Ms. lat. i36i
6. Ms. de la Bibliothècjue Impériale de Vienne, canon 91 . Elle se divise en dix livres : « ut... sacrae decalogo legis etiam numéro partium conveniret » . Le détail des chapitres et la préface de la collection en dix livres ont été fournis par Theiner [op. cit., p. 166-167).
7. Ms. 166, livres II et III de la quatrième partie (fol. 139-142).
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306 LE MOUVEMEiNT THÉOLOGTQUE DU XII^ SIÈCLE.
deux collections de la bibliothèque de Châlons-sur-Marne ^ . Vers le début de ces collections, sont ordinairement placés les chapitres, ou les livres, relatifs à la foi et aux trois sacrements de baptême, confirmation et eucharistie. Yves de Chartres ou les collections chartraines sont la principale source de ces recueils; l'auteur de la collection i36i du Vatican lui a joint Anselme de Lucques.
Avec Gratien, s'ouvre une nouvelle période dans l'histoire du droit canonique ; la théologie prend définitivement place dans les recueils juridiques. Les allusions précédentes à ce livre, devenu classique dans l'enseignement du droit canon, nous ont déjà fait entrevoir nombre de sujets où le canoniste bolonais se double d'un théologien. S'il donne à l'ensemble une allure plus juridique, s'il copie la division des matières du droit romain en personae, res, actiones^ pour se guider dans son plan, il est loin de rejeter tous les éléments théologiques qui constituent l'apport des siècles précédents.
Sans parler des nombreux canons de la partie I (Distinctiones) et delà partie II {Causae), qui traitent des sacrements (sacramenta necessitatis y extrême-onction et sa réitérabilité, réordinations, valeur des sacrements des hérétiques, etc.), sans insister sur les canons de la fin de l'ouvrage qui s'occupent de la procession du Saint Esprit — comme Anselme de Lucques et Yves de Chartres ~ l'avaient fait, à cause de l'attention donnée aux Grecs en ce moment, et comme Huguccio le fera, en cherchant une explication plausible à cette
1. Ms. 4&, fol. i-ii, et ms. yS; cette dernière collection commence parle De primatu romanae ecclesiac (foL ii5) et place les sacrements dans la cinquième partie. La collection de Sainte-Geneviève consacre les premiers livres de la première partie aux sacrements (fol. i-33) et à la liturgie; le premier livre manque.
2. Anselme, lib. IX, can. 55, d'après le ms. du Vatican utilisé par Mai [SpiciLe.giuni romanum, Rome, i84i, t. VI, p. 376); le ms. de la Bibl. Nat., lat. isôiç) (fol. 168 et 173), n'a pas ces derniers chapitres du livre IX; Yves, Collectio trluiri partiuin^ II, 9 et IL 14» 3i (Ms. d'Admont, 162); Decretum^ I, 3 (PL. CLXI, 65).
place peu logique ^ — qu'il nous suffise d'indiquer ici le long traité De paenitentia, qu'on a voulu enlever h Gratien, mais dont lui-même a fait mention dans le reste de son œuvre-, et toute la troisième partie, le De consecratione^ surtout les distinctions II, III et IV. Le De paenitentia était un héritage qui datait de loin ; il remontait à une époque bien antérieure déjà à Réginon et Burchard. Celui-ci avait inséré dans son œuvre des extraits de pénitentiels fort nombreux, malgré son affirmation qui réduisait à trois recueils ses sources en cette matière. Les collections chartraines et même les italiennes, comme nous l'avons vu, entrèrent dans la voie marquée par Burchard^. Mais, si toute la tradition canonique donnait une large part à la partie administrative de la pénitence, elle ne s'occupait qu'incidemment des questions de doctrine qui sont à la base de cette institution. Chez Gratien, le côté théologique prend une extension marquée. Il suffît de juxtaposer à son Décret les œuvres théologiques contemporaines, pour n'y voir que le reflet des controverses théologiques des écoles ; celles-ci débordent jusque dans l'enseignement canonique. C'est même de cette circonstance qu'il faut tenir compte pour donner leur juste valeur à certaines expressions de Gratien, qui, prises au pied de la lettre, le feraient passer pour hésitant dans les matières dogmatiques. Les problèmes théologiques qu'il aborde dans cette longue dissertation, qui s'intitule dans quelques éditions Tractatus de Paenitentia, sont au nombre de sept, à savoir le rôle propre de la confession dans la rémission des péchés (dist. I)^, la réitérabilité de la pénitence