Ibid., p. 537, 538 et suir
gienne*; nous espérons pouvoir le faire quelque jour, et l'on pourra constater une fois de plus comment les premiers glossateurs, tout comme Hugues, ont glané dans tous les vestiges alors accessibles de la vieille patristique occidentale, ou dans les restes encore existants des anciennes institutions, un certain nombre d'idées et de termes dont, sans eux, les nouvelles générations n'auraient guère eu connaissance.
I. Grâce à eux, la survivance de beaucoup d'expressions, où entre le mot sacramentum, a été longtemps maintenue. Si les salutaria sacramenta sont déjà dans S. Cyprien, les multiples objets groupés parmi les ueneratoria remontent, comme terminologie, à saint Ambroise, à saint Augustin, à saint Maxime de Turin et à saint Léon surtout, dont les homélies revenaient chaque année dans le cycle liturgique ; Ton en a indiqué plus haut quelques exemples (voir p. 60, n. 7). Si saint Isidore est cause, par sa définition du sacramentiwi en fonction de l'idée de secret, de l'extension du mot à la plupart de nos mystères, comme le dit M. Fourrât dans son beau livre sur la Théologie sacramentairc (Paris, 1910, p. 33), il doit, croyons-nous, partager cette responsabilité avec plusieurs écrivains qui l'ont précédé.
APERÇU BIBLIO&RAPHIQUE
Le lecteur, désireux de se renseigner davantage, pourra trouver une première orientation dans les ouvrages suivants. Cette liste est évidemment loin de fournir une bibliographie suffisante ; mais, complétée par les ouvrages spéciaux cités au cours des chapitres, elle peut donner un commencement d'initiation à celui qui désirerait pousser plus loin ses recherches sur les auteurs ou les doctrines théologiques de cette période.
Un ouvrage des plus précieux, malgré quelques lacunes, et sans cesse amélioré dans ses éditions successives, est le Nomenclator litterarius theologiœ catholicse (Innspruck, 1903 etsuiv., 3® édit.) de H. Hurter, S. J. ; par endroits malheureusement, il se ressent trop du caractère disparate des sources utilisées pour mériter une réputation uniformément égale de rigueur, de méthode et de plénitude.
Outre ce répertoire, on trouvera une excellente orientation, pour beaucoup de questions, dans les ouvrages sur la bibliographie des sources de Wattenbach, Deutschlands Geschichtesquellen (vol. I, ^"^ édit., par Dùmmler, 1904; vol. II, 6® édit., 1894), et de Molinier, Les Sources de Vhistoire de France {1^'^ partie f Paris, 1901 et suiv.). Des indications sommaires, mais fort sûres, se trouvent dispersées dans tout le cours de l'exposé; elles sont principalement abondantes en tête des périodes ou des divers groupements historiques ou géographiques. Le Répertoire des Sources historiques du Moyen, Age d'U. Chevalier (2 vol., Paris,
1 905-1907) est trop connu et trop utilisé par tous lesérudits pour que nous nous attardions à relever ses mérites.
Les Synchronismes de la théologie catholique de R. Aigrain (Paris, 191 3, t. 1, Des origines à la controverse Bérengarienne) et les Tahulae fontium traditionis christianœ ad annum i563 (Fribourg-en-Brisgau, 191 1) de J. Creusen, S. J., peuvent rendre bon service comme aide-mémoire; chacun de ces recueils présente des avantages spéciaux.
Nous ne rappelons ici que pour mémoire les nombreuses encyclopédies et répertoires, Diction?iaire de théologie catholique , Dictionnaire de la Bible, Dictionnaire d'archéologie et de liturgie^ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques y Dictionnaire apologétique de la foi catholique ^ Kirchenlexikon, Kirchliches Handlexicon, Realencyklopàdie filr protest. Théologie und Kirche, A Dictionary of Religion and Ethics, Religion in Geschichte und Gegemvart, The Catholic Encyclopaedia^ et les nombreuses biographies et bibliographies nationales des divers pays; ces recueils contiennent souvent des articles précieux, mais leur valeur varie beaucoup selon la signature de leur auteur. Habituellement nous avons omis de les citer au cours de l'ouvrage.
