Lib, I, Dist. IX, 12, et xvi^ i5 (PL. ibid
4. Dialogorum libri FIJ, lib. V, 12 (PL. CXCII, 1206 D— 1208 A); ailleurs il parle des « r/ocfo/'tf5 6cc/e.sia.y^i;cn),sansenmentionneraucun (0/^. ciY., lib. IV, 5 ; IBID., J182 B).
LES « SENTEiNTIAb: » DE PlEUllE LOMBARD. 139
ses disciples inattenlifs le constant accord de ses autorités*. Les moines de Villers-la-Ville, en Brabant, recourent à sainte Hildegarde, par l'intermédiaire de Giiibert de Gembloux, pour concilier des expressions divergentes de la Bible, et pressent leur correspondant d'arracher la solution aux lèvres mourantes de la sainte femme ~. L'on peut voir ce souci de la concordance des autorités, jusque dans les réponses aux « videtiir quod non » des grands ouvrages théologiques du xiii^ siècle; le texte présenté dans l'objection est habituellement expliqué dans un sens conforme h la conciliation harmonieuse. Au milieu du xii^ siècle, une formule se rencontre, chez les auteurs cités plus haut, qui semble constituer l'expression consacrée de cet accord réel malgré le désaccord apparent : « Non sunt advei^si, sed dwersi », dit-on. C'est ce que nous trouvons chez Anselme de Laon, chez Abélard, chez Hugues Métel, chez Robert de Melun, chez x\rno de Reichersberg, chez son frère Gerhoch, etc. ^. Pierre Lombard n'a pas, que nous sachions, cette formule sous sa plume, pas plus que la précédente; mais il ne s'est pas moins efforcé de réaliser le but qu'elle exprimait, et ce ne fut pas un des moindres mérites de ses Sentences d'avoir mis un peu d'ordre et de lumière dans ces matériaux disparates, accumulés depuis des siècles.
L'on serait même en droit de se demander si le service rendu n'a pas eu sa rançon dans les négligences qu'on peut constater chez plusieurs théologiens et canonistes. Munis désormais d'un répertoire patristique ordonné et, à côté de tout ce qu'on avait eu jusque-là, remarquablement fourni, l'attention des auteurs se trouve moins portée vers les lectures des œuvres complètes, des originalia^ comme on disait au moyen âge; telle page d'un franciscain d'Oxford au xiif siècle, ou d'un bénédictin d'Admont, l'abbé Engelbert,