‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 175 sur 228 · I. Ms. 612 de la bibliothèque de Cambrai, fol · texte numérisé non relu

I. Ms. 612 de la bibliothèque de Cambrai, fol

a. Causa XI, quaestio 3, can. 24 ; voir p. 126 et l'appendice B.

3. Ce ne fut pas sans he'sitalion^ comme on peut le conclure de certains exemplaires de la collection d'Anselme de Lucques, qui suppriment le livre XI ou pe'nitentiel (Fournier, article cité des Annales de L' Université de Grenoble, t. XIII, 1901, p.439-4/40).

4. Nous croyons devoir formuler ainsi cette question, plutôt que sous cette rubrique : « De la nécessité de la confession ». A ce moment, les écoles discutent non pas la nécessité de cet aveu, mais son rôle spécial pour la rémission, au milieu des autres parties qui constituent l'organisme de la pénitence. Cette solution, que nous croyons la vraie, a déjà été entrevue par dom Chardon dans son Histoire des sacrements

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et la rémission des péchés indépendamment des rechutes ultérieures (dist. II et III), la reviviscence des péchés pardonnés (dist. IV), la nature de la satisfaction (dist. V), le ministre de la pénitence (dist. VI), le moment de la pénitence (dist. VII). Tout cela a peu de rapport, il faut l'avouer, avec un traité purement canonique.

lien va de même avec les parties du De consecratione qui nous parlent de trois sacrements : le baptême, la confirmation et l'eucharistie ; ce dernier traité surtout a des chapitres exclusivement dogmatiques. Les inscriptions des canons, dont un certain nombre rappellent celles d'Yves de Chartres (voir plus haut), contiennent à elles seules, si on les met bout à bout, tout un exposé de la présence réelle, de la conversion et de la permanence des accidents eucharistiques^. Cet aspect théologique àw. De consecratione éclate encore avec évidence dans les nombreux emprunts que lui ont faits les théologiens contemporains pour leurs traités sur les sacrements; nous en reparlerons dans un instant. D'autre part, les générations qui suivent Pierre Lombard et Gratien, n'oublièrent pas complètement, malgré le peu d'aptitude de ces époques pour la recherche des sources litiéraires, l'origine de beaucoup des idées et des taxles du Maître des Sentences. Pour peu qu'on ait parcouru une dizaine de manuscrits de l'œuvre de Pierre Lombard, l'on

(Paris, 1745, t. IV, p. 4^-46), et par Binterim, Denkwurdigkeiten der cliiistUclien /îatholischen Kirche^ Mayencej 1826, V. 3, p. 263. C'est aussi celle de Schmoll dans sa re'cente e'tiide, Die Busslelire der Fri'ihsc/iolastik, dans les Feroffentlichungen ans demKirchen historischen Seniinar Mûnchen^ III, 5, Munich, 1909, p. 39 et suiv. Le sens que supposent à cette question de Gratien la re'ponse de De San [Traclatus de Paenitentia^ Bruges, 1900, p. 65 1) et la note de Turmel [Histoire de la Théologie positive jusqu'au Concile de Trente^ Paris, 3'^ e'dition, p. 455, n. 4)5 ne nous semble pas exact. Voir aussi Sarti-Fattorini, op. cit., t. I, p. 345, et Noël Alexandre, Dissertatio XIV, post Historiam saeculi XIII, n. 25. Une e'tude fouiile'e sur la question, par le P. Debil, S. J., paraît en ce moment dans Va Revue d'' Histoire ecclésiastique^ t. XV, 1914-

I. De consecratione^ dist. II, can. 3^ et suiv. Qu'il nous soit permis de renvoyer le lecteur .1 Fetude sur ce sujet qui a paru dans le Dictionnaire de Théologie Catholique de Vacant-Mangenot, t. V, p. i'256- 1267 et 1294-1295.

est frappé par le nombre des notes marginales qui indiquent le Décret de Gratien comme la source dont s'inspire fréquemment sa théologie l.

L'on pourrait clore ici l'examen des rapports qui unissent au douzième siècle, sur le terrain de l'identité des matières, les œuvres ihéologiques et les recueils de droit canon. Aussi bien, avec Gratien d'une part, et Pierre Lombard de l'autre, cette situation est, si l'on peut dire, désormais clichée, les deux recueils classiques devant dominer, pour des siècles, l'enseignement des deux sciences. Mais c'est précisément ce fait qui est digne de remarque dans l'histoire des rapports des deux disciplines. De part et d'autre, à peu d'exceptions près, les parties communes continueront à être traitées simultanément. Tels, les chapitres dispersés dans les deux premières parties du Décret^ sur les sacrements et leur valeur chez les hérétiques, les simoniaques, etc., et les traités spéciaux du De consecratiojie. Rares en somme sont les cas où un maître de théologie est assez sage pour laisser à son collègue de droit canon toute une question déjà traitée dans \q Décret; Pierre de Poitiers donnera cet exemple-, en abrégeant ou en supprimant expressément une partie de ses chapitres sur les sacrements, « puisque, dit-il, ils sont déjà l'objet de l'enseignement chez les canonistes », chez les DécrétisteSf selon l'expression officielle du xiii'' siècle. Par contre, le traité essentiellement canonique des empêchements du mariage continuera pour des siècles à être longuement développé chez les théologiens et chez les canonistes : Pierre Lombard et Gratien servaient ici de modèle ou de thème à développements. Le traité De paenitentia au contraire, par une exception louable, disparaît chez plusieurs des glossateurs du Décret'^, et Sicard de Crémone,

1. 11 faut citer spécialement le ms. io8 d'Erfurt (Amplon.), le ms. iao6 de Troyes et divers manuscrits de Salzbourg, d'Oxford, de Cambridj,^e, de Paris, de Rome, etc., que l'on trouve utilisés dans le chapitre m; voir, pour plus de renseignements, l'article déjà cite', Les notes marginales du « Liber Scntcntiaruni », dans la Revue d'Histoire ecclésiastique, t. XIV, 1918, p. 5i8 et suiv.

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