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PL. CLXXVIII, i339-i

50 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU XIl'^ SIÈCLE.

scepticisme rationaliste, comme on l'a cru trop longtemps, ajoute aux procédés antérieurs une règle nouvelle qui fera époque : l'emploi de la dialectique, qui s'applique à trouver les significations différentes dont un même mot est susceptible chez divers auteurs. Gratien tranche sur ses prédécesseurs en droit canon par une large utilisation de ce nouveau moyen de solution érigé en principe par l'œuvre abélardienne ^, et c'est ainsi que la théologie, si souvent tributaire des recueils canoniques, prend, elle aussi, une part active dans cet échange de bons procédés. Gratien d'ailleurs ne restera pas en retard de services ; au Magister Sententiarum, il offrira des ressources sans nombre, que le théologien de Novare utilisera avec un empressement non déguisé : nouvel exemple de l'influence réciproque des sciences canoniques et théologiques dans leurs travaux de codification systématique. Mais avant d'exposer ce dernier stade dans l'élaboration de l'œuvre du Lombard, celui de son éclosion, il nous faut reprendre la situation théologique à l'aube de la période anselmienne et assister aux luttes des dialecticiens et de leurs adversaires, ainsi qu'aux premiers essais des monographies savantes, ou de la mise en système raisonné des doctrines et des idées formulées jusque-là.

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