‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 51 sur 228 · Epistola ccccx (PL. CLXXXII · texte numérisé non relu

Epistola ccccx (PL. CLXXXII

3. Jean de Cornouailles, op. cit., cap. m (PL. CXCIX, loSa D).

LEs/« SENTENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 93

expressions de certains chroniqueurs qui citent Hugues et Abélard co>ime les deux grands « luminaria » de la France à ce momeht, répondent pleinement à la réalité des faits ^ C'est même au nom d'Abélard que l'on peut rattacher le grand mouvement de l'élaboration théologique d'où surgiront des recueils d'ensemble, supérieurs à tous ceux qui ont précédé, et dans lesquels la dialectique marchera de front avec les textes traditionnels.

Dans les premières années du xii® siècle, c'est à Laon que s'est transporté le principal foyer des études sacrées ; c'est là qu'est située la grande école de théologie, « dwinitatis^ », comme on disait alors, selon le mot encore en usage aujourd'hui dans les universités anglaises [Diçinity Schooly Doctor in Dinnity)^ et des maîtres, comme Gilbert de la Porréc 3, ne croient rien faire de mieux pour couronner leurs études que de suivre les leçons de Magister Anselmus^ le « M iitre des maîtres », comme l'appellent Marbode de Rennes eî Guibert de Nogent ^, le « restaurateur des études sacrées », d'après Innocent IP. Nombre de futurs évêques ou de cardinaux, toutes les célébrités théologiques, même d'au delà des mers ou des monts, Ulric de Milan, Anselme de Pusterla, Guillaume de Corbeiî ou de Cantorbéry, le bienheureux Vicelin, Robert de Hereford, Thietmar de Brème, Albéric de Reims, Lotulphe deNovare, Hugues de Reading, Matthieu d'Albano, Hugues Métel, etc. , ont entendu Anselme de Laon^, tout comme les générations précédentes s'étaient

1. Chronicon Anonymi, a. Ii4i (Bouquet, t. XII, p. 120); Richard LE Poitevin, Chronicon^ a. 1 141-42 (MGH. SS. t. XXVI, p. 81).

2. Abélard, Historia calamitatam, Epistola I, 2 (PL. CLXXVIII, ia2-ii3).

3. Othon DE Freising, Gesta Fridericiimperaioris, lib. I, 5o (MGH. SS. t. XX, 379).

4. Marbode, Carmina varia^ xxiv (PL. CLXXI, 1722); Guibert, Ad comme ntarium in Geiiesim, proœjnium, et De vita sua, III, 4 (PL. CLVI, 19 et 912 D).

5. Marlot, MetropoUs Remensis hisùoiia^ Reims, 1679, t. II, p. 284.

6. Voir l'article déjà cité de The Iiisli theological Quaréerly, t. VI, 19ÏI, p. 427-428, et les sources y indique'es.

fait un devoir d'écouter Fulbert, Anselme du Bec ou Yves de Chartres. S'il est difficile d'attribuer, avec preuves à l'appui, une influence littéraire quelconque aux œuvres ihéologiques d'Anselme, l'immense réputation qui ne quitte pas sa mémoire fait croire que sa survivance n'a pas été que l'ombre d'un grand nom, comme le voulait Abélard^ Sans nul doute, à en croire d'autres contemporains, son action a été profonde dans les courants de la pensée théologique 2.

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