‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 14 sur 228 · Voir plus loin, l'appendice D, u, p · texte numérisé non relu

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4. Sur ces controverses dogmatiques, voir Tixeront, Histoire des Dogmes, t. III, Paris, 1912, p. 473-483 et 5i4-5b3, et les autres historiens du dogme cite's plus haut. Pour la biographie des auteurs et les questions de critique et d'histoire litte'raire, l'on trouvera de précieux renseignements dans Hauck, op. cit., t. II, p. 9.97 et suiv., 623 et suiv.^ Manitius, op, cit., p. 323, 401, 41^7 ^^8, 678, etc. L'ouvrage de Turmel, Histoire de la Jhe'ologie positive jusqu'au concile de Trente^ Paris, 1904, p. 253 et suiv., fournit beaucoup d'indications sur le dossier patristique de ces controverses^ ainsi que G. Dubois, De conciliis et theologicis disputationihus Carolo magno régnante habitis^ Alençon,

tiques. Si les controverses carolingiennes de la grâce et de la prédestination, de l'adoptianisme, du culte des images et du Filioque, n'ont pas ou guère eu d'influence sur les débats dogmatiques ultérieurs, il n'en est pas de même avec la question eucharistique. Dans un ouvrage qui entremêle de notes personnelles des pages entières de compilation, le Theologus eucharisticus du ix® siècle, Paschase Radbert, ouvre la voie aux polémistes suivants : tout comme ses adversaires pourvoient de leurs idées et de leurs expressions les controversistes bérengariens. Depuis le Sermo deFauste de Riez, qui vient avant lui, mais ne l'égale pas, c'est le principal essai de systématisation que l'on puisse signaler au haut moyen âge. Il a par suite une place de choix dans l'histoire du dogme de la transubstantiation, à la formule duquel il apporte une contribution importante ^.

Les autres écrits dogmatiques sont avant tout composés à l'aide des textes des Pères. On le voit, le mouvement qui donnera naissance à l'essai de conciliation par lequel s'ouvre le Sic et non d'Abélard, se préparait à une époque bien antérieure au xii'^ siècle ~. Les titres mêmes de certains livres disent cette vogue de la reproduction : Nubecula testi" moniorwn, De veritale.,. orthodoxorum Patrum sectanda, etc."^.

La même impression se dégage d'un coup d'œil jeté rapidement sur les bibliothèques de ce moment; c'est ici entre autres que le xii® siècle sera, matériellement même, tributaire du ix*^ siècle. Si les ouvrages de cette époque témoignent

1. Le traité de Fauste de Riez (PL. XXX, 271-276) figure, à tort, parmi les sermons tantôt de Césaire d\\ries, tantôt d'Eusèbe d'Emèse (Engelbrecht, Studien uber die Schriftcn des Bischofs von Reii FaustuSf Vienne, 1889, p. 68). Sur l'influence de Paschase Radbert, voir Ernst, op. cit. et le Dict. théol. cath., t. V, p. I2i3 etsuiv., I23i-i232, 1284, 1268, etc.; sur celle de Fauste de Riez (par Tintermédiaire de Paschase), voir Batiffol, Revue du Clergé français, t. LX, igoS, p. SSg-

2. Picavet en avait fait la remarque dans son étude sur Abe'lard et Alexandre de Halès; mais il y aurait lieu de nuancer fort difleremment ce qu'il dit d'Alcuin, d'Abélard, etc., comme fondateurs ou créateurs de la Scolastique {BibUothèque des Hautes Etudes, Section des Sciences religieuses, t. [, 1889, l>- ^•-53-259, et t. VU, iSgG, p. 2o8-23o).

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