Au point de vue de l'histoire littéraire, l'ouvrage d'EeERT, Âllgemeine Geschichte der Literatur im Abendlande (3 vol., Leipzig, 1874- 1887; 2^ édit. du premier volume en 1889; trad. franc, par J. Aymeric et J. Condamin, Paris, 3 vol., 1 883 89), a rendu de bons services à son époque; mais il s'arrête au milieu du xi^ siècle et, malgré ses réels mérites, il contient beaucoup de pages d'une critique insuffisante.
L'aperçu sur la littérature latine depuis le milieu du xi^ siècle jusqu'en i35o, dans Grôber, Grundriss der romanischen Philologie, t. Il (Strassbourg, 1 893-1902, p. 97-432), est précieux, mais pas toujours complet; il présente aussi quelques inexactitudes.
L histoire littéraire delà France^ parles Bénédictins (t. IV
et suiv., Paris, 1738, etc.) est un instrument toujours indispensable dont Ebert a tiré souvent parti, comme le fait remarquer Traube; mais elle ne peut évidemment suffire, bien que, pour un certain nombre d'auteurs, elle représente la principale source d'information.
Récemment, ont commencé à paraître deux ouvrages dont les volumes publiés font vivement désirer la continuation. C'est V Einleitung in die lateinische Philologie des Mittelalters, dans les J^orlesungen und Ahhandlungen du regretté L. Traube, publiés par R. Boll (t. II, Munich, 191 1; aperçu de la littérature latine médiévale depuis Cassiodore jusqu'à la période Carolingienne, p. 145-176), et la Geschichte de?' lateinischen Literatur des Mittelalters de M. Manitius (Munich, 19 1 1 , dans le Handbuch de?- Klassischen Altertu?nswissenschaft d'IvAN von Muller, t. IX). L'exposé se recommande par les mêmes qualités que les autres volumes de la collection sur la littérature grecque ou latine ; il fournit, avec critique et précision, une grande abondance de renseignements biographiques et bibliographiques sur chaque auteur et y joint quelques vues d'ensemble pour chaque grande division. En dépit de quelques desiderata et malgré la place secondaire faite aux écrits purement théologiques, c'est un instrument de travail des plus précieux.
D'excellentes notes d'histoire littéraire se trouvent en tête des diverses œuvres éditées dans les Monumenta Germanica historica, dont il a été fait mention souvent plus haut ; elles sont dues, en général, aux meilleurs historiens et philologues d'outre-Rhin.
Du point de vue de la forme littéraire, l'on trouvera des pages suggestives dans Norden, Die Lateinische Literatur ini Uebergang çom Altertum zum Mittelalter (dans H . Hinneberg, Die Kultur der Gegenwart, Teil I, Abt. viii, p. 3y4'4^0j surtout p. 4o2-4io; Berlin et Leipzig, 1906), et Antike Kunstproza [heipzigy 1898, t. II, p. 661 et suiv.), ainsi que dans A. Batjmgartner, Geschichteder Weltliteratur, t. [V^Die Lateinische Literatur der Chris tlichen f^ôlker (Fribourg-en- Brisgau, 1906, p. 29.9-504). L'histoire de la littérature clas-
APERÇU BIBLIOGUAPHIQUE. 373
sique de Sandys rendra également bon service, A history of classical scholarship (2^ édit., Cambridge, 1906, t. I, p. 441-698).
Le développement de la littérature théologique est fourni par Grabmann, Geschichte de?' ScliolastiscJien Méthode (Fribourg-en-Brisgau, 1909-1911), dont le second volume surtout apporte une foule de renseignements nouveaux.
Bonnes analyses des œuvres dans Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques (t. XVIII-XXIV, Paris, 1762 et suiv.); l'ouvrage est surtout utile quand il s'agit d'auteurs qui ne figurent pas dans V Histoire littéraire.
Le livre de R. L. Poole, bien connu par ses études sur le moyen âge. Illustrations of the history of medixval thought, in theology and ecclesiastical politics (Londres, 1884), mérite d'être lu : monographies instructives.
H. OsBORN Taylor [The mediœçal Mind, 2 vol., Londres, 191 1) donne, à certains égards, moins que le promet le titre; c'est, en une suite de tableaux toujours intéressants et dont quelques traits sont fort suggestifs, l'exposé des principaux facteurs de la civilisation médiévale et des diverses manifestations de son génie propre ; ce n'est point encore une œuvre de synthèse.
