‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 34 sur 228 · De corpore et sanguine Domini., n. i (PL. CXXXIX, i8o A · texte numérisé non relu

De corpore et sanguine Domini., n. i (PL. CXXXIX, i8o A

2. Voir plus loin quelques exemples de cette croyance. Citons ici les noms d'Odon de Cluni, de Gre'goire VII, d'Anselme de Laon, avant eux, celui de Walafrid Strabon et d'Alain de Farfa.

3. Les auteurs y sont divisés en quatre catégories : aurei, argentei, stagnei, pliimbei [Comptes rendus des ^Séances de V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres^ nouvelle série, t. VI, 1870, p. 249-250). Pour ce qui regarde Robert de Melun, voir p. 820.

4. PL. LIX, 157-180 ; nouvelle édition critique par Thiel [Epistolae RR. Ponti/icum genuinae, EpistolaxLir, p. 44 et 454, Braunsberg, 1868), et tout récemment par von Dobschûtz [Das Decretum Gelasia- Jiumdc libris recipiendis et nonrecipiendis, cap. iii-v, dans les Texte und Untersuchungen, t. XXXVIII, iv, Leipzig, 191 2, p. 29-60) ; voir lappre'-

PRÉPARATION ÏHÉOLOGIQUE DU Xll^ SIÈCLE. 47

période, les idées de quelques préfaces de recueils canoniques, entre autres celui du cardinal Atton', expliquent l'usage courant, qui donne une valeur probante par ellemême aux textes d'un auteur frappé en quelque sorte de l'estampille légale : il est « authenticus », donc son témoignage vaut. De là, surgissent des conflits entre des affirmations fort distantes dans l'espace et le temps ; détachées de leur contexte, elles provoquent, en guise d'essais de concordance, des hypothèses de toute nature, sans qu'on recoure toujours à l'indispensable travail de la vérification sur le terrain de la réalité.

Chez les canonisles, et même en dehors de toute tendance polémique, comme celle de la querelle des Investitures, qui fait surgir pour ou contre le Saint Siège nombre de recueils de textes, la seule idée de l'ordonnance systématique devait, plus que tout autre plan, faire rencontrer la même difficulté des antilogies. Au début, il est vrai, la juxtaposition de formules plus ou moins opposées ne mettait pas à la torture l'esprit des rédacteurs : le respect de la tradition servait d'excuse à l'introduction de textes surannés et d'expressions discordantes. L'on se contentait de faire office d'enregistreur, sauf à modifier les formules incompatibles avec un nouvel état de chose 2; certaines pages de Burchard de Worms sont suggestives à ce point de vue ^. Mais chez la plupart, le défaut ne devait pas tarder de sauter aux yeux.

ciation de Massigli, dans la Thcologische Litevaturzeitung, t. XXXVIIX, 1913, p. 14-16.

1. Capitidare seiL Breviariiim canoiium, préface (Mai, Feterum Scriptorum collectio nova, Rome, i832, t. VI, pars ni, p. 60-61).

2. Nous ne pouvons que souligner ici l'excellente remarque de Schônbach sur la cre'ance médiocre que méritent ces textes, quand il s'agit de baser sur leur témoignage l'histoire des mœurs ; même dans le domaine théorique, il y aurait lieu de faire des restrictions [Stadien zur Geschichte der altdleutsclieii Predigt, dans les Silzangsberichtc de Vienne, lyoo, t. CXLII, vu, p. laS).

3. Hauck, Ueber dem Liber Decretorum Burchard's von Worms. dans \esBerichte ûber die Fcrhandlungen der kon. Sàchùschen Gesellscliaft der JFissenchaften zii Leipzig^ Philologisch-histor. Klasse, t. XL VI, i, 1894, p. 65etsuiv. ^ voir plus loin, chap. v, les ouvrages de Fournier et d'autres

La guerre aux pénitentiels, « quorum auc tores incertiy errores certi'^ », qui se déclare dès l'époque carolingienne, et la substitution à ceux-ci de nouveaux recueils « authentici » n'apportent qu'une solution fort précaire, sur une partie seulement du domaine pratique. Restait tout le champ de la jurisprudence, des institutions et des matières doctrinales, fort abondamment représentées, nous l'avons vu, dans les traités canoniques.

Aussi les aveux ne devaient pas manquer de se produire, souvent avec une sincérité qui exclut tout détour. Après Burchard -, qui se plaint dans son prologue de l'incohérence et de la discordance des canons, voici Bernold de Constance ^ qui émet un aveu peut-être plus désespéré encore; Bonizon de Sutri*, dont l'idée sera répétée par Alger de Liège ^, Deusdedit^ et d'autres lui font écho; Yves de Chartres'^ en fait autant et plus, dans sa célèbre préface, si souvent reproduite à part sous le nom de De consonantia canonum. Sans qu'il soit besoin de s'arrêter à toutes les productions du xi® ou du commencement du xii^ siècle, le titre même de l'œuvre de Gratien et les gloses qui l'accompagnent chez ses commentateurs, étalent le mal à côté du remède, et cela sous une forme trop parlante pour que nous l'omettions ici : Concordia discordantium canonum ^. Les polémistes des Investitures, pour ou contre

1. Concile de Cliâlons 8i3, can. 38; de Tours 8i3, can. aa* de Paris, 829, can. 32; de Mayence^ 847, can. 3i, etc.; voir les textes dans Mansi, ou dans Vering, Zur Gescliichte dcr Paenitential Bûcher, dans VArchw fur katliolisches Kirchenrecht, t. XXX, 1873, p. 217, n. i, et p. 218.

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