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ÉTOILES FILANTES

à peu près définies, on s’est demandé si leur proximité de la terre n’élait pas un indice qui pût favoriser l’hypothèse d’un anneau d’astéroïdes, contournant notre planète et capable de lui donner, vu à une certaine distance, l’aspect d’un astre ressemblant à Saturne?

La science n’est pas encore en mesure de formuler une solution aux théories cosmogoniques ; mais les travaux se multiplient, les observations se continuent avec persévérance, sur une échelle qui s’agrandit tous les jours.

Jusqu’ici, on s’est accordé à considérer les étoiles filantes çt les aérolithes comme étant doués de mouvements très- accélérés; les hautes régions où ils entrent en incandescence renferment un air très-ra réfié, et si la combustion de ces corps peut s’y produire, c’est à cause de la rapidité énorme de leur marche. En froissant l’air avec la grande vitesse qui les anime, le frottement devient considérable et développe une température suffisante pour occasionner leur ignilion. Celle-ci est-elle incapable de les consumer entièrement, après leur entrée * dans la sphère d’attraction terrestre, alors ils tombent sur le sol et prennent le nom d’aérolithes ou de pierres météoriques. On possède un assez grand nombre de ces masses cosmiques, et à chaque instant on en annonce de nouvellement observées et recueillies.

La météorite présentée à l’Académie le 4 janvier, par M. Daubrée, de la part de M. Saemann, est tombée, le 7 décembre 1 803, à Tourinnes-la-Grosse, à trois lieues au sud de Louvain, en Belgiqu». La deuxième pierre provenant de ce météore, et la plus petite, a été trouvée deux jours après dans un bois de sapins à deux kilomètres du village.

Les fragments de la première pierre étant restés exposés à l’humidité, sont tachés par la rouille. Sa texture est fine, serrée et d’un blanc gristUre; sa densité est trois fois et demie

AEROLITHES.

celle de l’eau. Elle renferme des parcelles métalliques d’un blanc d’argent, obéissant à l’attraction de l’aimant. D’autres, plus nombreuses et non attirables sont solubles dans l’acide chlorhydrique en dégageant l’hydrogène sulfuré : ce qui indique la présence du fer métallique et à l’état de sulfure.

Mais, ce que l’auteur a surtout fait remarquer, c’est que l’observation de cette chute se distingue essentiellement des autres: il croit, contrairement à la théorie admise, laquelle à première vue paraît probable, qu’il est facile de démontrer par des faits que les aérolithes de Tourinnes sont arrivés, en réalité, avec une vitesse très-modérée, ne paraissant pas atteindre celle d’un boulet de canon.

L’observation, plusieurs fois répétée, d’une perception nette de la forme du projectile, au moment de son arrivée comme on l’a vu à Tourinnes, offrant l’aspect d’un cylindre allongé ; le bruit de la détonation, qui a donné le temps à plusieurs personnes de sortir de chez elles pour voir tomber la pierre et pour constater sa température de 50 degrés centigrades ; l’observation de l’aérolilhe des Ormes, qui a sauté de branche eu branche avant de tomber sous l’arbre qu’il a traversé ; la chute de Tourinnes frappant avec un poids de 6 à 7 kil. un jeune sapin de 8 centimètres de diamètre, sans que son tronc fût coupé par la force du choc, la pierre s’étant ensuite enfoncée à demi dans le terrain sablonneux, à moins d’un mètre de distance de l’arbre ; tous ces faits et d’autres semblables démontrent suffisamment que ces aérolithes sont arrivés à terre avec une vitesse analogue à celle qu’auraient simplement des corps tombant d’une très-grande hauteur. Les directions de leur parcours pourraient d’ailleurs s’expliquer avec un mouvement parabolique, terminé par une explosion telle qu’une bombe éclatant dans sa course.

270 AÉROLITELES.

Cette communication a été complétée dans la séance académique du 18 janvier. M. Qauhrée a présenté l’analyse faite par M. Pisani, de l’aérolilhe de Tourinnes-la- G rosse :

« Ce nouvel aérolithe ressemble par sa couleur à la plupart des autres : on voit disséminés dans sa masse des grains de fer météorique et de pyrite (non magnétique). 11 est attaqué en partie par l’acide chlorhydrique en donnant une odeur d’hydrogène sulfuré. La masse évaporée se prend en gelée. Le barreau aimanté en sépare seulement le fer, tandis que la pyrite reste avec les silicates. Sa densité en gros fragments est de 3,525. Son analyse totale donne:

Fer

Nickel

Étain

SouTre

Fer chromé ......

