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Le mouvement a continué. En juin, à Marseille, se tint un congrès d'instituteurs, congrès séparatiste tenu par des dissidents de la Fédération des amicales, que divisait une question de traitements (1). Les congressistes, après différentes discussions sur le règlement de la fonction, les appointements, etc., ont déclaré être prêts à employer l’action directe pour faire aboutir leurs revendications et à aller jusqu’à la grève au besoin. Interrogé par un journaliste sur l'esprit et les méthodes de combat des instituteurs réunis à Marseille, M. Foulon, secrétaire général de la Fédération nationale, s’exprimait en ces termes : « Les organisations ouvrières qui, jadis, nous demandaient de ne point prendre part au mouvement de grève générale si elles la décrétaient, marchent maintenant avec nous, parce que les traitements prévus par le projet Lafferre leur paraissent insuffisants, et aussi parce qu'aucune amélioration n’est apportée à l’école populaire.
» … Nos méthodes de combat ? Permettez-moi de ne pas les dévoiler encore. Il en est une qui a donné déjà des résultats appréciables, c’est l’action directe, et s’il nous fallait recourir à la grève, nous sommes certains d’avoir, en temps voulu, l’appui de la classe ouvrière organisée. »
Et un délégué commentait cette réponse de façon fort significative en ajoutant : &« On n’accorde rien à ceux qui tendent la main; on ouvre largement la caisse à ceux qui montrent le poing. »
Le lendemain (2), les méthodes de combat en
(1) Temps du 10 juin 1919.
(2) Temps du 11 juin 1919.
pire
question furent votées par le Congrès : refus des institutrices d’être nommées dans les écoles de garçons ; démission des conseillers départementaux ; entente avec les autres organisations de fonctionnaires, les syndicats ouvriers et la C. G. T.; grèves des œuvres post-scolaires, des candidats à l'école normale et des examens ; promesse de grève de vingt-quatre heures.
Il n’y avait là, évidemment, qu'un congrès de dissidents, mais ses membres n'étaient pas'les seuls à prendre cette allure. Quelques jours plus tard (1), l'Association amicale des anciens élèves de l'école normale de la Seine votait l’ordre du jour suivant : « 1° Mandat est donné aux délégués des normaliens de voter, au congrès prochain, la transformation en bloc des Amicales en syndicats et la fusion de la Fédération des amicales avec la Fédération des syndicats d’instituteurs, dès maintenant adhérente à la C. G. T.; 2° les membres de l’Amicale normalienne sont invités, en attendant, à adhérer individuellement au Syndicat des instituteurs de la Seine; 3° l’assemblée adresse sa sympathie aux syndicats des corporations actuellement en grève et vote une subvention aux soupes communistes. »
L’adhésion officielle de la Fédération des amicales à la C. G. T. ne se produisit que quelques mois plus tard. Mais dès cette époque, la campagne en faveur de la transformation de tous les groupements en syndicats et de l'adhésion de tous ces syndicats à la C. G. T. prenait une extension très nelte dans
(1) Temps du 14 juin 1919.