PL. CXXI, io85; Clll, i38r, etc
d'un <>^orit si vif pour la pure transcription, les recueils de Flores, de Sententiœ, à' Excerpta, qui facilitent le travail du découpage, se rencontrent désormais en nombre dans les bibliothèques dont les catalogues nous ont été conservés^; typique à cet égard est la nomenclature des accroissements dus à Anségise, abbé de Saint- Wandrille. Après les œuvres des Pères, figurent Tayon, Patérius, Eugippius, deux recueils de Collectanea et la compilation de Paul Diacre '^.
Au IX® siècle, ces recueils ne cessent plus de se multiplier ; on imite l'exemple d'AIcuin qui avait pratiqué la défloration des écrits antiques ^ en s'aidant du travail de ses élèves. Saint Augustin, cela va sans dire, est toujours fortement pillé ; la pensée et l'expression des âges suivants se nourrissent constamment de ses écrits, si bien qu'avant d'attribuer à un écrivain la paternité d'une idée quelconque, il est bon de vérifier si Augustin n'y a pas droit; c'est ce que Rémusat faisait déjà remarquer^. Les Byzantins pillaient de même les docteurs du iv® siècle. A côté de saint Augustin, nous pouvons citer les Excerpta de Patérius, puisés dans saint Grégoire, le docteur « avec lequel est né le moyen âge », et que l'on découpe constamment en « pages choisies^ » ;
I. Une bonne partie de ces catalogues a été réunie dans l'ouvrage bien connu de G. Becker [Catalogi Bibliothocanmi antiqui, Bonn, i885). L'index des noms propres et des œuvres anonymes, placé à la lin, facilite les recherciies, mais les auteurs qui interviennent le plus souvent comme Augustin, Jérôme, Grégoire, etc., n'ont à côté de leur nom que la mention saepius, avec l'indication de quelques œuvres seulement. L'ouvrage de Gottlieb [Uebcr mittelalteiiiclie Blbliotliekcti, Leipzig, 1890) renseigne avec beaucoup plus d'acribie tous les catalogues connus du moyen âge, publiés ou inédits, mais ne donne que Vincipit et VexpUcit. Le recueil de Becker qui se termine à l'année 1200, peut rendre d'excellents services, malgré les critiques fondées de Gottlieb, en attendant la publication plus importante des cinq académies de langue allemande *, celle-ci est confiée depuis la mort de L. Traube, à un de ses meilleurs élèves, P. Lehmann, de Munich.
•j!. Gesta abbatuniFontanellensium, cap. xvii(MGH. SS. t. II, p. 9.96).
3. Lettre à Charlemagne à propos de l'ouvrage destiné à réfuter Félix d'Urgel, Epistola cxux (MGH. Epistolae, t. IV, p. 244).
4. Saint Anselme, Paris, 1846, p. 47^ ï Krumbacher-Khrhard, op. cit.^p. 39; voir aussi l'ouvrage récent de Schulze, Der Einjluss Aiigustins in der Théologie und Christologic des Flll und IX JahrhundertSy Halle, 1913.
5. PL. LXXIX, 685 et suiv. ; voir dans Manitius {op. cit., p. 99-
PRÉPARATION THÉOF.OGIQUE DU XIl^ SIÈCLE. 25
Bède en désirait ardemment un exemplaire, et au x° siècle, les recueils de Patérius et d'Eugippius recevaient encore les élog^es de Notker le Bègue dans son De interpretibus dwinavum scripturaram ^ .
Isidore occupe aussi une place de choix avec ses Etjmologise, où il a classé, comme dans un herbier, les restes des connaissances antiques, mais surtout, avec ses Sententiœ ou De siimmo bono, recueil principalement moral et l'un des plus lus jusqu'à la fin du moyen âge; après sa mort on l'augmente d'un quatrième livre. Citons encore les Sententiœ de Tayon, cet évèque deSaragosse qui avait fait le voyage de Rome pour se procurer les œuvres de Grégoire manquant alors en Espagne-; de son ouvrage, quatre exemplaires au moins sont connus au ix^ siècle, à Saint-Wandrille, à Lorsch, à Murbach^ et, à Urgel, chez Tévêque Sisebut II ^.
Parmi ces recueils de Sententiœ, les uns se contentent de faire des extraits à même la lecture, les autres suivent Tordre des chapitres de la Bible ou la division des diverses matières^. L'exemple de ces derniers fut évidemment le plus fécond et si les Sententiœ de Tayon ou d'Isidore ne servirent pas directement de modèle diXiMagister — ce que la différence seule du plan et du contenu suffirait à établir — l'on ne peut nier que de l'impulsion qu'elles donnèrent à ce genre de littérature, ne surgît le mouvement qui donna naissance aux Quatuor Librî Sententiarum de Pierre Lombard. Une influence non moins durable est à reconnaître au P rognas ticon futur i sœculi, espèce de traité De novissimis,
loo) la liste des Excerpta ou des Flores coinpose's à l'aide des ouvrages de Grégoire le Grand- Histoire littéraire, t. XII, p. 244.
1. BÈDE, In Cantica canticoruni allegorica expositin, lib. VII (PL. XCI, I223B); Notker, De interpretatione^ cap. i (PL. CXXXI, 996 B),
2. Sententise, préface (PL. LXXX, 726 Det 729 B), où il dit qu'il fait aussi quelques emprunts à saint Augustin.