Silice

Alumine

Oxyde ferreux . . . .

Oxyde manganeux.

Magnésie

(diaux

Soude avec potasse

11,05 1,30 0,17 2,21 0,71 37,4 7 3,65 13,89 traces.

« Les rapports d’oxygène de la partie attaquable sont comme toujours ceux du péridot. Pour la partie non attaquable, on a presque les rapports 2 : t de l'augite ; niais il est probable qu’il y a en même temps un feldspath à cause de la présence des alcalis et de l’alumine... »

L’intéressante question des aérolithes a eucore été reprise par M. Daubrée, dans la séance du t" février.

AER0LITHE8.

Sa note a pour titre : Sur deux aérolithes, l’un tombé à Touillé {Vienne), le 13 mai 1831, et offert au Muséum d’histoire naturelle par la ville de Poitiers; l’autre tombé à Mascombes, département de la Corrèze, le 31 janvier 1836, et dont la chute était restée sans publicité.

Les principales circonstances de la chute de l’aérolithe de Vouillé sont consignées dans le Rulletin de la Société d’agriculture, Beiles-Lettres et Sciences de Poitiers,

« Dans la nuit du 13 au 14 niai 1831, un globe lumineux fut aperçu tout à coup de la ville de Poitiers dans la région de l’est de l’atmosphère ; il marchait du sud au nord. Son éclat ressemblait à la lueur d’un vaste incendie. Trois détonations violentes, aussi fortes que l’explosion d’une pièce d’artillerie, furent entendues à des distances considérables, et notamment à Rochefort, qui est éloigné de Vouillé de plus de OU kilomètres. La dernière détonation fut suivie d’un bruit sourd et lointain, mais très-puissant et ressemblant au roulement d’une lourde voiture emportée rapidement sur un pavé inégal. Ce bruit se prolongea fort longtemps. L’auteur du récit, qui l’écouta avec la plus grande attention, observe qu’il n’offrait pas les nuances de décroissement et de renforcement, effets ordinaires des échos du tonnerre, mais qu’il était uniforme et rappelait celui du froissement produit par un corps solide se mouvant dans l’air avec une grande rapidité. Le lendemain, 14 mai, un cultivateur du village de Vouillé, qui est situé à environ 20 kilomètres sud-ouest de Poitiers, se rendant dans sa vigne, y trouva un corps étranger qu'il était certain de n'v avoir jamais vu, quoiqu’il y eût travaillé la veille. Surpris de cette rencontre, il appela ses voisins les plus proches. Tous ensemble remarquèrent dans le sol une excavation récente, d’un diamètre

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d’environ C6 centimètres et d'une profondeur de 40 centimètres. La terre avait été jetée hors du trou dans la direction du nord-est. La cosse, ainsi qu’on nomme dans le pays la pierre qui forme le sous-sol, avait été brisée et triturée à 25 centimètres de profondeur ; ses débris avaient aussi été rejetés sur les parois de l’excavation, et dans la même direction que la terre. Le projectile, cause évidente de ces effets, était sorti lui-même du trou qu’il avait produit et gisait à quelque distance... L’aérolithe de Vouillé ne présente pas les formes polyédriques et les arêtes prononcées qu’on remarque fréquemment dans d’autres masses de même origine, et, en particulier, dans la pierre tombée le 7 décembre dernier en Belgique, à Tourinnesla-Grosse. Ses contours sont arrondis. Sa surface présente plusieurs cavités hémisphériques, qui paraissent dues à ce que des grains sphéroïdaux qui en faisaient partie en ont été arrachés au moment de 1a rupture. Son poids actuel est de I5 k 700; mais on en a autrefois détaché des fragments dont le poids total peut être évalué, au plus, au quart de ce qu’il en reste. Comme d’ordinaire, la masse est complètement enveloppée d’un vernis noir très-mince, qui indique une fusion superficielle et presque instantanée. Par ses caractères minéralogiques, l’aérolilhc de Vouillé rentre dans le type le plus commun parmi les pierres météoriques...

