‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 208 sur 228 · Ibid. I, pars xii, cap. 10 (PL. ibid., 362 C · texte numérisé non relu

Ibid. I, pars xii, cap. 10 (PL. ibid., 362 C

retrouve certains termes employés par les canonistes, comme les omnia ustensilia, et qui ne figurent pas parmi les objets que cite Hugues en parlant de la loi nouvelle. Remarquons aussi les mots : in ministeriis divinis, et : quae exercebantur ad venerationem {sacramenta)^, qui évoquent tout de suite dans l'esprit ceux de ministratoria et de veneratoria introduits par les canonistes. La comparaison empruntée par Rufin au temple et au tabernacle de l'ancienne loi donne une vraisemblance de plus à l'origine victorine de ces termes.

Ces ressemblances ne permettent pas, pensons-nous, de refuser à Hugues une part dans l'élaboration de la formule quadriforme. Cette influence est-elle directe?

A voirie prestige immédiat dont a joui le De Sacramentis de Hugues, nous le croirions volontiers. Les canonistes, du reste, ne sont pas restés étrangers à la fascination exercée par les ouvrages du grand Victorin. Ils les ont utilisés en divers endroits aussi bien pour la définition des sacrements que pour le but de leur institution^, et Huguccio, l'un des plus en vue parmi les glossateurs, est un de ceux qui en bénéficient le plus. La manière même dont ils le combattent par endroits, montre l'ascendant exercé par ses idées; il y aurait même une étude rémunératrice à faire sur la part prise par Hugues de Saint- Victor à l'élaboration des idées des canonistes, sur le mariage, par exemple, ou sur les fiançailles.

Rufin, lui aussi, a connu personnellement les œuvres du Victorin, comme le montre l'étude si fouillée de Singer en tête de son édition 3. Nous ne voulons en donner comme preuve, pour le moment, que l'emploi fait par Rufin du De Sacramentis, à partir de la Causa XXVII'', et la transcription littérale au début du De Consecratione'',

Mais l'adjonction d'un quatrième groupe, presque entièrement nouveau, celui des veneratoria, aux trois catégories du Victorin et les divergences d'expression et de contenu constatées dans le second groupe, celui des ministratoria, obligent àchercher encore ailleurs les idées inspiratrices de Rufin. Si, même en ce domaine, les œuvres de Hugues ont pu leur fournir quelque aliment, il y a lieu cependant, croyons-nous, d'orienter les recherches vers une autre classe d'écrits, celle des œuvres liturgiques et des recueils d'homéliaires, dont il a été parlé à propos de l'époque carolin-

1. Ibid. Hugues a soin d'ailleurs d'insinuer les différences qu'il met entre ces diverses classes de « sacramenta » {De Sacramentis, I, pars xii, cap. 10 ; PL. GLXXVI, 363-364).

Page 1