Parmi les histoires ecclésiastiques, il faut citer, du côté protestant, le manuel de Krûger, Handbuch der Kirchengeschichte, t. II, Das Mittelalter (par G. Ficker et H. Her- MELiNCK, Tubingue, 1912), où les meilleurs renseignements abondent dans un ordre fort méthodique, et la Kirchengeschichte Deutschlands , bien connue, d'A. Hauck (t. IP, Leipzig, 1912, t. III, 1906, et t. IV, 1908), qui donne une large place à la littérature théologique.
Du côté catholique, citons les nouvelles éditions, fortement augmentées, des ouvrages traduits en français et avantageusement appréciés, de J. Hergenrother [Kirchengeschichte, 4^ édit., par J. P. Kirsch, Fribourg-en-Brisgau, 1908- 1909) et de FuNK [Lehrbuch der Kirchengeschichte,
374 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU Xll^ SIÈCLE.
6^ édit., par K. Bihlmeyer, Paderborn, 191 1). L'ouvrage d'A. DuFouRCQ, Le passé chrétien^ Histoire de V Eglise, t. V et VI (Paris, 191 1), donne dans un double exposé, toujours instructif et intéressant, l'un dans le texte, l'autre dans les notes, quelques bonnes vues d'ensemble et une infinité de renseignements précieux ; toutefois, l'abondance et l'étendue de l'information n'a pas toujours porté bonheur à l'acribie.
Un court résumé de l'histoire littéraire de la théologie est donné par O. Zôckler, Geschichte der tlieologischen Literatur (^Handbuch de?' theologischen Wissenschaften^ Supplementband, 1869, p. 62-1 43), et par Scheeben, Handbuchder Katholischen Dogmatik (t. I, Fribourg-en-Brisgau, i8^3, p. 419-462; trad. Bélet, Paris, 1877, t. I, p. 648 et suiv.).
Les histoires des dogmes bien connues de Schw^ane, Dogjnengesclnchte der mittleren Zeit (787- 1 5 1 7 ; Fribourg, 1 882), de TixERONT, Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne (t. III, Paris, 1912, période carolingienne); de G. Fisher, History of Christian doctrine (Edimbourg, 1908, p. 199- 229) ; de Harnack, LeJu^buch der Dogmengeschichte\{^^ édit., Tûbingen, 191 o); de Loofs, Leitfaden zum Studium der Dogmengeschichte (4® édit.. Halle, 1906, p. 4^2-532); de Seeberg, Lehrhuch der Dogmengeschichte (t. III, Leipzig, 1913), pour citer les plus importantes, se placent au point de vue spécial commandé par leur but; par suite, elles laissent de côté beaucoup d'écrivains ou d'ouvrages, qui jouent un rôle dans la théologie plutôt que dans l'histoire du dogme.
\jaL Dogmengeschichte des Miitelalters de J. Bach (2 vol., 1875, Vienne), au contraire, fait une place très large aux systèmes théologiques et s'appuie sur une vaste documentation en partie inédile ; les questions christologiques y sont surtout étudiées. Citons encore l'ouvrage d'O. Baltzer, Beitràge zur Geschichte des christologischen Dogmas im 1 1 und 12 Jahrhundert (dans les Studien zur Geschichte der Théologie und der Kirche^ t. ÏII, i, Leipzig, 1899), où tout n'est pas à approuver, mais qui apporte quelques bonnes contributions; celui de Kôhler, Realismus und Nominalis-
mus in ïlirem Einfluss auf die dogmntische Système des Mittelalters (Gotha, i858), dépend fréquemment de Ritter [Geschichte der Philosophie, t. VII, Hambourg, i844)'
Chez plusieurs auteurs d'outre-Rhin, la partie du moyen âge prend trop souvent encore pour guides les idées qui dominent dans la Geschichte der religiôsen Aufklctrung im Mittelalter de Reuter (2 vol., Berlin, 1 875-1877).
