‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 114 sur 228 · IV, Dist. XXIII, chap. iv · texte numérisé non relu

IV, Dist. XXIII, chap. iv

2. Voir par exemple la Suninia senûentiarum, VI, i5 (PL. GLXXVI, i54); Hugues de Saint- Victor, De Sacramentis, I[, pars xv, cap. 3 (PL. CLXXVI, 578); Pierre le Chantre, ms. i444^ ^^ ^^ Bibliothèque Nationale, fol. 160, etc. Pour plusieurs esprits de l'époque qui faisaient consister le sacrement dans l'objet matériel, les concepts de sacrement et de non-réite'rabilite' e'taient corre'latifs. Voir aussi l'étude citée, Les notes marginales,.., p. 532 et suiv.

3. Ms. de HeiligenkreuZ; fol. 56'". Voir l'article cité de la Nouvelle Revue the'ologique^ t. XLI, 1909, p. 400-409.

4. Quelques-unes de ces gloses ont passé, grâce à Jean le Teuton, dans les notes marginales qui accompagnent certaines éditions du Décret'^ voir, par exemple, l'édition de Lyon, 1624, p. 1913 d, 2000 u. etc. Un relevé des gloses conservées dans un certain nombre de manuscrits a été dressé par von Schulte, Die Glosse zuni Dekret Gratians von i/iren Anfàngen bis auf die jungsten Ausgaben., dans les Denk^ schriften der k. Akademie der Wissenschajïen, Philos.-histor. Klasse, t. XXI, II, Vienne, 1872, p. 52-55. Nous espérons pouvoir y apporter bientôt un complément; voir aussi l'importance de ces gloses pour la question de Tordre, dans Saltet, Les liéordinations , Paris, Ï907, P- 3i6-323.

Libei' de Sacramentis'^ se rencontrait déjà peu de temps après Gratien, en tête de la troisième partie. Voyons comment il a recouru à ces sources canoniques.

Ouvrons dans Gratien le De Consecratione à la cinquième distinction^. Nous trouverons qu'à part les titres, dont les deux premiers ne coïncident pas ou guère, neuf chapitres de Gandulphe, sur les onze que comprend son traité, sont littéralement empruntés aux dix canons du Décret sur la confirmation et se suivent dans le même ordre de part et d'autre. Seul, le canon 9 n'a pas été transcrit par Gandulphe sous un titre spécial. De plus, entre la transcription du 9^ et du jo^ canonde Gratien, Gandulphe a intercalé deux chapitres qui ne se rencontrent pas dans la Dist. V du De Consecratione^ : ce sont ceux qui traitent du nom des baptisés et des confirmés. Le second de ces chapitres est pris au canon 60 [Baptizandï) du De Consecratione (Dist. IV). Ni

1. C'est le titre qu'on trouve dans le manuscrit cxxvii de la bibliothèque du chapitre me'tropolitain de Cologne, du xii® siècle. Une étude comparée du De confirmaiione, dans Hugues de Saint-Victor {De Sacramentis, II, pars vu; PL. CLXXVI, 459-462) et dans Yves de Chartres (/^«//o/vnm, I, i i3-i2îi ; PL. CLXI, p. 1073-1073), montrerait le recours fréquent, des théologiens, même spéculatifs comme Hugues, aux sources canoniques. Le De Sacramentis présente des extraits textuels introduits sans nom d'auteur dans les phrases mêmes de Hugues (chap, II, IV, V, etc.). Les préfaces des anciens glossateurs, sur le rôle des sacrements dans la répartition des matières du Décret, sont non moins instructives à cet égard. Voir plus loin, le chapitre sur la théologie et le droit canon au xii® siècle.

2. Nous citons d'après l'édition deFKiEDBERG, Corpus iuris canonici^ Leipzig, 1879, t. I, De consecratione, Dist, V, can. i-io.

