I. Voir PAppendice A, p
216 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU Xll^ SIÈCLE,
légitimité de ces conclusions et précisera leur portée. Voici les deux premières citations de Gandulphe :
Gandulphe (H. foL 7^).
« Non diirerunt ab invicem hypostases secundum substantiam, sed secundum characteristica, i.e.
idiomata, scilicet personales proprietates.A» Quod est... ipsas personas. Idem supponit : « differentiam vero bypostaseon, i. e. personarum, in tribus proprietatibus, i. e. paternali, filiali et processibib' recognoscimus. Quod est... »
Lombard (I, Dist. xxvii, 3).
« Non differunt ab invicem hypostases secundum substantiam sed secundum characteristica idiomata, i. e. determinativas proprietates. Characteristica vero, i. e.
determinativa sunt hypostaseon et non naturae, etenim hypostases déterminant. » Item esse quidem... « Differentîam hypostaseon, i. e. personarum in tribus proprietatibus, i. e. paternali et filiali et processibili recognoscimus. Incessibiles autem esse ipsas... »
Jean Damascène, Chap. yi (Brux. 893-898, fol. 29^5 Mazar. 711, fol. 29^' et 29'') ^
« Ideo neque differunt ab invicem hypostases secundum substantiam sed secundum accidentia quae sunt characteristica, i. e, designativa idiomata; characteristica vero hypostaseos et non naturae. Etenim hypostasim déterminant substantiam cum accidentibus^. Quare... »
1. Voir dans l'e'dition de Lequien le texte grec (PG. XCIV , looi C et 1000 B).La traduction latine que nous donnons ici est celle de Burgundio, telle (jue la présentent aussi les mss. de Troyes 652, de Munich 19453, de Bruxelles iaoi4-i2o4i et de Paris, Bibl. Mazarine 711. Les variantes non signalées dans les passages cités sont insignifiantes, excepté pour la fin du texte du chap. v, qui a mis les copistes à la torture et réciproquement; nous en parlons plus loin. Cette traduction diffère assez notablement d'un extrait du De fide orthodoxa (III, 1-8) qui se trouve contenu dans le manuscrit xxxv de la bibliothèque de l'abhaye cistercienne de Reun en Styrie. Qu'on nous permette de citer ici la traduction du deuxième fragment, beaucoup plus satisfaisante que celle des manuscrits de Troyes, de Munich et de Bruxelles : « Differentiam autem personarum in solis tribus proprietatibus, in paternali sine causa, et cum causa in filiali, et cum causa in processiva cognoscimus » (fol. 57'*'), Nous reproduisons les textes de Gandulphe et de Burgundio en rétablissant l'orthographe actuelle. Les variantes entre les manuscrits de Turin et de Heiligenkreuz sont rares et sans conséquences dans les extraits en question. Le résumé de Bamberg (B. IV, ag) cite trop peu de chose pour nous être de quelque secours dans la fixation du texte (fol. 129^", et i3o^').
2. « Etenim hypostasis déterminât, substantiam cum accidentibus. Quare...» (Mazar. 711, fol. 3o^'],
Id., Chap. V. « DilTerentiain autera hypostaseon et [ou id est) personarum in solis tribus proprietatibus, anetio, i. e. in casuali (owiniliali) et paternali et eciaci, i. e. creabili et filiali et cetera [ou et causali) et processibili et casuali recognoscimus. »
La comparaison entre les trois auteurs nous fait constater un premier extrait du Damascène, plus longchezPierre Lombard que chez Gandulphe; un second texte, qui se trouve dans le Magistère manque chez Gandulphe ; le troisième passage : di fferentiain ]i)postaseon...y est encore une fois plus long chez le Lombard que chez le bolonais. Les variantes entre les deux compilateurs sont de trop peu d'importance pour que, dans l'état actuel de nos textes, elles puissent étayer une conclusion^. Par contre, les particularités qui mettent d'accord les deux compilateurs contre Burgundio sont à noter; de part et d'autre, nous trouvons la même coupe dans la phrase du Damascène: ideo non differunt^ et la suppression de la particule de dépendance 2. Le second extrait commun est résumé par Gandulphe et le Lombard dans les mêmes termes. Est-ce l'expression de la causalité employée par Burgundio pour rendre le grec àvaiTLOç, aÎTiaioç, qui a fait reculer Pierre Lombard? Toujours est-il que ces mots disparaissent du texte des deux Summistes pour faire place à la courte formule : i. e. paternali, filiali et processibili.