Parmi les histoires de la philosophie médiévale, il faut citer la Geschichte der Logik in Ahendlande de Prantl (t. II, a^ édit., Leipzig, i885), la G/'m/16?/7ss der Geschichte der Philosophie d' Uererweg-Hei^ze {çf^édh.,i. letll, Berlin, 1905 ; une nouvelle édition de la partie du moyen âge, confiée à M. BaUxMgartner, est impatiemment attendue) ; et la nouvelle édition de V Histoire de la philosophie médié{>ale de M. DE WuLF (Louvain et Paris, 19 12), fort avantageusement connue.
Sur les écoles carolingiennes, l'on consultera avec profit, Roger, U enseignement des lettres classiques d^Ausone à Alcwm (Paris, 1905) : préparation des écoles carolingiennes, surtout les chapitres relatifs à Bédé et Alcuin (p. 274 et suiv.); Mullinger, The Schools of Charles the Great (Londres, 1877) : œuvre excellente pour son époque, mais devenue fort rare. Un bon article, succinct, par le même, a paru dans le Dictionary of Christian Anticpiities de Smith and Cheetham (t. II, p. i855-i858) ; Hauck, op. cit. (t. II, 1912, p. i25-2o5) est toujours précieux. \i^ Dictionnaire d'archéologie, de dom Cabrol, donne quelques renseignements qui seront repris et développés au mot « Ecoles » (voir au mot (( Charlemagne », t. III, p. 170-172).
Sur les sept arts, outre Rogei? (pp. et loc. cit.), voir E. Norden, Die Antike Kunstproza (Leipzig, 1898, p. 670- 687), et G. Meyer, O. s. B., Die sieben freien Kûnste im Mittelalter (dans le Jahresbericht der Lehr- und Erziehungs» anstalt des Benedikt. Stiftes, Maria-Einsiedeln, i885 et 1886), un des meilleurs exposés pour le moyen âge, fort ri-
chement étoffé; bonnes pages d'ensemble, du point de vue de la culture classique surtout, dans Manitius, op, cit.
Sur les écoles aux® siècle, outre les travaux généraux cités plus haut, notamment Meyer, NoRDENet Manitius, et ceux deL. Maître {Des écoles épiscopales et monastiques de VOcci" dent depuis Charleinagne jusquà Philippe- Auguste ^ Paris, i865), de Daniel {Des études classiques dans la société chré' tienne, Paris, i853), de Willmann (Didaktik als BildungslehrCy Brunsw^ick, iQoS), de F. A. Specht {Geschichte des Unterrichtswesens in Deutschland, Stuttgart, i885), de M. Y^kwçj?>{Lehrhuclider Geschichte derPàdagogik, Munster, 1898), l'on peut recourir à quelques études spéciales comme celles de Pfister [Etudes su?' le règne de Rohei^t le Pieux, Paris, i885 ; écoles de Reims, p. 35), de Clerval [Les écoles de Chartres au moyen âge y Paris, 1895, p. 1 08-1 44) j ^^ P'~ CXW1E.T [Gerberty un pape philosophe ^ Paris, 1897, p. 16, 44> 69, etc.); de Sackur, Die Cluniacenser (Halle, 1894, t» H, p. 32^-368, etc.) ; de Héfelé {JVissenschaftlicher Zustandim Sildwestlichen Deutschland und in der nordlichen Schweiz wah/'end des neunten, zeJintenund elften Jahrhunderts^ dans la Theologîsche Quartalschrift de Tûbingue, t. XX, i838, p. 25i-255) ; de G. Meyeh, 0. B. S., Geschichte der Schule çon St. Gallen in Mittelalter (dans le Jahr^buch fur Schweizerische Geschichte, t. X, i885, p. 35-127); ^® Kurth, Notger de Z/?é^e (Paris, 1905, p. 25i-3oo); de Giesebrecht [De hitterarum studiis apud Italos primis medii aeçi ssecu" lis, Berlin, i845). La thèse que soutient ce dernier est en contradiction avec l'ancienne opinion prépondérante de Baronius et de Tirabosciii [Storia délia litteratura italianUf Florence, 1806, t. III, Partiel, p. 285). Les conclusions auxquelles est arrivé Fr. Novati [Storia litteraria d'Italia, Le Origini, lib. I, cap. v et vi, p. 166 et suiv.), mettent en question sur des points de détail plusieurs des idées reçues depuis Tiraboschi; voir sa communication à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres [Rapports littéraires de V Italie et de la Fiance au XI^ siècle^ dans les Comptes rendus des Séances, 19 10, p. 169-184).
