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Paradis, lib. X

Gralien, un des maîtres de l'édifice juridique, apparaît Pierre Lombard « qui offrit comme la veuve son obole à l'Église ». Prises au prologue même des Sentences^ nulle part ces paroles ne pouvaient mieux se trouver que dans la bouche de celui-là même qui de l'obole avait fait un trésor!

APPENDICES

APPENDICE A Principaux témoins des succès d'Abélard.

Sur l'enthousiasme des auditeurs d'Abélard, nous sommes renseignés parOTHOx DE Yk'e.isi'SG [Gestd Friderici,\ih. 1,47 et suiv.); par l'auteur de la vie de saint Goswin déjà citée (Bouquet, t. XIV, p. 442-443) ; par l'autobiographie d'Abélard, trop vantarde ou rancunière pour être toujours prise au pied de la lettre, mais confirmée par les autres sources d'information pour ce qui regarde le succès de ses leçons {Historia calamitatum, Epistola, i, 1, 2, 3, 5, 8, 11, etc.; PL. GLXXVIII, 113, 114, 120, 124, 126, 139, 159, etc.; Introdiictio ad Tlieologiam, prologus, ibid., 979-980) ; par Héloïse, Epistola II [ibid., 185); par Foulques de Deuil, Epistola xvi (parmi les lettres d'Abélard; ibid., 371 et suiv.); par Jean de Salisbury, Metalogicus, lib. I, 5, et II, 10 et 17 (PL. CXCIX, 832, 867 et 874); Policraticus, lib. II, 22 (PL. ibid., 450 et 453; édit. Webb, Oxford, 1909, t. I, p. 124 et 129); par Gautier de Saint-Victor, Contra quatuor Labyrinthos Franciae, passim (PL. CXCIX, 1127-1172); par Gautier de Mortagne, Epistola v (d'Achery, Spicilegium, Paris, 1723, t. III, p. 524); Chronicon Mauriniacensis Monasterii, a. 1130 (Bouquet, op. cit., t. XII, p. 80) ; Robert d'Auxerre, Chronicon, a. 1140 (MGH. SS., t. XXVI, p. 235); Chronicon anonymi, a. 1141 (Bouquet, op. cit., t. XII, p. 120) ; Richard le Poitevin, Chronicon, a. 1141-42 (MGH. SS. t. XXVI, p. 81; même notice à peu près que le précédent) ; Hugues Métel, Epistola v (dans Hugo, Sacrae Antiquitatis monumenta, Saint-Dié, 1731, t. II, p. 314); S. Bernard, Epistola clxxxix, cxciii et cccxxxviii (PL. CLXXXII, 355 A, 359 C et 543 D); Pierre le Vénérable, Epîstolae, lib. IV, 4 et 21 (PL. CLXXXIX, 306 B et 351 A). Voir plus haut, dans les notes, les autres renseignements à tirer de la correspondance de saint Bernard. Une épitaphe composée par Philippe de Harvengt, donc avant 1180, en l'honneur d'un Magister

Petrus, et fort clog-ieuse, semble bien s'appliquer à Abélard et non à Pierre Lombard à en juger par quelques traits (PL. CGIII, 1393 D).

Les sources citées plus haut nomment un certain nombre des anciens élèves d'Abélard, en France, en Allemagne, en Italie. Ullistoire littéraire (t. IX, p. 85), et après elle Poutalik (article cité du Dictionnaire de théologie, t. I, p. 361) donnent des chiffres; ils peuvent être exacts, mais il faudrait y ajouter les preuves. Sur Gélestin II, le cardinal Gui de Saint-Marc, ami et élève d'Abélard qui intervient dans diverses lettres de saint Bernard (Epist. cxcii; PL. GLXXX II, 358-349), ou de GerhochdeReichersberg (voir par exemple son commentaire sur les psaumes, Ps. XXIV, 5; PL. GXGIII, 1105), voir Hemmer dans le Dictionnaire de théologie catholique, i. III, p. 20-61. Sur Alexandre III, le Magister Rolandus, de Bologne, dont les Sententiae se rattachent à l'école de Bologne, voir Denifle (article cité). Gélestin III, élu en 1191, est l'ancien cardinal Hyacinthe dont le nom revient dans la correspondance de Gerhoch (p. ex. lettre xix et xxii ; PL. GXGIII, 573 et 586), ou dans les conflits abélardiens de 1140 (Vacandard, Vie de saint Bernard, t. II, p. 176-177; S. Bernard, Epistola CLxxxix, 5, et cccxxxviii, 2; PL. GLXXXII, 357 A et 544 A; HoFMEisTER, article cité, p. 142 et 637, n. 2).

