Liber Sententiarum^ préface (PL. CXCII
le nom du Mas;istej' à une place d'honneur dans un des premiers canons dogmatiques du concile.
Non seulement l'ouvrage de Joachim fut condamné, avec preuves scripturistiques à l'appui, mais l'enseignement trinitaire do Pierre Lombard, incriminé par ses adversaires, fut solennellement reconnu orthodoxe. Son nom même intervient dans la formule de foi qui introduit cette partie : Nos auteiriy sacra et iinwersali concilio approbante, credimus et confUemur cum Petro (Lombardo) ^. Il eût été difficile pour le Maître, qui s'était montré si réservé dans sa préface, de souhaiter triomphe plus complet : celui-ci est unique peut-être dans l'histoire des canons conciliaires. En tout cas, il dut faire sensation, car deux des principaux chroniqueurs de cette époque, Roger de Wendover et Matthieu Paris ont soin de transcrire ce texte tout au long dans leur relation de la victoire du Magister-. D'autres chroniques mentionnent avec soin la condamnation de Joachim et la victoire du Lombard^.
Dès lors l'ouvrage ne connaît plus les retours offensifs de l'opposition. Les propositions abandonnées au cours du siècle suivant par l'enseignement de Paris ou d'ailleurs, ne jettent aucune ombre sur la réputation d'orthodoxie du Maître. L'on se contente de dire : Hic non tenetur Magister^, Déjà saint Bonaventure connaît huit de ces propositions^, que ses prédécesseurs Alexandre de Halès et Albert le Grand rejetaient déjà presque toutes; Salimbene en mentionne le même nombre^ et la liste n'ira plus en diminuant; elle est fréquemment placée en tête ou à la fin des manuscrits et des
1. Cap. H, 2 (Mansi. t. XXII, p. 983); Décrétai. Grcg. IX, llb. I, cap. 2, i; Hefelé-Knôpfler, op. cit., n. 647, t. V, p. 880-881; Le- CLERCQ, op. cit., t. V, II p. 1327-13^9; voir les Scntentiae du Lombard, lib. I, Dist. V (PL. CXCII, 535-539).