‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 159 sur 228 · I. Ihid.^ nSi A · texte numérisé non relu

I. Ihid.^ nSi A

1. Der Umschwung in den Lehre von der Busse ivàhrenddes XII Jahrhunderts^ dans les Thcologische Abhandlungen ofi'erts à K. von Weizsacher, Fribourg-en-Brisgau, 1892, p. 296.

y voir, avec M^Schmitz, le développement d'un ancien pénitentiel qui comprenait les chap. i-xxxiii. Les dernières études de Paul Fournier ont établi les droits de Burchard sur tout le traité^. Il constitue un des exposés les plus complets sur l'administration de la pénitence que nous ait légués le haut moyen âge, et, à ce titre, il a sa place marquée dans l'histoire du dogme. Mais le point de vue qui le domine est purement pratique; il apporte les remèdes au pénitent et enseigne à tout prêtre, même peu lettré, la façon de porter secours à toutes les catégories de pécheurs 2. Ce n'est donc qu'incidemment que nous pourrions y trouver des vestiges d'une doctrine dogmatique. Par contre, la partie que nous appellerions la pastorale y est amplement représentée ; l'examen de conscience, l'interrogatoire par le confesseur, les modes de pénitence, etc., y remplissent des pages qui méritent d'être signalées et qui mettent dans la circulation nombre de textes empruntés à des pénitentiels étrangers (voir les chap. m, v, cxxv, etc.). L'on ne peut oublier non plus que le rôle prépondérant occupé par le Décret de Burchard dans la série des collections canoniques, contribue à donner désormais au De Paenitentia une place importante, et prépare ainsi, à travers les collections de la réforme grégorienne et celles du groupe français, les longs développements dogmatiques que lui consacrera Gratien. Au xiii'' siècle, voire au xv% l'on transcrit encore le pénitentiel de Burchard; les bibliothèques d'Allemagne en contiennent plusieurs exemplaires de cette époque '^

I. P. Fournier, Etudes critiques sur le Décret de Burchard de Wonns, p. 73-82, dans la Nouvelle revue historique de droit, etc., déjà citée.

a. « Corrector vocatnr et Medicus quia correctiones corporum et animarum mediciuas plene continet et docet unuinquemque sacerdotem etiam simplicem quemadmodum unicuique succurrere valeat » [ibid., 9^9 A); voir aussi le texte collationné sur divers manuscrits, que donne Ms"" Schmitz, sous le titre de Paenitentiale Ecclesiarum Germaniae { Die Bussbiichcr und dus kanonische Bussverfahren^ Dusseldorf, 1 898 , t. II, p. 407-467). Une analyse de ce pénitentiel et d'autres documents connexes a été donnée par A. Lagarde; ses conclusions, que nous ne pouvons discuter ici, appellent des réserves {Le manuel du confesseur au Xl^ siècle^ dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, nouvelle série, 1. 1, 1910, p. 542-55o).

