Ehrle, op. cit., p
2. Mercati a prouvé que saint Thomas cite le commentaire de Ghrysoslome sursaint Matthieu, d'après la version de Burgundio [Noie di letieratura biblica e cristiana antica, xn, p. 141-144, dans les Studi c testi, t. V, Roma, 1901).
3. Op. cit., p. i54-i55; comparez avec Pierre Lombard, III^ dist. VI, 3 et VII. 2 (édit. Quaracchi, t. III, p. i4S et 166).
4. Pour Gandulphe, voir plus haut ; nous avons examiné les textes de Gautier dans le ms. lat. 17187, déjà cité; Jean de Cornouailles, Eulogium ad Alexandrum III, cap. ix, xv et xix (PL. CXCIX, io65, 1066, 1074, io83); i^A^Dinus, Sententiarum libri quatuor {Vh. CXCll^ 998 et suiv.).
5. Pierre de Poitiers, Scntentiaruni libri quinque, I, 8, 23, etc. ; IV, 10 (PL. CCXI, 819, 924. 1174, etc.). La citation renseignée par Mathoud (Z>e orthodoxa fide, IIL 11 ; ibid.^ 819), vient en réalité du chap. 4, lib. III, avec une légère modification, et se trouve chez le Lombard, I, dist. XIX, 9 ; Prévostin, ms. de la bibliothèque de Bruges,
faudrait une étude complète de leur œuvre pour être plus affirmatif. En tout cas, les extraits, que Ton rencontre fréquemment dans les manuscrits, ne sont pas indépendants des citations de Pierre Lombard, comme le montre le manuscrit de Baie O. II. 24, cité plus haut. A l'époque de Bonaventure, il n'en est plus ainsi. L'œuvre du Damascène est connue et utilisée directement. Elle est citée, en guise de gloses explicatives, dans les marges des manuscrits de Pierre Lombard K Elle entre dans la grande Glossa ordinaria^ toujours enrichie depuis Walafrid Strabon : un texte s'y rencontre, tiré du De fide orthodoxa^ pour expliquer entre autres un passage de l'épître aux Romains (i, 3), et l'annotateur du manuscrit d'Erfurt a soin de nous avertir que de son temps il en était déjà ainsi 2.
L'on peut dire que le traité de Jean de Damas participe alors à la gloire de ces mêmes livresdes6'e/i^e/i^«ae qui avaient failli causer sa perte. Il est transcrit dans les mêmes manuscrits que l'œuvre du Lombard^ ou avec ceux de grands auteurs, comme on l'a dit plushaut; cequi empêche la traduction de Burgundio, contrairement à ses versions des homélies de Chrysostome, d'échapper aux érudits de la Renaissance^. On le divise en quatre livres, et cette division, inconnue de l'original grec et de son traducteur, atteste, elle aussi, cette communauté de fortune; c'est dès le milieu du xiii^ siècle^
237, passlm; Magister Martinus, Paris, BibL Nation., iat. i4556, foL 2810, etc., Langton, Sumnia, même fonds, Iat. i4556, passim.
1. Par exemple, ms. de Paris, Bibl. Nation., Iat. 15708, fol. i45, etc.; 16377, ^o'- ^^' 226, etc. ; une liste plus complète se trouve dans le travail déjà mentionné sur les Notes marguiales de Pierre Lombard^ dans la Revue d'Histoire eccle'siastique, t. XIV, 1913, p. 624.
2. Bibiia Sacra ciitn glossa ordinaria^ Anvers, i634, t. VI, i5 (Rom. I, 3). Le ms. d'Erfurt, Amplon, 108, a en note dans la marge : hucusque glossa Rom. I (fol. 173'').
3. Par exemple, celui d'Oxford, Exeter Collège, 20 (xiii^ s.), fol. i a P. Lombardi Sententiae y fol. 141 '• Traditio certa orthodoxae fidei... : Bargundione, etc.
4. Bandini, Calalogus codicum latinorum Bibliothecae Laurentianae mediceae, Florence, 1777, t. IV, p. 45o-45i.
5. Lequien n'a rencontre cette division en quatre livres dans aucun manuscrit grec [Sancti loannis Damasceni opera^ édit. Lequien, t. I, p. 119, Venise, 1748). L'œuvre de Burgundio était divisée en cent chapitres, comme le porte expressément l'inscription de beaucoup de ma-
qu'elle apparaît, en dépit des manuscrits grecs et du travail de Burgundio ou de Grossetête, qui tous se contentent de la division en chapitres; c'est alors aussi qu'interviennent des changements dans la numérotation des chapitrés, qui déconcertent les esprits critiques de l'époque^. Il n'est pas jusqu'au titre de Sententiae qui ne soit généreusement transmis à l'œuvre de Burgundio par son confrère Summiste'^, comme l'attestent les titres des manuscrits et les catalogues des bibliothèques du moyen âge. Ce titre se rencontre en Italie, en Allemagne, en France, et surtout en Angleterre; Clichtovée, on l'a vu, est encore témoin de cet usage au seuil de l'époque moderne^.
Désormais, les deux recueils systématiques de la théologie de l'Orient et de l'Occident font route sous le même pavillon : l'identité du but, de la méthode, des principes dans le choix des matériaux, justifiait cette commune dénomination. Au XIII® siècle d'ailleurs, le De flde orihodoxa devait bénéficier du succès qui s'attachait aux écrits d'Aristote^. Le docteur de Damas qui utilise la philosophie du Stagirite, à la suite de Léonce de Byzance, trouvait tout de suite écho chez les scolastiques de cette époque. Ceux-ci se
nuscrîts : Traditio certa... capitulis centum divisa; parfois cette inscription est maintenue même quand le nombre réel des chapitres s'en écarte. Grossetête a, demême, la division en chapitres : Centum et unum (ms. de Cambridge, Pembroke Collège, 20, fol. i). La division en quatre livres apparaît chez saint Thomas (Lequien, loc.cit.); elle se rencontre aussi dans le manuscrit d'Erfurt(AiiipIon.), 108, fol. 178, etc.
1. Nous trouvons un indice de cette confusion dans le soin que prend un commentateur anonyme des Sentences, de nous indiquer toujours quel exemplaire il a sous les yeux pour identifier les chapitres du Damascène utilise's par le Lombard : Secundiun eos, dit-il, qui ponunt ihi tantum centum capitula (ms. de Troyes^ 1206, fol. 27^", eipassim). L'auteur de ce commentaire anonyme e'crivait après 12.34, puisqu'il cite couramment les livres des De'cre'tales (fol. 200^, etc.). Quelques manuscrits indiquent 98 ou 104 chapitres, par ex. Turin, Pas. 384 ; celui de Vienne, Theolog. lat. 238, en indique 100, mais en en réalité, il en a 106.