I. Les Réordinations, Paris, 1907, p
•1. Die Piiblizistik im Zeitalter Gregors PU, Leipzig, 1894, p. 372- 462; exposé fort instructif de cette littérature polémique.
3. PL. CLXI. La Tripartita est encore inédite; nous avonsconsulté les mss.d'Admont, 162, etde la Bibliothèque Royale de Berlin, 197. Pour les questions d'authenticité, de chronologie, de sources, etc., que soulèvent les collections auxcjueiles est attaché le nom d'Yves, la Tripartita^ le Decretum et la Panormia, nous 1 envoyons aux articles si remarquables de P.FouKNiER, Les Collections canoniques attribuées à Yi'es de Chartres, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. LYII, 1896, p. 645- 698, et t. LVIII, 1897, p. 26 et suiv.
Né près de trois quarts de siècle après la collection de Burchard, le Decretum atteste une fois de plus l'influence de ce recueil bien en dehors des pays rhénans, et accuse par ce long intervalle même la persistance de la caractéristique canonico-théologique.
Beaucoup plus développé que l'œuvre de Burchard, le Décret d'Yves de Chartres, qui fait époque dans l'histoire de la théologie positive^, emprunte à son prédécesseur de Worms presque tous les canons de son recueil, sans en excepter les questions théologiques 2. Tout le traité de Burchard sur l'eucharistie, par exemple, ou sur la confirmation^, entre dans le Décret d'Yves, et le dernier livre de Burchard, le Speculator, conserve encore chez l'évêque de Chartres un vestige de sa dénomination primitive qui, à défaut d'autre indice, trahirait son origine : pars décima septima continens speculatwas sanctorum Patrum sententias ^^ . . . Sur les cent trente-sept fragments de cette partie, Yves en doit cent et neuf à Burchard (hv. XX, 12-120)^.
Mais du point de vue théologique, il y a toutefois à signaler un réel progrès de la collection chartraine sur son modèle rhénan. Les chapitres sur les sacrements ont une portée bien autrement dogmatique qu'ils n'en avaient chez Burchard. Les causes en sont complexes ; nous en mentionnons deux qui ont eu certainement leur importance. La nature même des documents qu'il avait sous les yeux donnait au compilateur un dossier plus riche en notions dogmatiques : c'est ainsi, par exemple, que la dix-septième partie est augmentée de beaucoup de citations nouvelles d'Augustin ^% etc. Le premier livre emprunte à des sources dog-
I. L'on peut voir les pages que lui consacrent G^PiE^k^-a [GcsclrlcJitc der Scholastisclien Méthode, t.I, Fribourg, 1909, p. 248 et suiv.) etTuR- MBL [Histoire de la Théologie positive ^Vnrh, 3« éciition, p. xxiv).
X. FouRNiER, article cité de la Bibliothèque de V Ecole des Chartes, t. LVIII, 1897, p. 29 et suiv.
3. Burchard, lih. IV, 69 et V (PL.CXL, 788 et 75i), et Yves, lib. 1, 253 et II (PL. CLXI, 120 et i35).