APPENDIGE B

La devise apologétique « De ea quae est in nobis fide... rationem reddere parali ». (1 Petr. m, 15.)

Les préoccupations apologétiques qui président aux travaux des théologiens du xn^ siècle se traduisent par une formule ou une devise qui revient fréquemment sous leur plume. Elle représente la tendance qui se fait jour à ce moment et qui arrache à plusieurs d'entre eux des concessions illégitimes au rôle de la raison dans la foi : contre les attaques des dialecticiens, tous veu^ lent montrer la rationabilité de chacun de nos dogmes. Le texte qui sert de devise est pris à une version fautive de la première épître de saint Pierre ^ où le mot spe cède la place à fide. Il est à remarquer que le texte était encore correctement cité à l'époque carolingienne. Agobard l'emploie en tête de son écrit de controverse contre Félix d'Urgel : « deea quae in nobis est spe » [Liber adversurti dogma Felicis Urgellitani; PL. GIV, 32 A).

Parmi les premiers auteurs de l'époque du xii^ siècle qui recourent à cette formule, il faut citer saint Anselme et ses cor-

I. I Petk. III, i5; voir Sabatier, Versiones antiquae, l?aris, l'j^S, t. III, , 952.

LES (c SENTENTIAE » DE PIERRE LOMBARD. 171

respondants ; mais ici la vraie leçon spe est maintenue, bien que la paraphrase qui la précède s'occupe uniquement des choses de la foi. C'est au début du Car Dcus liomo que la demande des correspondants d'Anselme s'appuie sur le texte de saint Pierre, mais dans un sens qui s'harmonise avec le mot d'ordre du g-rand docteur : « non ut per l'ationeni ad ftnem accédant, scd ut eorum quae credunt intellectu delectentur^ ».

Abélard énonce deux fois le texte de saint Pierre, mais avec le mot fide juxtaposé à spe; c'est ainsi sans doute que petit à petit le premier mot élargira sa place dans la formule jusqu'à déloger complètement le second. Les termes dans lesquels Abélard énonce la devise reflètent clairement le but apologétique qui commande la plupart de ses spéculations, mais qui ne les a malheureusement pas maintenues dans la voie orthodoxe. On la trouve dans la Theologia christiana^, où il justifie la saine recherche de la sagesse chez ceux « quos devotos ad inquisitionem veritatis percipiendae viderimus ». Dans une lettre où il s'en prend à un adversaire de la dialectique "\ il y recourt également, mais avec la véhémence habituelle contre les sophistes de l'erreur à celui qui voulait rester « dialecticien chrétien ».

Est-ce d'Abélard que la formule parvient à la connaissance de Hugues de Saint- Victor? Gela n'est pas impossible; mais il est fort vraisemblable qu'elle était courante dans les écoles à cette époque de lutte théologique intense; partisans et adversaires pouvaient s'en autoriser, avec ou sans mesure. Toujours est-il que le but apologétique et apostolique des sciences sacrées a été parfaitement exposé par Hugues dans la paraphrase qu'il donne de cette devise; en même temps, il légitime l'étude en se réclamant nettement du précepte de l'apôtre; cela donne lieu de croire que cette justification n'était pas superflue. Ce qui lui ajoute plus de poids encore, c'est que le grand Victorin a voulu donner une place spéciale à cette formule dans l'important traité où il a fait connaître ses idées en pédagogie. Après avoir mentionné deux classes d'étudiants, dont les uns doivent être plaints, et les seconds secourus, il parle d'une troisième qui mérite toute louange : ce sont ceux qui étudient : « ut secundum Apostoli praeceptum parati sint omni poscenti reddere rationem de ea fide in qua positi sunt, ut videlicet inimicos veritatis fortiter destruant, minus eruditos doceant, ipsi perfectius viam veritatis agnoscantet altius Dei sécréta intelligant, arctius ament; quorum nimirum devotio laudanda est et imitatione digna* ».

L'on ne s'étonnera plus guère après cela, qu'à l'exemple d'Abé-

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