« Aérolitlie île M (incombes {Corrèze). —11 est arrivé fréquemment, môme dans ces derniers temps, que des pierres tombées de l’atmosphère, en présence de témoins dignes de foi, ont été prises pour des aérolilhes, quoique leur nature doive faire rejeter complètement cette assimilation. C’est ainsi que nos principaux journaux ont reproduit l’annonce de la chute d’un aérolitlie qui aurait eu

AKROLITHES.

lieu, le 29 août 1863, A deux heures après midi, au village de La Rivière, dëparlement de l’Isère. Une pierre tomba, en effet, verticalement sur le pavé et avec une grande violence, sans qu’il paraisse possible d’admettre qu’elle ait été lancée de main d’homme ; son poids était d’environ 660 granjmes. Or, celle pierre, mise sous les yeux de l’Académie, n'est qu’un simple fragment de grès quartzeux ; sa chute aura pu être causée par l’intervention d’une trombe, car le ciel était alors dans un état tout à fait orageux. Il semble également bien difficile de considérer comme un véritable aérolithe un corps tombé le 14 février 1861, à six heures et demie du soir, sur une place publique de Toscane-Saint-Apre (Dordogne), et envoyé comme tel par M. le docteur Moreaud, maire de la commune et membre du Conseil général de la Dordogne. Ce corps, d’un très-faible volume, était encore sensiblement chaud une demi-heure après sa chute, quand on le ramassa. 11 n’a aucune analogie avec les roches de la localité, et n’a pas d’autres caractères que ceux d’un combustible minéral très-impur, qui aurait subi une sorte de fusion à la surface. Par opposition avec ce qui vient d’être dit, il est également vrai que des chutes de véritables aérolithes, parfaitement constatées, sont restées complètement inconnues en dehors de la localité qui en a été le témoin. Ainsi, il faudra désormais ajouter au catalogue des chutes d’aérolilhes bien avérées celle qui arriva le 31 janvier 1836 à Mascombes, près Corrèze, département de la Corrèze. Elle eut lieu à 1 heure après-midi, dans les landes de cette localité, sous les yeux de deux personnes qui étaient à chasser, et i 20 mètres devant elles. La chute de la pierre fut précédée de deux détonations semblables à celles d’un tonnerre lointain, puis d’un violent sifflement qui leur' parut venir du nord. Le temps était très-

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couvert et pluvieux; c’est ce qui explique, sans doute, pou i quoi ils n aperçurent aucun dégageaient de lumière... »

Dans la séance du 7 mare de l’Académie des Sciences, M. Babinet a lu un rapport sur les travaux de MM. Coulvier-Gravier et Chapelas, relativement aux étoiles filantes etaulres phénomènes du infime genre. Voici ce que nous en extrayons : Les points des maxinyim et des minimum ont été notés exactement, ainsi que leur fréquence et leur variation horaire. Le nombre de ces météores va croissant du soir au matin. M. Coulvier-Gravier insiste sur la nécessité d’une autre station d’observations qui, combinant ses travaux avec celle qu’il occupe, fournirait, pour la distance et la hauteur de ces météores, de précieuses données. De plus, il pense que la direction des étoiles filantes, et surtout les perturbations qu’elles éprouvent souvent à la fin de leur trajet, peuvent fournir quelques jours à l’avance des pronostics utiles sur les modifications atmosphériques qui suivront ces perturbations de la marche des étoiles. 11 a comparé ces perturbations avec la marche du baromètre et des vents, et il en a conclu qu’il y avait une connexion entre ces deux ordres de faits, avec cette circonstance que les perturbations dans la marche des météores précédaient d’un petit nombre de jours les modifications de l’atmosphère et pouvaient les faire .prévoir. Sur ce point, la commistion ne s’est pas trouvée assez éclairée pour se prononcer comme elle l’a fait sur ce qui a rapport aux observations non conjecturales sur les météores. L approbation de l’Académie est donnée aux observations de MM. Coulvier-Gravier et Chapelas.

M. Domeyko, ancien élève de l’École des raines, a fait un mémoire sur de grandes masses d’aérolithes trouvées

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