Pour se renseigner rapidement sur la série chronologique des anciennes collections canoniques, l'on pourra recourir aux articles suivants : Canonensammlungen dans le Kirchenlexicon^ i. II, 1 84^-68, par Pohle; Kanonensammlungen, dans la Realencyklopàdie , t. X, p. 2-12, par von Schulte; Canons {Collections of ancient)^ dans la Catholic Encfclopaedia, t. III, p. 281-287, parJ. Besson.
L'on ne peut omettre non plus de consulter la dissertation toujours précieuse des Ba.llerini [De antiquis collectionibus etcollectorihus canonum, IV, 10 et suiv., Ad opéra S. Leonis Magni appendû; PL. LVI, 3i5 et suiv.), A. Thei- NER [Disquisitiones criticae in praecipuas canonum et decj'etaliuni collectioneSy Rome, i836) donne beaucoup d'extraits utiles, mais ses jugements et ses affirmations ont été plus d'une fois corrigés par ceux qui ont repris les mêmes sujets. Les études de P. Fournier qui prépare un travail d'ensemble sur les collections canoniques, depuis lesFausses Décrétales jusqu'à Gratien, ont été citées au cours des chapitres, ainsi que celles de Gillmainn qui s'occupe des glossateurs de Gratien.
L'ouvrage bien connu de von Schulte (Gescldchte der Qiiellen des canonischen Redits, Stuttgart, 1876, 4 vol.) est précieux, mais demande souvent contrôle. A consulter aussi ses Beitràg'e zur GescJiiclite der Literatur ilber das Dekret Gratians^ dans les Sitzungsberichte der histor. classe der K. Akadeniie der JVissenschaften (Vienne, t. LXIII, LXIVet LXV, 1870). Court, mais substantiel résumé, dans Tardif {^Histoire des Sources du droit canonique^ Paris, 1887).
Les bonnes études de J. Endres sur le xi*^ siècle et ses écoles, parues dans diverses revues, ont été mentionnées dans le cours de l'ouvrage ; le travail de Dresdner [Kultw^- und Sittengeschichte des italienischen Geistlichkeit ini 10 und II Jahrhundert, Breslau, 1890) contient des tableaux souvent poussés au noir h l'excès.
378 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU Xll^ SIÈCLE.
Sur la littérature théologique durant la querelle des Investitures, l'ouvrage de Mirbt [Die Publizistik im Zeitaller Gregorius VU, Leipzig, 1894) cl celui de Saltet {Les Kèordinations, Paris, 19^7)» offriront d'utiles ressources; ce dernier corrige plusieurs appréciations théologiques du premier.
Sur les écoles du xii® siècle, les principaux maîtres de celte époque et les débuts de l'Université de Paris, il faut signaler l'ouvrage de G. Robert (Les écoles et Venseigne^ ment de la théologie pendant la première moitié du X 11^ siècle f Paris, 1909), fort précieux.
Féret (La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres. Moyen âge, 4 vol., Paris, 1894-97), fournit beaucoupde renseignements; mais, trop souvent, n'a pas tenu suffisamment compte des derniers résultats de la critique.
Par contre, le travail de Denifle (Die Sentenzen Abàlaj^ds und die Bearbeitungen seiner Theologia çor Mitte des XII Jahrhundert, dans V Archiç fïir Literatur- und Kirchengeschichtedes Mit tel ait er s, l. I, i885, p. 402-469 et 584-624)> a été une véritable révélation. Son ouvrage. Die Uniçersitâten des Mittelalters bis 1400, t. I (le seul paru), Entstehung der Uniçeî^sitàten des Mittelalters (Berlin, i885), contient beaucoup de pages utiles pour la période qui nous occupe, ainsi que celui de Rashdall, A Historj of the Unis^ersities in the middle Ages (Oxford, 3 vol., 1892-97), devenu malheureusement fort rare.
