AN MOUÉ.VS
que u /(' suhlinie. cest ht mesure dans la force », cl qui l'apprenait dans Homère !
Ceci n'est plus la forme ni surtout le mode de pensées des symbolistes, et si ces pages furent publiées seulement en i 90^1, elles furent écrites longtemps auparavant. Au moment du Pèlerin passionné, le fil était bien près de se rompre qui retenait Moréas chez les symbolistes. Il cassa naturellement.
11 vole à l'avenir comme une flèche au but. Son œuvre a pris racine et va croître et s'étendre, Mais, sous la poutre noire ou le feuillage tendre, Le feu de sa parole est à jamais perdu.
Nos neveux connaîtront son labeur assidu.
Mais comme à ses amis 11 savait condescendre,
Et ce qu'il leur portait d'obligeante vertu,
Nul n'en aura plus vent que nous qui serons cendre.
Qui dira quelle presse il traînait après lui
Dans les cafés où la sottise fait son bruit.
Où le noir bâillement de l'ennui se prolonge?
Et quand trop d'amertume accablait les buveurs, Qui dira que sa bouclie ouvrait un jour de songe Où les nvmpbes dansaient sur un tapis de fleurs?
C'est encore à Y Apothéose de Moréas d'Ernest
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Haynaud que nous empruntons ce sonnet : il montre à quel point Moréas fut le centre du mouvement auquel son nom est attaché. Il donne aussi le cadre où ce mouvement se produisit. Ce fut, en 1891, au Café de l'Avenir, place Saint-Michel, en face de l'actuel Café du Cadran, que fut promulguée l'Ecole Romane. Le lieu était bien choisi, tout au moins par son nom et la compagnie qui le fréquentait : là se réunissaient déjà les Zutistes et les Hydropathes, ceux-ci s'enorgueillissant de Charles Cros et de Goudeau.
Un manifeste fut élaboré qui parut dans le Figaro. Les sept étoiles de la nouvelle Pléiade y participèrent : Jean Moréas, Ernest Raynaud, Maurice du Plessys, Raymond de la Tailhède, Lionel des Rieux, Charles Maurras et Hugues Rebell. Le but du groupement était d'en finir avec le Naturalisme aussi bien qu'avec le Symbolisme : tous deux étaient les produits du Romantisme, contraire au pur génie français, au clair bon sens de notre race. Il fallait (( renouer la chaîne gallique » et rompre en visière, au nom de la France éternelle, à tous contradicteurs, aussi bien lakistes anglais que romantiques allemands.
Ce fut un vacarme superbe : car tout le monde à la fois se sentit attaqué par ces jeunes hommes, déjà connus, quelques-uns presque célèbres, qui ne voulaient rien devoir qu'au fonds même du pays qu'ils représentaient. Il ne fallait pas non plus les accuser d'avoir agi sans connaissance de cause. Si Jean Moréas
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avilit rté l'un des luaîlrcs du Svinboiisnu', La Tailhède ijulllalt les Parnassiens dans le temps que son Hclio- (jalxfle, conforme aux règles les plus strictes, paraissait dans leurs revues. Ernest llaynaud et Du Plessys — le premier l'un des fondateurs du nouveau Mercure de France — sortaient, non sans fracas, du Décadent, où ils avaient tenu le sceptre, conjointement avec Anatole liaju. Charles Maurras et Lionel des l{ieu\, tous deux Provençaux et félibres, apportaient 1 appointdesidées régionalistes, si profondément françaises. Kebell parachevait le nombre fatidique.
Les disparates étaient innombrables entre ces hommes dont T union d'esprit s'est maintenue toujours par le lien d'une foi commune et leur amour du pur langage. Du Plessys, d'une élégance raffinée, faisait ressortir la rusticité volontaire d'Hugues Rebell, qui cachait sous une timidité apparente une singulière acuité de vision. Il l'a bien montré dans ses romans ; mais il était alors l'auteur des Chants de la pluie et du soleiL poèmes en vers libres, d'une curieuse musicalité et d'une couleur violente. Maurras discourait sur le retour à la tradition avec la môme abondance d'arguments sévèrement choisis et la même intuition vive qu'il a depuis lors apportées à ses théories d'Action française. Sec et noir, il contrastait avec Raymond de La Tailhède. rougissant comme un grand bébé. Moréas disait des vers, à son accoutumée. Ernest Raynaud l'écoutait, un regard bon et malin dans sa
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figure aux traits accusés, barrée d'une moustache terrible et de sourcils indomptés. L'ordre méditerranéen et la belle faconde du Midi fleurissaient ces agapes. On quitta l'Avenir pour avoir un coin plus à soi et l'on se réunit au restaurant de la Côte-d'Or, place de l'Odéon. C'était un restaurant à 26 sous, dont le bas regorgeait de cochers de fiacre et de maçons. Ceux des poètes qui étaient riches, Lionel des Rieux par exemple, y vivaient sur un pied de jDarfaite égalité avec ceux qui ne l'étaient point, et, chose rare à noter parmi les êtres susceptibles que sont les poètes, il n'y eut jamais entre eux le moindre froissement d'argent. Le garçon du lieu se nommait Amand : il avait conçu pour les poètes une admiration qui touchait au fanatisme. Le plus tôt possible, bousculant un peu, à l'occasion, les modestes clients de la salle inférieure, il grimpait au premier rejoindre les aèdes, les écoutant des yeux et de tout le visage, prompt à les servir, à leur rendre tous les menus soins autorisés par son état.
