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FORMATION DE L’ÉCORCE SOLIDE DU GLOBE

Si, dans une même carrière, on examine les diverses couches stratifiées, on s’aperçoit bientôt que l’on peut les diviser en trois groupes : 1° le groupe inférieur, dans lequel on rencontre des vestiges de plantes et d’animaux marins ; 2» le groupe moyen, qui ne contient que des coquilles d’eau douce; et enfin le groupe supérieur, uniquement composé de vestiges maritimes. L’eau de la mer a donc passé à deux reprises différentes et à de longs intervalles sur le sol ainsi disposé. Et c’est dans l’intervalle de ces deux inondations maritimes qu’un fleuve ou un lac s’est établi dans le môme lieu.

Les espèces perdues que l’on rencontre dans une couche n’étant pas les mêmes que celles que l’on trouve dans les autres, il est facile de donner ainsi le signalement de chaque couche d’après les débris végétaux et animaux qu’elle renferme. Du reste, il n’est pas besoin de sortir de France pour trouver des échantillons de toutes les couches stratifiées. Partout, comme nous l’avons déjà dit, elles conservent leurs formes et se reproduisent dans le même ordre. Après avoir étudié par les sondages les différents étages qui se trouvent dans les plateaux des environs de Paris, on pourrait facilement prolonger cette étude en pénétrant dans les affleurements circulaires qui entourent le pied des collines : on verrait toujours la même disposition. C’est sur ce principe et sur l’imperméabilité de quelques-unes de ces couches qu’on s’est fondé pour creuser les puits artésiens.

Supposons, en effet, que, par suite de l’infiltration, une nappe d’eau assez étendue se soit accumulée entre deux couches d’argile ou de calcaire imperméable. Elle s’étendra horizontalement tant qu’elle trouvera le champ libre; mais si elle est arrêtée dans son expansion par de nouvelles couches imperméables, il arrivera un moment où, par

*230 FORMATION DE L’ÉCORCF. SOLIDE DU GLOBE, suite de l’écoulement continuel qui a lieu par l’orifice de * pénétration de l’eau, sa nappe se trouvera facilement comprimée et fera effort pour sortir de son lit souterrain. Si elle trouve un terrain friable, elle y creusera peu à peu des crevasses, jusqu’à ce qu’elle puisse émerger à l’extérieur et se mettre de niveau avec le point où elle a pris sa source. C’est ainsi que se forment les sources jaillissantes. Si, au contraire, les parois offrent trop de résistance pour se laisse*’ crevasser, il arrivera de deux choses l’une : ou l’eau refluera vers son lieu d’origine; ou, si l’on pratique un sondage convenable, elle se précipitera dans la brèche creusée par la sonde. On aura alors un véritable puits artésien.

Avec ces données générales, nous pouvons déjà pénétrer assez loin dans l’histoire de la formation du globe. En effet, puisque chaque série de roches (chaque terrain) est caractérisée par une faune ou révolution organique spéciale; puisque, d’autre part, on trouve dans certains terrains du nord de l’Europe des fossiles dont les analogues vivent aujourd’hui sous les tropiques [les trilobites, par exemple, genre de crustacés dont il existe plus de deux mille espèces fossiles dans le terrain silurien de la Vendée (schistes ardoisiers d’Angers), en Angleterre, en Afrique et dans l’Amérique du Sud; les encrines et d’autres espèces de polypiers, un grand nombre de mollusques], il faut en conclure qu’à chaque période correspondante, les mers ont dû se déplacer entraînant devant elles une partie des animaux et des plantes qui vivaient dans leurs profondeurs; recouvrir les continents voisins avec leurs habitants, tandis que leurs anciens lits se trouvaient jonchés de cadavres, de plantes et d’animaux de toute espèce. A côté de ces débris organiques, «ur les continents émergés, une nouvelle création apparaissait bientôt pour être engloutie à son tour par un

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