Voir plus loin, le chapitre iv, p. 249, 271, etc
4. Voir l'article sur l'Eucharistie au XIP siècle en Occident^ dans le Dict. T/ieol. cath., t. V, p. 1268.
5. Voir le chapitre iv. Seeberg, dans le dernier volume paru de son Lehrbuch der Doginengeschichtc (Leipzig, 1913, t. III, p. 191, n. 3), croit ne pas pouvoir rejeter cette utilisation du Damascène.
LES « SENTEiNTlAE » DE PIERRE LOMBARD. 141
lérale constitue le fonds principal de son œuvre. Le moyen âge qui n'avait pas certes de la propriété littéraire l'idée que nous en avons de nos jours, ne s'est pas montré chatouilleux en la matière ; il ne connaissait même plus cette délicatesse des auditeurs de saint Jean Chrysostome, qui se seraient plaints vivement, il nous le dit lui-même, si jamais un orateur se fût emparé des dépouilles d'autrui^. Au temps de Pierre Lombard, comme pendant les siècles qui le précèdent, nous l'avons vu maintes fois jusqu'ici, les choses n'en sont pas là, en quelque genre que ce soit; et s'il fallait appliquer à celte période le mot de Brunetière, qu'en littérature ceux qui copient ne comptent pas, nous pourrions tourner des pages entières et faire une croix sur leur contenu. Ce caractère de compilation et de transcription qui se fait remarquer dans toute l'œuvre du Lombard, est même tellement prononcé qu'on a voulu lui attribuer la paternité de telle source qu'il utilise ou qu'il copie. Ces tentatives n'ont pas eu de succès, nous l'avons vu tantôt à propos de la Summa sententiarum et de l'opinion du chanoine Mignon qui s'est ravisé ensuite 2. L'on ne peut plus attacher aucune valeur à l'argument de Jean Eck, au xvi*" siècle, invoqué encore sous une forme un peu différente par von Schulte et d'autres, il y a vingt ou trente ans : ils se refusaient à voir une copie, disons le mot, un plagiat, dans l'œuvre d'un auteur « si considéré pendant tout le moyen âge » ^. La haute considération même où on le tenait a vite fait oublier ses sources. Il n'y a que de rares auteurs, anonymes presque tous, qui au xiii*" siècle, se mettent en devoir de refaire dans les Quatuor libri Sententiarum le travail du relevé des
emprunts^.