L'examen d'un autre cas, emprunté à une transcription du deuxième chapitre du Damascène, fait aboutir aux mêmes constatations. Contentons-nous de mettre sous les yeux du lecteur les lignes communes :
I. Gandulphe a eu plus le mot : [differentiam) çero^ et, fidèle à la lignée des glossateurs bolonais, il intercale une courte glose : scilicet personales. Les mots, id est, avant idiomata, peuvent n'être qu'une addition fautive du copiste.
a. Remar<|Uons, en passant, le contresens du Magister, qui arrête sa transcription du chapitre vi avant d'être arrivé au sens complet : etenlm [characteristica) personam déterminant. Fidèle à l'original, Burgundio avait traduit : « et enim personam déterminant (ms. de Reun : dijfiniant) substantiam cum accidentibus » (xa\ yàp xrjv u7r6(jTaaiv ôpi^ov-rat, oùaïav ]xtxh. auu.6£6r,x6Tojv ; PG. XCIV, looi D).
Gandulphe (H. fol. 34'').
Item lohannes Damascenus :
« Filius Dei Patris, homoousion, i. e. consubstantialis, sicut divinum semen copulavit sibi ipsi ex sanctissimis et purissimis ipsiiis virginis sanguinibus nostrae aiitiquaeconspersionis carnem animatam anima rationali, non semine accipiensj sed per spirilum sanctum creans. »
Pierre Lombard (III, Dist. m, i).
Quod exponeus lohannes Damascenus ait : « Post consensum autem... et tune oburabravit ipsam Dei altissimi per se sapientia et virtus existens, id est Filius Dei Patris liomoousios, i. e. consubstantialis sicut divinum semen et copulavit sibi ipsi ex sanctissimis et purissimis ipsius Virginis sanguinibus nostrae antiquae conspersionis carnem animatam anima rationali et intellectiva, non seminans sed per spiritum sanctum creans... Quare simul caro, simul Deicaro, simul Dei Verbi caro... »
JeanDamasgène, Chap. ii (Brux. 893-898, fol. ay""; Mazar. 711, fol. ay'').
« Et superobumbravit super ipsam Dei altissimi enhypostasis, i. e. hypostasim habens sapientia et virtus, qui Filius Dei, qui Pàtri homoousios, i. e. consubstantialis velul divinum sporos, i. e. semen et confinxit vel construxit sibi [ou similiter) ipsi ex castis et purissimis sanguinibus carnem animatam rationali anima et intellectuali, primitias nostrae massae, non spermaticos et non seminaliter sed conditive per Spiritum sanctum scilicet^.. >
Ici, de nouveau, le Magister commence plus haut que Gandulphe sa transcription du Damascène et la prolonge davantage. Gandulphe supprime les mots : et intellectwa , que maintient le Lombard, conformément à son modèle. Enfin le mot seminanSy chez Pierre Lombard, rend mieux que semine accipiensy chez Gandulphe, la pensée originale, et la substitution de la seconde expression à la première s'explique naturellement chez celui qui transcrit; le changement en ordre inverse est peu naturel.
I. PG. XCtV, 985 B. Nous n'insistons pas ici sur la variante : Nostrae antiquae conspersioiiis carnem (Lombard et Gandulphe), pour primitias nostrae massae^ que donnent les quatre manuscrits cités plus haut. Le texte de Reun a malheureusement passé ici une ligne ; il emploie, quehjues mots plus bas, Ve\^vess\on : nostrae conspersionis (fol. SS'^).
Un exemple d'abréviation identique chez les deux Summistes nous est fourni par la cinquième distinction du même troisième livre. Pour ne pas allonger ces pages, nous nous contentons de renvoyer le lecteur à l'édition de Quaracchi^. Voici les textes de Gandulphe et de Burgundio :
Gandulphe (H. fol. 35^).
« In humanatîone Dei Verbi aimus omnem et perfectam naturam deitatis in una eius hypostaseon incarnatam esse, i. e. unitani humanae nalurae et non partein parti. Omni enim liumanae naturae aimus unitam esse omnem deitatis substantiam. » Huius aucloritatis videtur esse intellectus... vel substantiam. Item • « Eadem est natura in singulis hypostaseon, i. e. personarum, et quando dicimus naturam Verbi incarnatam esse secundum beatum Alhanasium et Cyrillum deitatem dicimus esse unitam carni et unam naturam Dei Verbi incarnatam confitemur. »
Jean Damascène, Chap. vi (Brux. 893-898, fol. 3o' ; Mazar. 711, fol. 3o).
« Ita et in humanatîone unius sanclae Trinitatis Dei Verbi aimus omnem et perfectam naturam deitatis {Mazar. : et) in una eius hypostaseon, i. e. personarum, unitam esse humanae et non partem parti... Omni autem (Mazar. : enim) humanae naturae aimus unitam esse omnem deitatis substantiam. In nullo enim... Eadem igitur natura in unaquaque hypostaseon, i.e, personarum, consideraturet cum(Mazar. : quando) dicimus naturam Verbi incarnatam esse secundum beatos et Athanasium et Cyrillum deitatem unitam carni esse dicimus. Ideo non possumus dicere^. »
Le texte de Burgundio, d'accord en cela avec l'original,