Souvent des invités venaient, des curieux aussi, attirés par les discussions que la presse alimentait autour de l'Ecole Romane. Oscar Wilde, en fastueux équipage, y rencontrait Verlaine au cache-nez d'un rouge piteux, pareil au drapeau d'une émeute après quatre jours de bataille. Vinrent aussi Henri de Régnier, Stuart Merrill, Viélé-Griffm et tous ceux qui se piquaient de poésie.
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Ce n'est pourtant pas que les symbolistes eussent renié leur querelle. Verlaine, dans ses Invectives, tantôt blâme et tantôt bénitles membres de notre Pléiade. Henri de Régnier ne perd pas une occasion de leur taire sentir la férule de critique que lui avait impartie le Mercure de France. Récemment, à la mort de Lionel des Rieux, il en a fait sa coulpe devant cette jeune tombe glorieuse. Quant à la presse mondaine, si elle avait honni les symbolistes pour ne les point comprendre, elle silllales renégats parce qu ils se soumettaient aux règles. Un article d'Henri Fouquier se terminait par ces paroles : « // ne faut pas oublier que les serins ne chantent qu'en cage. »
Ceci n'empêchait nullement les poètes de travailler : le martyre, même bénin, est la meilleure propagande. La Bibliothèque artistique et littéraire, sous l'emblème de la Minerve, publia la Métamorphose des Fontaines de Raymond de La Tailhède, dont les premiers mots : (( Moréas, je t'invoque », indiquent assez la tendance. Le livre, conçu dans le plus pur esprit roman, œuvre de haute mythologie, pleine de nobles images, restera une très belle œuvre quand la folie nous aura passé de demander de l'actualité aux poèmes.
La Tailhède était arrivé à Paris sous l'égide de Jules Tellier, qui a^ait été son professeur, élève lui-même de Jules Lemaître. Une tendre amitié les avait réunis et c'est à la mort de Jules Tellier, par les vers écrits pour son Tombeau, que La Tailhède avait
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atteint le grand public. Faute de pouvoir citer la Métamorphose des Fontaines qu'il faut lire dans son ensemble, citons ce fragment du Tombeau :
A travers les jardins de la Vieille Espérance, Je me suis promené pendant toute la nuit. J'ai cueilli sur les fleurs la moisson du silence Qui me parfumera comme un encens bénit.
Afin de ranimer les visions errantes, L'heure crépusculaire avec des mots anciens Eveille au bord des lacs les villes transparentes Et les peuples émus au chant des musiciens.
Dans les bois cependant le vent seul parle encore. Les cortèges de gloire entrent dans la cité, La cité qui chantait clôt ses portes d'aurore, Le jardin d'autrefois est soudain dévasté...
Quel vieillard d'autrefois que la vie importune Nous a pris au filet du rêve, quel sorcier, Moi, couronné déjà de l'antique laurier. Et toi dans ton sommeil prolongé par la lune^.
Ensuite parut, toujours sous la Minerve, le Livre pastoral de Maurice du Plessys, suivi à peu d'anuées de distance par ses Etudes lyriques. Du Plessys avait donné une Dédicace à Apollodore — lisez Moréas — ori revient ce vers d'un rythme obsesseur :
Ah ! souviens-toi ! c'était un soir sous les lauriers.
I. La Tailhède, Le Tombeau de Jules Tellier. Bibliothèque artistique et littéraire.
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Il est malaisé de choisir dans l'a'uvrc de Mauilce du Plessys un IVagiueul plus aclievé de ses poèmes: ses noi)les vers ne se découpent pas. Mais qu'il nous soit permis d odVir à nos lecteurs ce sonnet que la Ville de Paris, si elle était plus soucieuse de sa gloire, ferait graver sui- le marbre, à la vue de tous ceux qui lisent :
L'Idi';i: au Front de Feu ou Paris-Citadelle.
