‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 22 sur 228 · Hymiii et Carmina, xix (PL. CXLI · texte numérisé non relu

Hymiii et Carmina, xix (PL. CXLI

passe à la postérité* ; et à Saint- Bénigne, où l'on connaît même l'embaumement 2. Le renom fascinateur de maîtres, comme Héribrand de Chartres, joint à l'attrait de la bibliothèque qui possède un Oribase, provoque même chez maint étudiant de pénibles mais rémunératifs voyages^. Du reste les échanges internationaux, amenés par la passion de l'étude, commencent à devenir fréquents dans l'Europe occidentale, entre l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre et la France; c'est, dès le x*" siècle, le prélude des grands exodes du xif siècle vers les centres universitaires cosmopolites. Appelés par de puissants protecteurs, les maîtres passent de chaire en chaire, parfois au grand déplaisir de leur supérieur hiérarchique, comme cet Hucbald de Liège réclamé jusque dans Paris par Notger son évêque ^; les disciples suivent les maîtres, ou se font successivement les auditeurs des plus célèbres « sdtolastici » , transplantant ainsi d'un pays à l'autre, les idées, les méthodes et les livres^. Altmann de Passau, Gebhard de Salzbourg, Adalbéron de Wurzbourg étudient à Paris; Stanislas de Cracovie passe à Liège et séjourne à Paris; Fulbert, qui fait la gloire de l'école de Chartres, est un italien, peutêtre un romain; Hucbald enseigne à Prague, après avoir été rappelé de Paris; à Lyon, l'on rencontre des Anglais, ainsi qu'à Chartres, tandis que Saint-Bénigne de Dijon héberge des Italiens et des Orientaux, et que Liège reçoit des Normands de Bayeux. Othon le Grand trahit des préoccupations qui rappellent celles de Charlemagne, en appelant des étrangers, et le Pape l'y seconde; mais la tentative n'eut pas le succès

I , Ekkehard IV, Casas S. Galli^ cap. ix (MGH. SS. t. Il, p. 1 14) ; voir aussi Hefelé, article cité, p. 233, Qi36, etc. ; G. Meieh, article cité du Jahrbuchfïw ScJnveizerisclie GescJiichte^ p. 1 16-117.

2,. Chronicon S. Be/iigni, édit. Bougaud dansles ^nalecta Divionensia^ Dijon, 1875, t. I, p. 177.

Page 1