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De misericordia et iustitia (PL. CLXXX

5. Cette collection, dite Polycarpns, est inédite; titres dans Theiner, op, cit., p. 34^-345 5 préfacedans Huefper, Beitràge zur Geschiclite^ clc.f p. 75-76.

Summa sententiarum , qu'il utilise quand il ne les transcrit, y apporte les compléments devenus classiques depuis lors'.

La communauté des matières qui s'affirme dans divers traités de la théologie ou du droit canon, amenait nécessairement les théologiens à utiliser les grandes ressources que leur offraient les dossiers patristiques ou conciliaires, élaborés par leurs confrères. L'on verra plus loin le détail de ces emprunts. Contentons-nous de citer ici les noms d'Yves de Chartres, dont la Panormia documente toute la génération suivante, et de Gratien de Bologne, chez qui Pierre Lombard ne se fait pas faute de puiser largement. Même des écrivains oris^inaux, comme Hugues de Saint- Victor, Alger de Liège et Gilbert de la Porrée sont tributaires du droit canon pour leur documentation patristique.

Outre les importants dossiers de textes patristiques, outre l'idée même d'une codification des matières do^matiques, ou la solution des problèmes légués par les recueils canoniques à la théologie, il est un autre genre de services que suscitent au moyen âge les rapports étroits entre les deux rameaux des sciences sacrées : c'est celui de la conciliation des textes patristiques. L'on y voit sans peine comment les collections canoniques exercent leur influence sur l'élaboration des œuvres systématiques de théologie.

Au XII® siècle, le problème de la conciliation des textes patristiques ne pouvait plus s'appeler nouveau ; depuis longtemps déjà, les divergences constatées de tout temps dans les écrits des saints Pères, voire même les contradictions apparentes entre certaines expressions bibliques, avaient embarrassé lesécrivains ecclésiastiques. Sans remonter bien haut et sans parler des recueils d'^y^oWes et de Scho" lies, si fréquents dans les manuscrits de nos bibliothèques, les 'AvTiy.£(p.sva de Julien de Tolède, auteur du Prognosticon déjà cité, les Interrogationes d'Alcuin sur la Bible, les multiples Qusesliones in vêtus et novum testamentum, avaient

1. De Sacra Coena, édit. Vischer, Berlin, i834, p. 192 et igS. 1 reviendrons ailleurs sur cette dëtinition et son histoire j jusqu'ici

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Nous nous

ne l'avons rencontrée chez aucun auteur antérieur àl^érenger; celui-ci,

en l'attribuant à saint Augustin, facilita son succès.

46 LE MOUVEMENT TIIÉOLOGIQUE DU XIF SIÈCLE.

comme parallèles clans l'exégèse patrisllque ces longs alignements de textes, vrais dossiers de plaidoiries, qui dans les controverses carolingiennes sur la grâce, le Filioque, les Images, l'Adoptianisme, l'Eucharistie, etc., font songer aux Florilèges et aux 'E/.AoYa( grecs ou byzantins, que présentaient à tour de rôle les adversaires et les partisans des Nestoriens, des Monophysites, des Monothélites, des Aphthartodocètes, des Iconoclastes, etc. L'on assiste de part et d'autre à des essais de conciliation forcée, où la fécondité de l'invention est plus saisissable que la saine interprétation historique.

Au x^ siècle, c'est Hériger de Lobbes ^ qui s'irrite contre ces reproches de discordance faits aux Pères, et dès lors la série des essais de conciliation ne sera plus interrompue ; elle deviendra de jour en jour plus fournie. Ce qui préside à ces tentatives, c'est non seulement la conviction de l'identité des avis : il y entre encore un autre élément qui donne au problème une forme plus aiguë, à savoir l'immense réputation qui entoure d'une auréole le nom de certains auteurs jusqu'à faire prendre leurs paroles pour un oracle de l'Esprit Saint 2. A côté de cela, il faut tenir compte de la nature même de l'argument d'autorité au moyen âge. Une page fort suggestive en la matière 3, répétée pour le fond par un théologien du xii® siècle, nous est présentée par un grammairien de la Charente, du xi^ siècle, Aiméric d'Angoulème. L'interprétation de certaines expressions du décret dit de Gélase, De lihris j^ecipiendis^y souvent reproduit à cette

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