Cité sérénissime et sainte entre tous lieux, Pieuse et Druidesse, enfant de l'anlique Mystère, Paris, Manul'acture, Ecole, Phalanstère, Salut ! Ville ma mère et la mère des dieux !
Heine-Ouvrière, Esprit et Cœur laborieux, Ta main tient le contrat de l'Homme avec la Terre El ton front, couronné du bronze militaire, Sourit dans un nuage aux promesses des cieux.
Peuples, considérez sous cette tempe ardente Paris, de vos soupirs l'antique confidente. Augure et caution du monde émancipé !
Or, à l'abri d'aucuns qui rêveraient bien d'elle, Lutèce au front de fer porte d'un cœur drapé L'orgueil et la pudeur du nom de Citadelle*.
Toujours sous la iMinerve, parut le Bocage d'Ernest Raynaud. C'est la plus romane des œuvres romanes. Familier avec les poètes de la Renaissance, Raynaud
I. Dr Plessys, L'Idée au Front de Fer. Antholoyie des Poètes du Terroir. Dclagrave éditeur.
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a suivi leurs comportements, et la grâce qu'il leur emprunte lui devient toute personnelle, tant la réminiscence lui est involontaire :
« Au temps chaud que la feuille abonde au front du chêne, L'adolescent Tircis que Gléonice enchaîne, Tandis que son troupeau paît l'herbe autour de lui, D'une flûte savante allège son ennui*. »
Ces petits tableaux, purs et nets comme des camées, foisonnent dans le livre et s'élèvent fort au-dessus des modernités de jadis, quand les Cornes du faune étaient l'orgueil du Décadent.
Le Bocage parut en iSgS. En 1896 aussi, dans le numéro de mai du Mercure de Finance, un manifeste roman d'Ernest Raynaud 011, pris directement à partie, il attestait ses dieux et confessait sa foi. Voici les principaux passages du Manifeste. Ils montrent que la réforme apportée par l'Ecole nouvelle allait plus loin que les paroles et que les romans, sans se laisser aveugler par l'enthousiasme de leur art, visaient aussi les mœurs, d'un si grand poids dans l'écrivain.
«... La renaissance romane n'est point un mouvement artificiel né d'un caprice de poètes. Quiconque a suivi d'un peu près les manifestations littéraires de ces dernières années conviendra qu'elle était inévitable. En Art, les révolutions présentent U enchaînement rigoureux des saisons. ..
I. E. Ratnaud, Le Bocage. Bibliothèque artistique et littéraire. "^^J^ l56 <{g'>^
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(i Ld renaissance rofnane, r\'sl-()-((ii'e le retour dans la pensée comme dans le style à réquilihre et à I harmonie, et (fit inéritahie, après les mille excès (In Déca- (lisme. l/i(lé(tl s\'taif réduit a la notation des émotions charnelles, des seuls insti/irts, la lan^/ue était itevenue une sorte de patois, (Vincompréhensil)le j<u'(jon. On osait proclamer (ju'il était indispensable d'ifjnorer ht (jrammaire et la prosodie pour faire œuvre de pjoète. On disait: a L'Art de penser et d'écrire n'existe pas. (( L'artiste n'a (jue faire des traités et des manuels. Il n lui suffira de céder aux impulsions de son démon. » Ces théories blâmables avaient donné leur juste fruit... Il falhdt réa(jir contre cette barbarie de style, cet elJondrement de la pensée, ce pessimisme dissolvant et stérile. (2' est là le triple bat que nous nous sommes proposé. C'est h) la triple raison d'être de l'L'cole roinane. . .
u Lue œuvre n'a chance de sufjsister que si elle porte, en dehors du cachet de son temps, le signe de quelque chose d'impérissable et d'éternel, une vérité de tous les tentfjs . . .
(( Si nous sommes remontés aux sources, c'était pour y puiser des forces nouvelles...
(( Nous aurons satisfait à notre plus haute ambition le jour où nous aurons amené l'expression de quelques vérités éternelles à son plus haut point de perfection...
(( Jl e.viste un point de perfection comme de l)onté ou de maturité dans la nature qu'il serait dangereux de
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vouloir dépasser. La volupté même et les amours ont leur point extrême et au delà se dissocient. Restons dans le certain, dans le fini, dans le nombre, et laissons aux barbares ces spéculations nébuleuses , cette astroloc/ie de r infini, tout cet obscène chaos ou ils voudraient nous perdre à leur suite...
