I. De Sacerdotio, V, i (PG. XLVIII
3. Article cité de la Revue des sciences ecclésiastiques, t. LXII, 1890, p. 5a4> 54î, etc. ; Les origines delà scolastique et Hugues de Saint-Victor, t. I, p. 3i.
3. Lettre de Jean Eck en tête de l'édition de Chelidonius (PL, CXCII, 969) ; VON Schulte, Zur Geschichte der Liieratur ûher das Dekret Gratians, III, dans les Sitzungsberichte de Vienne, t. LXV, 1870, p. 53-S4.
4. Ce sont les travaux contenus dans les mss. 1206 de Troves, et 108
142 LK MOUVEMEiNT ÏHÉOLOGIQUE DU XII^ SIÈCLE.
Ces emprunts, nous l'avons déjà dit, se produisent surtout aux dépens de Hugues de Saint- Victor, de la Summa sententiarum y d'AbélardetdeGratien^. Hugues ei\di Summa ^ celle-ci encore plus que celui-là, sont souvent copiés textuellement; à qui veut s'en convaincre par lui-même, il suffît de prendre en mains l'édition de saint Bonaventure par les PP. Franciscains de Quaracchi^. Les quatre premiers volumes qui contiennent les commentaires sur les Sentences, donnent avec le meilleur texte du Lombard que l'on ait jusqu'ici, des indications précises sur les emprunts du Maglster. Un chapitre pris au hasard, tel celui sur l'extrèmeonction, fournit l'occasion d'une très suggestive étude avec la Summa et le De Sacramentis de Hugues. Pierre Lombard prend des phrases, ou des membres de phrases, aux deux ouvrages, mais intervertit leur ordre ^. Il serait facile de multiplier ces exemples, que d'autres ont déjà développés avant nous. La dépendance vis-à-vis de Gratien est non moins frappante : elle laisse d'abord la certitude que les Sentences sont postérieures au Déct^et^ puisque maintes fois elles combattent, sans le nommer d'ailleurs — c'était l'usage alors — les arguments apportés par le canoniste de Bologne; mais en même temps le Magister s'approprie les Dicta Gratiani d'une manière qui ne laisse pas l'ombre d'un doute ^.
(Amplon.) d'Erfurt, dont il est question plus loin; voir aussi les Notes marginales du Liber Sententiarum, déjà citées, p. 5i8, etc.
1. Pour toute celte étude des emprunts ou des plagiats, le travail de Baltzer rend excellent service : Die Sentenzendes Petriis Lombardus, dans les Studien zur Gesch., t. VIII, m, Leipzig, 1902 ; voir Tappréciationdu P. Jacqoin, dans la Reçue d'Histoire eccle'sias tique, t. V, 1904, p. 107.
2. S. Bonaventurae opéra omnia, Quaracchi, 1882-1889, t. I-IV; Indices, t. V, 1901.
3. Lib. IV, Dist. XXIII, 1-2 (PL. CXGII, 899); Summa, IV, 5; De Sacramentis, lib. II, pars XV, cap. i et 2 (PL. CLXXVI, i53 BC et 577-578 A).
4. L'étude de Foiirnier déjà cite'e, dans la Re{>ue d^ Histoire et de Littérature religieuses, t. IIl, 1898, p. 99 et suiv., est définitive à cet égard. Voir aussi le travail de l'abbé Annat sur la documentation patristique du quatrième livre {Pierre Lombard et ses sources patristiques , dans le Bulletin de Littérature ecclésiastique^ Toulouse, 1906, p. 88 et suiv.). Ajoutons-y un exemple qui réunit toutes les espèces de cas cités ;
LES (c SENTENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 143
Quant aux textes patristiques et conciliaires, l'arsenal que présentait le Décret était trop précieux pour n'être pas mis au pillage par le théologien de Novare ; les parties relatives aux sacrements contenaient une somme importante de témoignages, dont la transcription avec les mêmes fautes, les mêmes répétitions, et dans le même ordre, etc., etc., éclaire singulièrement les procédés de composition en usage au xn° siècle^. A côté de Gratien et parmi les sources principales, il nous faut placer Abélard, dont les œuvres, au dire de Jean de Cornouailles, faisaient la lecture assidue de maître Pierre ; et de fait, nousl'avonsdéjàdit, la pensée abélardienne se retrouve fréquemment, assagie et habituellement correcte, dans les conceptions du Lombard; le premier livre a ici une prépondérance presque exclusive, dans la mesure au moins accessible à notre appréciation. Mais surtout le grand réservoir de textes présenté par le Sic et Non a largement alimenté les preuves positives des Sentences ; c'est même de ce recueil, plutôt que des œuvres originales, que Pierre Lombard doit avoir pris ses citations de saint Isidore, contrairement à ce que croit Baltzer^. Pour Alger de Liège, l'utilisation n'est pas moins contestable ^, bien que la preuve n'ait pas encore été fournie avec la même minutie de détails que pour les autres. C'est par son intermédiaire, semble-t-il, que s'introduit dans les Sententiœ un traité d'Yves de Chartres, celui sur les sept ordres ecclésiastiques. Le traité sur les fins dernières a vraisemblablement tiré parti du Prognosticon futur i seculi de Julien de Tolède; Pierre Lombard connaît l'œuvre, il nous le dit; d'ailleurs elle se rencontrait depuis des siècles dans toutes les bibliothèques*. Certains passages de ce traité ont laissé des vestiges
lib.IV, Dist. XXIV, 2, De frigidis (PL. CXCII, 926-927), où intervient un exemple de fausse attribution, re'pëtition des textes, transcription des Dfc^, copie du Dictuni suivant de Gratien sur les maieficia (Causa XaXIU, qu. I, 2* et 3» pars),
1. Tertia pais, De Consecratione^ Dist. I-V. Voir les études citées de Baltzer, Fournier et Annat.
2. Op. cit.^ P- 4; au moins croyons-nous qu'il en est ainsi pour les extraits des Sententiae ou De sammo bono.