Opus maius, pars terlia (édit. citée, t. I, p
270 LE MOUVEMENT TIIÉOLOGIQUE DU XU^ SIÈCLE.
combatif Arno de Reichersberg, si hostile aux dialecticiens, s'appuie sur Jean Damascène pour réduire son adversaire au silence; dans ce but, il fait usage d'une traduction anonyme, contemporaine, ou peu s'en faut, de celle du diplomate juriste de Pise*. A l'époque de Wyclif, le Damascène sera même comparé à Augustin, « son contemporain », comme champion de la foi eucharistique 2. Dès lors, les copies de la traduction de Burgundio se multiplient. Son nom figure avec honneur au haut des exemplaires, à côté de celui d'Eugène III ; car le titre habituel des manuscrits porte : Ttaditio certa orthodoxae fidei a Burgundione iudice pisano domino tercioEugenio.,. Son œuvre se trouve souvent contenue dans le même codex que celles des grands docteurs, comme Anselme, Grégoire, Basile, etc. ^. Les catalogues des anciennes bibliothèques la citent fréquemment^ ; en France, en Angleterre, en Allemagne, etc., c'est par dizaines que nous comptons les exemplaires de sa traduction^. La bibliothè-
1. Apologeticus contra Folmarum,éài\. C. Weichert, Leipzig, 1888, p. i3i, i5o, i54, 162, etc.* voir plus haut ce qui concerne cette traduction, p. 262-267.
2. Jean de Tyssington, Confessio, dans les Fascicidi Zizaniorum^ édit. Shirley {Rer. Biit. Script., t. V, p. i38 et i53).
3. Cette constatation est fournie spécialement par les anciens codices de la bibliothèque des papes d'Avignon, par ceux de Florence, de Troyes, de Paris, etc., et peut rendre de pre'cieux services dans la reconstitution de la généalogie des manuscrits. Une comparaison entre les n'^'^ 288, 389, 294, 279 de l'inventaire de 1376, et les mss. 652 de Troyes, Plut. XII, Cod. xxxi, Plut. XII, dext. Cod. m, Plut. XIII, Cod. vi^ VIII, IX ; Plut. XXIII, Cod. iv, de Florence, lat. 2i55, 2570, 2375, 2377, etc., de Paris, Bibl. Nation., est suggestive à cet égard.
4. Citons ici les catalogues de l'abbaye cistercienne de Villers-la- Ville (i3o9), qui en contient deux exemplaires (H. Schuekmans, Bibliothèque de l'abbaye de Fillers^ dans les Annales de la Société archéologique de Nivelles, t. VI, 1898, p. 193 et suiv.)^ du chapitre de la cathédrale de Durham (1391), qui acquiert de nouvelles copies pour remplacer celles qu'elle envoie à Oxford {Catalogi veteres librorum ecclesiae cathedralis Dunelmensis, dans The publications of the Surtees Society^ t. VIII, 1837, p. 18, 42,98, etc.); de la bibliothèque pontificale d'Avignon (Ehrle, iiistoria Bibliothecae Romanorum Pontijicum^ p. 473-474)) etc., etc.
5. Citons, entre autres, les manuscrits de la Bibl. Nation., lat. 2i55, 2670, 2375, 2376, 2377, 2378, 2379, 77"^^' 14557, 15695 ; de la Bibliothèque Mazarine, 711, 729, 755; ceux de Munich, 368, 397, 3718, i3i65, 19453, etc.; d'Oxford, Merton Collège, 45, 67, 140, i45; Exeter
que des papes, à Rome et à Avignon, en possède plusieurs copies dès le milieu du xiv^ siècle, et ce nombre ira se multipliant, car aux exemplaires signalés en i3i^ et en i355, viennent s'en ajouter six nouveaux^ dans l'inventaire de iS^S. Des érudits, comme Robert Grossetète de Lincoln, le même qui a eu sous les yeux un exemplaire grec des lettres authentiques de saint Ignace, s'occupent de remanier l'ancienne version sur de nouveaux témoins du texte grec; la traduction du De fide orthodoxa^ tout comme celle de Chrysostome, par Burgundio^, est sous les yeux du Docteur angélique dans la rédaction de ses écrits théologiques. A ce moment, l'utilisation directe du De fide orthodoxa est devenue quotidienne. Pendant longtemps en effet, si Ton met à part Arno de Reichersberg, qui a des passages indépendants du Lombard 3, les seuls textes qu'on rencontre sont ceux que Pierre Lombard a versés dans le courant de la circulation. C'est ce que l'on peut affirmer avec certitude de Gandulphe de Bologne, de Gautier de Saint- Victor, de Jean de Cornouailles, de Bandinus^ ; tout nous porte à croire qu'on peut en dire autant de Pierre de Poitiers, de Prévostin, d'un Magister Martinus, d'Etienne Langton^, etc. ; mais il
Collège, 20, 442, etc.;deTroyes,652; de Vienne, Theolog., lat. 214,238, etc. ; de Florence (voir supra) ; de la Bibliothèque Vaticane,Urbin, lat., 62,10761591; Vat., lat. 3io,3ii,3i2, 3i3; d'Admont, 693 et 614; de Madrid, Escurial, a. II. 7- etc. D'autres manuscrits sont indiqués par Fabricius-Mahsi, Mazzuchellius, etc. [op. et loc. supra citât.).