3. Ce sont les n"' 9 et 10 transcrits ])lus haut. Voici le contenu du chap. IX (ms. de Heiligenkreuz, fol. 49^) : « De pueris vero baptizatis vel confirmatis qui propriis nominibus in baptismo vel confirmatione nominati non sunt, quaeri solet, an sint rebaptizandi. Non enim Dominus ait : Ite, nominantes et baptizantes eos in nominepatris, etc. ; sed ait : Ite, docete omnes gentes, baptizantes, etc. Quare etsi propriis nominibus dum baptizantur vel confîrmantur nominati non sunt, non tamen sunt rebaptizandi. Peccal tamen graviler qui non nominando proprio nomine, quod ecclesiae consuetudo habet, aliquem baptizat. Alicui tamen videri poterit sine nomine baptizatis vel confirmatis, huiusmodi debere baptizari vel iterum confirmari, ne per pravam consuetudinem baptismus vel confirmatio in ecclesia Dei frequentetur, vel quia ab ecclesia generaliter hoc est constitutum et tenetur, scilicet ut ncmo sine nomine baptizetur ».

Hugues de Saint- Victor, ni la Summa sententiarum ne s'occupent de ce point : la constatation ne sera pas sans utilité pour la suite de cette étude.

Habituellement, les citations prises à Gratien ^ sont précédées d'une courte introduction qui se contente de répéter la question sous la forme indicative ; parfois elles sont accompagnées de quelques mois de commentaire, dans le genre de ces gloses littérales qu'affectionne Gandulphe et qu'il multiplie dans le reste de son œuvre. Signalons celles sur l'omission, par mépris, de la confirmation, à la fin du chapitre VIII et du chapitre vi^; elles sont dans le mouvement des idées qui guident les explications des autres théologiens de l'époque^. L'indication des sources est régulièrement fournie, excepté au chapitre vu, qui remplace, par la formule générale : Statutum est, la mention du concile de Meaux^; mais plusieurs des plus vieux manuscrits du Décret ne contenaient pas cette indication. Quant aux variantes, habituellement sans importance, la fidélité avec laquelle Gandulphe suit Gratien nous permet de ne pas nous attarder davantage aux rapports entre le Lombard d'une part, Gratien, Hugues de Saint- Victor ou la Summa sententiarum , de l'autre^.

Le traité sur la confirmation ne peut donc nous autoriser à mettre dans une dépendance immédiate de parenté les Sentences du Lombard et celles de Gandulphe ; les deux auteurs, s'ils se sont connus, ont agi ici comme s'ils ne se

I. Par exemple, cl» i;>. i:t : <( Utrum dignius sit sacramentum confirraationis sacramento baptismatis, aperle Melciades ostendit, etc. » — Chap. IV : « Sed sacramentum confirmationisnonnisi ab episcopisperfici potesl, ut Eusehius Papa ait, etc. )^

a. Chap. m: « idesthabensunum. scil. sacramentum baptismatis, perfectus esse non potest si contempserit alterum, id est sacramentum confirmationis » . — Chap. vi : « id est, si in confirmatione episcopi confirmari contempserit ».

3. Voir par exemple, la Summa sententiarum, VI, i (PL. CLXXVI, i39 A).

4. De Consecr., Dist. V^, can. 7 : Ut episcopi- voir la note critique de Friedberg, op. cit. s n. 72.

5. Contentons-nous de signaler le fragment anonyme de Melchiade dans Pierre Lombard, chap. iv. La comparaison avec Gratien-Gandulphe est suggestive.

connaissaient pas. Reste à voir si le traité sur les ordres ecclésiastiques légitime les mêmes conclusions.

Ce traité occupe chez le Magister sententiariun les dixneuf chapitres de la distinction xxv^; chez Gandulphe il prend un folio environ 2. Les points de contact entre les deux auteurs s'y révèlent intimes^.

Après un préambule sur les clercs et la tonsure (chap. i-vi), le traité du Magister passe en revue les divers degrés de la hiérarchie depuis l'ostiariat jusqu'au pontificat; à chacun des sept ordres (chap. v-xii) il consacre trois paragraphes : sur la notion et les attributions de chaque degré, sur l'ordination et ses cérémonies, sur l'exemple de Jésus-Christ dans l'exercice de ces ordres. Pour finir, nous trouvons quelques chapitres sur les patriarches, sur les métropolitains, sur les archevêques et les évêques, sur le chantre (chap.xiii-xix); la distinction se fermepar quelques lignessur les devoirs d'édification des ministres sacrés et sur l'étymologie du mot /wwsa(chap. xix), qui est déjà venue dans le traité sur l'eucharistie^. A part quelques points de détail, Gandulphe suit la même marche.

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