3. Par exemple, les mss. de Bamberg, Q. VI, 42, fol. 65-8o; Q. II,

286 LE MOUVEMENT ÏHÉOLOGIQUE DU XIF SIÈCLE.

Le livre suivant de Burchard a des visées plus hautes que le Corrector : il porte comme sous-titre : De contemplatione , et veut se faire appeler Speculator : Speculatur enim de proçidentia et de praedestinatione dlvina^ et de adventu Antichristiy etc. (iio chapitres) i. Après quelques chapitres sur l'âme humaine (chap. i-vii), il s'occupe de la chute et de la liberté, de la grâce, delà prédestination (chap. viii-xl) : écho tardif sans doute des controverses de Gottschalckauix® siècle. Nous trouvons ensuite un traité sur l'angélologie et la démonologie (chap. xli-lv), particularité que présentent aussi d'autres collections canoniques. Notons les deux chapitres sur la corporéité de toutes les substances en dehors de Dieu (chap. xli-xlii), et ceux sur l'ange gardien (chap. xLvi-xLVii). Le reste du livre (chap. lvi-cx) traite des fins dernières et de l'antechrist; l'on y parle de la prière pour les morts, des récompenses, du feu matériel de l'enfer, etc. La partie relative aux problèmes de lagrâceetde la prédestination s'inspire beaucoup de saint Augustin. Le traité des fins dernières doit de nombreux extraits aux Dialogues de saint Grégoire le Grand et quelques chapitres au P/'Ognosticon/iituri saeculi de Julien de Tolède, tandis que les citations des conciles et des capitulaires francs trahissent jusque dans les chapitres relatifs aux sacrements l'origine germanique de cette collection. Il n'est guère besoin d'ajouter que, malgré le titre du dernier livre, la spéculation théologique ne prend pas encore ici son essor.

Les collections qui suivent le Decretum ne se font pas faute de piller l'œuvre de l'évêque rhénan et contribuent, par suite, à maintenir le même mélange de théologie et de droit canon. La plupart étant malheureusement inédites, le lecteur ne pourrait que difficilement recourir aux textes originaux. Il faut au moins signaler ici la Collectio duodecim partium, divisée en douze livres en l'honneur des douze apôtres, et fréquemment transcrite en Allemagne, probablement sa patrie d'origine. Les matières théologiques

3i*, fol. 52--71, que Schraitz ne cite pas dans sa liste de quinze ou vingt manuscrits {op. cit. ^ p. SqS et suiv.). I. PL. CXL, ioi3-io58.

traitées par Burchard sont reproduites ici; du reste, sa ressemblance avec le Décret de l'évêque de Worms qu'elle copie, Ta d'abord fait considérer comme une des sources de la collection de Burchard'. D'autres extraits et collections qui transcrivent Burchard, ou s'inspirent fortement de lui, ont été décrits par Paul Fournier dans une étude parue dans les Mélanges Paul F ahre'^ et dans un appendice qui fait suite à l'article déjà cité de la Revue d'Histoire ecclésiastique'^ ; la liste, que l'auteur ne reconnaît pas pour complète, comprend déjà près de cinquante numéros. Elle fait défiler toute une série de recueils ou d'extraits qui font des emprunts à la collection rhénane, en Allemagne, en France et en Italie, voire même en Espagne. Trois quarts de siècle plus tard, elle passera tout entière, ou peu s'en faut, dans un recueil français, le Decretum attribué à Yves de Chartres, dont nous reparlerons dans un instant. Grâce à elle, la caractéristique théologico-canonique continuera à s'affirmer, entre autres, dans le Poljcarpus du cardinal Grégoire et dans la collection italienne de la Bibliothèque Vaticane (lat. i346), par la série des chapitres sur les fins dernières qui constitue le dernier livre de ces recueils^.

Mais dans l'intervalle qui sépare Yves de Burchard, avait

1. Ms. cleBamberg, P. I, i3, et P. I, lo, fol. i-i83 (longs extraits); P. I, 9, fol. 1-84 (fragments); ms. du Vatican, Palat. lat. 584. Voir surtout les livres, I (Saint Siège), V (sacrements), XI (pe'nitence), XII (fins dernières); consulter Ballerini. op. cit..^ IV, 18 (PL. ibid.^ 35o) et Wasserschleben, Beitràge, etc., p. 35 et suiv., qui donne la préface et la division des livres, et corrige les fausses conclusions de Thei- .NER {Disquiùtiones criticae^ p. 3o8-333).

2. De quelques collections canoniques issues du Décret de Burchard, dans les Mélanges Paul Fahre^ Paris, 1902, p. 189-214 ; voir aussi Tarticle cité plus loin de \di Revue des Questions historiques, t. LXIII, 1898, p. 386, n. 2, et celui de Xa Bibliothèque de V Ecole clés Chartes., t. LVIII, 1897, P' 4'^6 et suiv.

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