RicHER, op. cit., IV, 5o (iBiD., p
4. Gesta Episcoporum Leodie/isiiim, cap. xxix (MGH. SS. t. VII, p. 2o5).
5. Pour les détails, nous renvoyons aux ouvrages soip;neusement annotés de Hauck, op. cit.^ t. lll, p. 3i9-332,p. 282, n. 6, etc. ; Kurth, Notger de Liège., p. 281, 298, etc. ; Sackur, op. cit..^ t. II, p. 35^ et suiv., etpassini; Wattenbach, Deutschland Geschichtsquellen., Stuttgart et Berlin, 1902,1. I, p. 35oetsuiv., 423,4^5 etc. :^ Histoire litlérairc, t. VI, p. 47 ; t. VII, p. io3, etc. Autres renseignements dans Lavisse, ^/.ç/o//r de France.^ t. 11,2, p. i85-i86; Clerval, op. cii.^ p. 14 et suiv.
qu'elle connut au viii'' siècle. Aucun des maîtres qu'il fait venir d'Italie ou de France, ni Etienne de Pavie, ni Gunzon de Novare, malgré leur culture classique et leur riche bibliothèque, n'était un Alcuin, pas plus que, sous Olhon III, ne l'était Gerbert d'Aurillac, trop vanté par Richer^.
La présence d'éléments étrangers dans les monastères exerce un heureux effet sur les progrès des connaissances : tel, l'exemple de Reichenau et de Saint-Gall qui abritent des Italiens, des Grecs ou des Scoti. La trace de ces multiples relations intellectuelles se retrouve jusque dans les rouleaux des morts, espèce de lettres de décès, avec demande de prières, agrémentées souvent de pièces rimées, et précieuses en renseignements sur les écoles et leurs vicissitudes 2.
Les discussions scolaires qui, dès l'époque carolingienne, mirent sur le pavois des dialecticiens de renom, présentent au X® siècle toute une série d'écolâtres qui nous fait remonter par Heiric d'Auxerre, Rémi de Reims et Hucbald de Paris, jusqu'à Raban Maur de Fulda et, par lui, jusqu'à Alcuin, Egbert et Bède le Vénérable. En produisant des traités et des commentaires plus nombreux et parfois plus fouillés qu'on ne serait porté à le croire, elles eurent le grand avantage d'aiguiser l'esprit de ces générations; la dialectique qui allait avoir un si grand rôle dans la théologie de l'ère abélardienne, continue dans cette palestre à assouplir ses forces et à affiner son jeu. C'est ainsi qu'un siècle et demi plus tard se formera Lan franc et après lui Anselme, le théologien-philosophe de l'abbaye du Bec, sur le nom duquel se ferme avec gloire la grande époque des écoles bénédictines, et le premier en somme qui entre résolument, non pas à tâtons, mais en maître, dans le domaine de la métaphysique : la dialectique avait été l'étincelle qui devait allumer le foyer philosophique et lui donner l'occasion de briller un jour de tout son éclat*^.