PL. CLXI, 46 et suiv
8. Sur le vrai titre, Concordia^ et non Concordantia, voir Heyer, dans la Zeitsrhrift dcr Savigny-Stiftung fur lieclitsgeschichte, t. XXXIII, Kanonislische Ableilung, t. II, 1912, p. 336-342.
Ja valeur des sacrements des simoniaques et des excommuniés, avaient exposé nombre de divergences en s'appuyant les uns sur saint Cyprien, les autres sur saint Augustin^.
Les moyens de solution que devait adopter et compléter le célèbre Camaldule de Bologne, avaient été recherchés par les générations des théologiens et des canonistes du XI® et du xii^ siècle; tous s'évertuent à remédier à la difficulté-. Bernold de Constance ouvre la marche en reprenant, semble- t-il, une idée d'Hincmar et quelques parties d'un traité aujourd'hui disparu du grand archevêque carolingien. Est-ce chez lui que d'autres viennent s'inspirer? Peut-être; en tout cas, Deusdedit donna la préférence à la (( maior auctoritas » ; ce qu'Abélard n'admettra, et après lui la Summa senteiitiarum, que comme solution ultime. L'idée de Bernold, consciemment ou inconsciemment, sera reprise par Yves de Chartres, une des plus pures gloires du droit canonique français, dans son De consonantia canonum cité plus haut. Avec les distinctions à faire entre les circonstances de lieu, de temps, de personne, etc., déjà esquissées auparavant, la théorie de la dispense revêt ici un caractère de plus en plus accusé ; par suite, son rôle grandit notablement dans la conciliation des divergences. Chez Alger de Liège, au commencement du XII® siècle, il est difficile de ne pas reconnaître la répercussion des idées d'Yves de Chartres, dont si souvent il utilise les textes. Dès lors, il n'y a plus qu'à attendre un moment, pour voir passer dans la théologie proprement dite les principales règles de conciliation proposées jusque-là par les canonistes.
C'est le Sic et non d'Abélard^ qui se charge de cette tâche ; la mémorable préface de ce recueil, qui explique l'œuvre qu'elle introduit dans un sens fort éloigné du
1. N'oIi-vSaltet, Les lii'ordinations ^ Paris, 1907, p. igoetsuiv, ; Mirbt Die Publizistik iin Zeitalter Gregors /^//, Leipzig, 1894, /ja^^çim, ainsi
3ue notre étude, Theological Literaturc during the Investiture Strugglc, ans Thclrisk Theological Quarterly, t. VU, 19 12, p. 3i3-34i.
2. L'on verra plus loin l'exposé plusdéveloppé des diverses solutions propose'es.