Le Chartularium Universitatis Parisiensis ^ édité par Denifle et Châtelain (Paris, tome I, 1889), fournil un certain nombre de pièces pour le xii^ siècle. Les ouvrages de LucHAiRE et de Cahtellikri [Philippe II Auguste Kônig çon Fraîikreich, 3 vol., Leipzig et Paris, 1900-1910), indispensables pour la connaissance du xii*^ siècle, n'ont pas pour but de donner l'histoire des écoles ou des doctrines : hormis le livre de Luchaire, La Société française au temps de
Philippe- Auguste (Paris, 1909), ils ne consacrent que de rares pages à cette matière.
De nombreuses collections d'études et de recherches, comme les Veroffentlichungen (Munich, 1899) ^^ Séminaire d'histoire ecclésiastique de Knôpfler, les Forschungen de Kirsch et Eiirhard (Mayence, 1900, puis Paderborn), les Studien zur Gescldchte der Théologie und der A7/c//e de Seeberg et BoNWETscH (Leipzig, 1898), les Quellen und UntersucJiungen filr die lateinische Philologie des Mit- ^eZaZ^e/'5 de Traube (Munich, 1906), etc., etc., contiennent des travaux spéciaux, souvent fort utiles, qu'on a pu trouver plus haut.
Malheureusement, il n'en va pas de même avec les textes. En dehors des Mo fiiu?ie/îta Germaniae Histo/ica, qui ont édité des textes abondants pour la période carolingienne et la lutte des Investitures (Poetae Karolini ae^i, Epistolae Karo^ Uni aevi, Libelli de Lite Imper atorum et Pontificum, etc.), l'on ne peut citer que les Beitràge zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters de Baeumker,vonHertling etBAUM- GARTNER, qui Contiennent un certain nombre de textes théologiques (Munster, 1891 ; onze volumes déjà parus) : collection excellente, dont l'éloge n'est plus à faire.
Les cinquante ou soixante derniers volumes de la Patrologie latine de Migne ont un certain nombre de textes du XII® siècle. Les Quellen und Untersuchungen de Traube, déjà cités, et la Sammlung mittellateinischer Texte, d'A. HiLKA (Ileidelberg, 1909 et suiv.), fournissent quelques pièces où le théologien peut trouver avantage, comme la Disciplina clericalis de Pierre Alphonse. Quelques œuvres des canonistes sont publiées, grâce aux travaux de Thaner, VON Glanvell, Singer, etc., qui ont été cités au cours des chapitres ; des éditions d'autres canonistes et de théologiens, comme Prévostin, Robert de Melun, Simon de Tournai, Gautier de Saint-Victor, Gandulphe, Huguccio, etc., sont en préparation.
Mais jusqu'à présent personne n'a pris l'initiative d'une collection d'ensemble, bien que plus d'une fois le vœu en ait été exprimé. L'on en est réduit à recourir aux éditions
380 LE MOUVEMEiNT THÉOLOGIQUE DU XIl^ SIECLE.
spéciales, comme à celle d'Alexandre III par Giell, vrai clief-d'œuvre du genre, ou aux pièces parues dans des revues et des collections fort diverses. Beaucoup des anciens auteurs déjà publiés par Migne demanderaient une édition critique et complète. Les pièces inédites sont des plus abondantes et souvent fort intéressantes. Mais auparavant, des recherches poussées méthodiquement dans les dépôts de manuscrits seraient indispensables ; les bibliothèques dont les catalogues n'existent pas ou ne sont que difficilement accessibles, devraient être avant tout explorées. L'ouvrage cité de Grabmann a fait connaître beaucoup d'inédit; et avant lui, les articles du P. Ehrle, surtout pour la période de l'apogée de la scolastique et du xiv® siècle, et du P. Denifle ont révélé nombre de sources inconnues jusque-là ; les six volumes d'HAURÉAU [Notices et Extraits de quelques manuscrits^ Paris, 1 890-1 893), vraies déflora'» tiones bien superficielles, sont utiles malgré leurs lacunes. Les bibliographies des divers ordres religieux peuvent rendre ici d'utiles services. Un premier essai d'exploration méthodique a été entrepris par M. A. Noyon qui a catalogué en détail le vieux fonds théologique de la Sorbonne à la Bibliothèque Nationale (Notes pour servir au Catalogue du fonds latin de la Bibliothèque Nationale, dans la Revue des Bibliothèques^ t. XXII, 191 2, p. 227 et suiv.).
