ; 2® ne pas perdre de vue que le choc thoracique, ne pouvant être apprécié convenablement que sur un thorax, il ne faut pas que l’on ait détruit celui-ci dans la région où la pulsation cardiaque se manifeste. L’ouverture de la poitrine, en déplaçant les viscères et par conséquent le point où se manifeste l’impulsion, rend ce précepte plus rigoureux encore. On peut chercher longtemps et vainement un choc, quand le cœur se trouve éloigné de la paroi ou que celle-ci n’existe plus dans les points où elle est indispensable. »

Ces données élémentaires, il faut les rappeler pour expliquer comment l’expérience délicate, instituée en vue d’un but très-spécial, peut donner lieu aux plus étranges erreurs d’interprétation. Comment, par exemple, alors qu’il est établi que les mouvements relatifs doivent per-^ sister, et que le mouvement absolu doit seul disparaître, on arrive à confondre ce qui persiste avec ce qui est absent.

Les conditions de manifestation du mouvement de totalité, du mouvement absolu, avec le déplacement du centre de gravité avaient été nettement établies pour les corps à parois élastiques.

Les parois du cœur sont élastiques en raison de dispositions anatomiques dont il a été parlé ailleurs, et des dispositions anatomiques propres viennent ajouter ici la contractilité à l'élasticité, il découle de là

HO

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que ce qui est vrai pour les corps élastiques ne peut pas cesser de l'étre, parce qu’un tissu contractile s’ajoute à celui qui donne la résistance et l’élasticité sans déthiirc celles-ci.

D’autre part, le recul, réaction hémodynamique, antérieurement bien établi dans l’hydrodynamique, s’exerçant indistinctement dans tous les sens, dans toutes les directions, ne s’appelle recul qu’eu égard à la condition la plus générale du recul dans les armes à feu ; il a donné lieu à quantité de méprises, parce que cette notion fondamen- taie, qui constitue comme son essence, n’a pas été comprise.

Nous allons exposer la question sous une autre face.

M. Hiffelseim', dans son 2 e mémoire 1 , a invoqué l’exemple si important et si décisif du recul des céphalopodes pour le mode de progression de ces animaux. MM. Robinet Segond * ont montré que l’énergie de la locomotion est en rapport, sur chaque espèce de ces animaux, avec le degré de développement de la sensibilité générale de la peau. Quant au mécanisme de la locomotion, qui avait déjà occupé l’esprit de grands naturalistes, de Blainville, de Cuvier, etc., il avait été à peine entrevu. Le mouvement général résulte delà projection d’une certaine quantité d’eau dont l’animal remplit préalablement sa bourse, et qu’il chasse par une contraction vigoureuse de celle-ci, à travers l’étroit orifice de son entonnoir. L’eau, comprimée de toutes parts, fait en quelque sorte explosion par l’en-

1 , Compte» rendus de l’ Académie des sciences.

Septembre 1SS5.

2. Ch. Robin, professeur d’anatomie générale à la Faculté de médecine de Paris, et Segond, professeur agrégé.

( Mémoire sur ta locomotion des céphalopodes. 1849.)

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tonnoir, tandis que, par suite de sa pression sur tous les autres points, elle détermine une translation du mollusque dans une direction opposée à celle de son issue par projection. Quand le sommet de l’entonnoir ouvert en avant correspond à l’axe de l’animal, la locomotion a lieu à reculons ; c’est le cas ordinaire. Elle a lieu en avant lorsque le céphalopode 1 rapproche ses bras en une masse conique et recourbe l’entonnoir, de manière à diriger son orifice en arrière. Elle a lieu de plus en haut ou en bas, à droite ou à gauche, quand il dirige l’orifice en sens opposé à celui où il veut aller; car en résumé cette locomotion a lieu d’après le mécanisme du recul du fusil qui repousse. La bourse ou poche contractile n’est pas sans analogie de forme et de dimensions avec les ventricules. Une cloison médiane la divise en deux cavités qui aboutissent à un seul conduit de projection ou entonnoir. Ici les cou- ' ches musculaires de la bourse sont soumises à l’influence de la volonté, et à volonté aussi l’animal se meut par grandes projections interrompues ou répétées de loin en loin, ou par une succession de projections très-rapprochées l’une de l’autre, déterminant une progression continue, en ligne droite ou courbe, selon la direction donnée à l’entonnoir et par suite au courant d’eau chassée. Dans cette locomotion, le point d’appui n’est pas extérieur au corps de l’animal comme dans le cas de la natation des poissons et des cétacés ; ni comme chez les crustacés décapodes macroures, dont la locomotion est une projection par détente de l’abdomen recourbé appuyant contre l’eau extérieure. Chez les céphalopodes, le point d’appui est pris sur l’eau introduite à l’intérieur de la poche locomotrice et repris autant de fois qu’il exécute un mouvement

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