Voir plus loin, chap. v, appendice A, et pp. i45-i
5. L'œuvre de Haymon, dont l'authenticité, pour une partie, a e'té jadis contestée par Hauck (voir l'article cité plus loin de la Revue des Questions historiques, t. XCUI, 191 3, p, 75, n. 2), se trouve dans PL. CXVI, 193 et suiv. etCXVII, 9 etsuiv. ; Anselme de Laon l'utilise fréquemment (ms. de la Bibliothèque Nationale, lat. 16528); voir notre étude : The Sentences of Ansehn of Laon and iheir place in the codification of theologj during the XII ^^ century^ dans The Irish Theological Quarterlj, t. VI, 191 1, p. 4^7-44i; voir aussi Denifle. Luther und Luthertum, Quelle/djelege, JMayence, 1905, p. 28, n. i.
Lombard, puisent à pleines mains chez les Pères. Ils ne s'en cachent pas du reste dans leurs épîtres dédicatoires ; tel Raban Maur \ qui introduit oj'dinairement ses extraits par les initiales de ses garants, tout comme Bède ^ l'avait recommandé jadis dans ses propres préfaces; Walafrid, à son tour, se contente d'abréger Raban Maur dans un de ses ouvrages^. Même Claude de Turin, qui pourtant ne ménage pas les mots quand il s'agit de défendre ses idées personnelles contre ses adversaires, avoue souvent, dans les préfaces de ses commentaires, les emprunts abondants qu'il fait aux Pères '^. Les paraphrases disséquées dans les chaînes bibliques manifestent les mêmes soucis compilatoires ; Augustin a dans ces compilations une place prépondérante ^
Les œuvres d'ascétisme ou de morale, comme le De amorce caelestis patriae de Haymon d'Halberstadt, ou le De nrtutihus et çitiis d'Alcuin, ou le De fide, spe et charitate de Paschase Radbert^, sont composées d'extraits des Pères ou s'appuient sans cesse sur leur autorité, sinon sur leurs expressions.
Même le champ de la spéculation est loin de se trouver à l'abri de ce mouvement de pure reproduction. Plus tard, d'ailleurs, l'on pourra faire le reproche aux premiers essais de synthèse dogmatique, même à celui du Maître de Sentences, de ne pas présenter des idées philosophiques suffisamment assimilées. Les discussions philosophiques, disons