‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 99 sur 228 · Eruditio didascalica, lib. V, lo (PL. GLXXVI, 798 G · texte numérisé non relu

Eruditio didascalica, lib. V, lo (PL. GLXXVI, 798 G

172 LE MOUVEMENT THÉOLOGIQUE DU XIl^ SIÈCLE.

lard et de Hugues, la Summa sententiarum, qui dépend si intimement de ces deux auteurs, place la même devise en vedette au début de sa préface ^ Peu après, Robert de Melun la rappelle dans la célèbre préface qu'on lui attribue^. Remarquons toutefois que le Summa sententiarum citait tout le texte pour insister sur la « modestia » et le « tremor » nécessaires dans l'exposé théologique. Elle donnait ainsi satisfaction aux reproches des avancés et à ceux des timides.

A leur exemple, Pierre le Vénérable justifie par le même précepte de l'apôtre, l'apologie de la foi chrétienne qu'il appuie sur la raison et sur l'autorité ; comme Abélard il a la leçon : « de fide et spe quae est in nobis^ ».

Du reste, la devise ne se cantonne pas aux seules écoles françaises ; elle passe en Allemagne, jusqu'aux rives de l'Isar, dans la Bavière méridionale, où le polémiste Gerhoch n'hésite pas à l'employer en écrivant à Eberhard de Bamberg*.

Une génération plus tard, Alain de Lille énonce clairement la portée apologétique de la formule en tête de son traité Contra haereticos'^. Cette liste, qui sans doute pourrait s'allonger encore, se couronne par les noms de saint Bonaventure et de Thomas d'Aquin, les héritiers du xii« siècle, et qui s'appuient sur ce même texte pour justifier définitivement, en le réglant, le rôle de la raison dans les choses de la foi s.

• APPENDICE C

La légende des trois frères : Pierre Lombard, Gratien et Pierre Gomestor.

Souvent juxtaposés dans les chroniques, par exemple chez Martin LE Polonais [Chronicon, Imperatores; MGH. SS. t. XXII, p. 469) et GoDEFROiD de Viterbe [Pantlieon, additions, partie, xxiii, n. 48; ibid., t. XXII, p. 260), Gratien et le Lombard — ou Pierre Lombard et Pierre Comestor, par exemple chez Othon de Saint- 'Bh\\?>E{Continuato San-Blasiana de la chronique d'Othonde Freising, n. 12; ibid., t. XX, p. 308) — deviennent bientôtfrères comme chezRANULPHE HiGDEN [Polychronicon, lib. VII, 19, et traduction de

i.PL. GLXXVI, 42.

2. De modo colUgendi siunuias et docendl, prologue de la Summa; ms. de Bruges 191, fol. 6".

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