L'on peut dire que, malgré tous ces travaux, presque tout encore est à faire en ce domaine, tant est immense le champ à défricher. Des travaux en collaboration, méthodiquement conduits et poursuivis avec persévérance, peuvent seuls suffire à la tâche. Ils rendraient d'inestimables services aux historiens du dogme et à tous ceux qui s'intéressent aux doctrines théologiques, canoniques et morales du moyen âge.
Admont, Abbaye^ ms. 162, p. 297, 3; 3o3, 4; 3o6, 2. ms. 392, p. 65, 2.
ms. 593, p. 265, 3; 270, 5.
ms. 6i4, p. 270, 5.
ms. 683, p. 1 18, 4' ms. 767, p. 263-267.
ms. 767, p. 321. 8.
Avignon, Ville^ ms. 4o, p. m, 2.
Bâle, Université, ms. O. 11^ 2A, p. 25 1.
Bamberg, Bibl. Royale, ms. B. IV, 29, p. 179; i83, 2; 2i3, i; ai6,
ms. D. II, 17, p. aa5, 1 ; 344) 3^ et 4. ms. D. II, 20, p. 179, i; 3o9, 3; 3io, i. ms. M. IV, 4, p. 176.
ms. P. I, i3, p. 287, I.
ms. P. I, 9, p. 287, I.
ms. P. I, 10, p. 287, I.
ms. P. I, 12, p. 282, 3.
ms. P. II, 26, p. 309, 3.
ms. P. II, 28, p. 224, 2; 309, 3.
ms. Q. II, 3ia, p. 285, 3.
ms. Q. VI, 42, p. 285, 3.
ms. Q. VI, 46? p. i65, 4ms. Q. VI, 53, p. 127, 5; i53, 4; i73, 4; 254, 4. Berlin, Bibl. Royale^ ms. 197, p. 297, 3; 3o3, 4- Bruges, Paille, ms. i84j p- 164, 4; î^So, 3.
ms. 191, p. m, 2 ; 269, I ; 32o, 3; 326, 4 ; 353, 3. ms. 237, p. 271, 5.
Bruxelles, Bibl. Royale^ ms. l^i-j, p. 34 1, 2; 363.
ms. 679-680, p. ii3, 3; 118, 4«
ms. 893-898, p. 216-220; 265, 3 et 4.
ms. 1840-1848, p. 172, 4; 326, 2; 354, I-
Bruxelles, Bibl. Royale, ms. 38i9-38'20, p. 282, 3.
ms. 4780, p. i'27, 5.
ms. ii386 (i366), p. 295.
ms. i2oi4-i2o4i, p. 216, ï ; 259, I ; 265. 3 ; 266, I.
Cambrai, P'iile, ms. 612, p. 224, 2 et 4; 226, i et 2 ; 3o7, 2; 338;
Gambridg^e, Corpus Christi Collège, ms. 96, p. 274.
Gorwille and Caius Collège^ ms. 276, p. 192^ i ; 235-236.
ms. 279, p. 188; 192, I ; 236- Pembroke Collège, m s. 20, p. 261-262.
ms. 28, p. 182. I.
ms. 34. p. 261-262.
ms. 109, p. 117, 3.
ms. II 2106 (Bernard), p. 117, 3.
Sidney Sussex Collège, ms. 78, p. 275.
University Lihrary, ms. 1748 (I. i. 2. i5), p. 192, 1 ; 237. ms. 1985 (K. k. II. 22), p. ii3, 3.
Cantorbéry, Chapitre de la Cathédrale, ms, B. 7, 2, p. 291, 2. Châlons- sur-Marne, Ville, ms. 45, p. 3o6, i.
ms. 65, p. 3o6, i.
Chartres, Ville, ms. 161, p. 282, 3.
Cologne, Chapitre de la Cathédrale, ms. CXIX, p. 282, 3. ms. CLXVI, p. 176.
ms. CXXVII, p. 198, I.
Dublin, Trinity Collège, ms. 275, p. ii3, 3. Durham, Chapitre de la Cathédrale, ms. C. III. i. p. 226. Erlang^en, Université', ms. 238, p. 118, 4-
Erfurt, Ville, ms. 108 (Amplon.). p. i3; i4i, 4; 192, i; i95, 2;