‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 165 sur 228 · Woi.F VON Glanvell, op. cit., p · texte numérisé non relu

Woi.F VON Glanvell, op. cit., p

6. Ms. du Vatican, lat. i349, f^'Aw^'Slw, Spicilegiuiv rowanuni,\..Wl, p. 397-474; voir aussi ms. Vat. lat. i348 (VN^olf von Gi.anvell, recueil cité, p. 48).

plus basse. Les cérémonies de la dédicace et de la consécration des églises, auxquelles Gratien donne toute une distinction de son De Consecratlone^ justifient surtout la remarque que nous venons de faire; une comparaison des recueils canoniques des xi® et xii^ siècles, est fort suggestive en cette matière ; nous consacrerons ailleurs une étude à ce sujet ^.

Mais tandis que ces parties théologiques ajoutent au traité De Romano Pontiflce de longs chapitres sur la théologie sacramentaire, qui continuent le modèle esquissé parla collection de Burchard, une autre question avait surgi, ou tout au moins était revenue au premier plan, qui agitera profondément le droit canon et la théologie, longtemps encore après Tapaisement de la querelle des Investitures. C'est celle de la valeur des sacrements conférés par les hérétiques, les schismatiques, les excommuniés, etc. Si la Collection en soixante- quatorze titres ne lui donne encore que peu d'attention— car elle prend naissance avant les conciles qui décrètent les grandes mesures de déposition — les autres recueils grégoriens, sans parler des écrits polémiques, sont remplis de développements à ce sujet. Pour peu qu'on feuillette quelques documents ecclésiastiques de l'époque : recueils canoniques, décrets conciliaires, correspondance publique ou privée, vers satiriques même, l'on perçoit, pendant près d'un siècle et demi, l'écho de ces bruyantes controverses. Les collections canoniques et les recueils théologiques s'en occupent sans cesse, si bien que les deux séries d'ouvrages se complètent mutuellement sur ces matières.

Le détail de ces controverses nous mènerait trop loin ; au reste, le cadre de notre sujet ne comporte ici qu'une indication rapide. Faisons seulement deux remarques : la première, c'est que les fluctuations des idées allèrent dans divers milieux aux extrêmes les plus opposés. Certaines

I. En atlenclant, contentons-nous de renvoyer le lecteur à la note sur l'emploi du mot sacramentum dans les homéliaires carolingiens, et aux extraits des canonisies glossateurs du xii® siècle relatifs à la Quadiijornns species .sacra nienloru ni- voir plus haut, p. 19, et plus loin, l'appendice E, 11, p. 359.

pages de l'ouvrage de M. Saltet', si richement documenté sur l'histoire du sacrement de l'ordre à cette période, sont des plus instructives à cet égard; elles corrigent en même temps bien des manières de voir de l'historien allemand Ch. Mirbt ~. En second lieu, l'on ne peut oublier que, sur le terrain théologique, se pose ici une question intéressante : jusqu'où les opinions de ces divers polémistes accordaientelles au pouvoir de l'Eglise, soit par la dispense, soit par la suspension, ou de quelque autre façon, une part efficace dans l'attribution, ou la suppression, de leur valeur aux rites sacramentels? Tous n'y voient pas une question de dogme; plusieurs restreignent la portée du problème au terrain disciplinaire. Qu'il nous suffise encore une fois d'avoir fait remarquer ici l'étroite union de la dogmatique et des collections de droit canon dans les matières communes.

Ces rapports des deux disciplines s'affirment autant, ou même plus, si du groupe italien nous passons au groupe français, l'on pourrait dire, chartrain, des collections canoniques. Elles unissent quelques tendances de la réforme grégorienne à quelques-unes des anciennes caractéristiques rhénanes. Le nom d'Yves de Chartres (-j- 1 1 17), autour duquel elles se groupent, ouvre ainsi un des grands chapitres les plus en vue dans l'histoire du droit canonique. Parlons d'abord du Decretum attribué à Yves, puis de sa Panormia. La première de ces œuvres contient beaucoup de questions théologiques, la seconde est plus exclusivement canonique ' .

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