(( ... Réduit à sa plus simple expression, notre vœu pourrait s'énoncer ainsi : a Obéir au génie de la langue (( oà l'on écrit. » A une époque ou nous subissons de tous côtés l'invasion des littératures étrangères, oà les Scythes et les Saxons accaparent nos théâtres et nos librairies, ou il n'est renom de bel esprit qu'aux échappés des glaces baltiques, nous avons entrepris de défendre le patrimoine des muses latines, d'opposer le goût d'ordre, de mesure et d'harmonie de notre race aux imaginations monstrueuses et de lutter dans la mesure de nos forces pour le salut de l'esprit français et le règne de la Reauté. »
Voilà qui est parlé nettement, et, sauf que l'on risque d'être traité de pompier par les ignorants, on ne court pas du moins chance d'être incompris.
Comme pour illustrer d'un geste le manifeste de son ami, Jean Moréas venait de détacher du Pèlerin passionnéles pièces qui lui paraissaient insuffisamment conformes aux lois qu'il s'était imposées. Il les avait publiées chez Vanier, sous le titre significatif : Autant en emporte le vent.
Lionel des Rieux, à son tour, donnait le Chœur des
— -s^gî) i58 cîg'îss, —
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Muscs, où se manircste, charmante, une fraternité d'esprit avec Clu'nier :
Ainsi, dans ma Provence, au\ longs jours de l'été, Sur un lit de i;a/on plus doux (|U(' la |)aresse, J'évo(juais, imitant les sages de la Grèce, De l'anticjue Vénus la riante beauté ^
Et ailleurs, ce conseil d'un Horace rendu grave par la jeunesse :
Couronne, Lvrisiès, le cortège des heiu'es ! Que le bruit du festin éveille tes demeures. Préfère le baiser aux plus doctes discours, Afïirme peu, ne ris jamais, souris toujours.
Ensuite parut la Belle Saison, recueil de vers d'amour voluptueux et souples, d'une rare profusion de rvthmes nouveaux.
Au dehors, Charles Maurras soutenait avec sa docte courtoisie et son savoir inépuisable la doctrine de l'Ecole. Il en était le théoiicien, le Du Bellay. Il fit comprendre, bien avant les Kamtchatka et les exécutions de Mirbeau, combien l'on en avait assez des cygnes, des faux Parsiftil, des chœurs d'enfants dans les coupoles, de « l'amour thébain » et de toutes les friperies du Symbolisme. Le parti se fortifia de l'adhésion de Barres et d'Anatole France. Le futur guide de 1*^4 c/io/i /roAiçawe rencontrait, en toute con-
I. Le Chœur de Vesper. Les Colombes d'Aphrodite (édition de la Bibliothèque artistique et littéraire).
— "S^gîs J 5() Cîg'TNS,
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formité d'opinions littéraires, pour des discussions amicales, l'helléniste et poète Alexandre Desrousseaux — aujourd'hui député socialiste Bracke — et leurs opinions si diverses n'amenèrent jamais de conflit malséant.
Moréas cependant continuait ses travaux. Il s'était adonné à faire revivre les Contes de rancienne France dans une langue rajeunie avec tant de science et de poésie qu'elle ne perdait point sa saveur. Il préparait déjà cette Iphigénie, célèbre avant de paraître et qui triompha aussi bien à Paris que dans Orange ou Athènes; car, imitée à la fois de Racine et d'Euripide, elle demeurait personnelle. La dernière prière d'Iphigénie est toute de l'inspiration du poète. Le caractère d'Achille notamment est très différent de ce qu'on le voit dans Racine. L'honneur et l'amour ne sont plus seuls à le faire agir : il y a, comme dans Euripide, le froissement d'amour-propre né d'une décision prise sans le consulter dans un fait qui le concerne.
Enfin il donnait d'abord les deux premiers livres, puis le recueil entier des Stances. C'est le chef-d'œuvre du poète : un chef-d'œuvre. Ces courtes pièces sont, chacune, un pur joyau ; l'ensemble, un collier d'améthystes. Plus de mots clinquants, plus de sentiments bizarres. Modelé par la vie et par quelque inavouée tristesse, le poète a été fidèle au plan qu'il avait tracé pour lui et les siens. Il a cherché non plus à décrire des sensations, à mettre le lecteur dans la confidence
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de SCS pensées désordonnées, mais à soumettre ces pensées et ces sensations à l'ordre ahsolu de la Nature, à se soumettre, lui cl son clia^j^riii, à ce [)laii (ju'il ne connaît pas, auquel il adlicre d'avance et voici qu'une lumière sereine, égale, l'emplit.
L'insidieuse nuit m'a grisé trop longtemps,
Pensif à ma fenêtre; () suave matin, je Vi'ille et je t'attends,
llùte-toi de paraître.
Viens ! au dedans de moi s'épandra ta clarté
En élément tranquille; Ainsi l'eau te reçoit, ainsi l'obscurité
Des feuilles te distille.
0 jour, ô frais rayons, immobilisez-vous,
Mirés dans mes veux sombres, Maintenant que mon cœur, à cliacun de ses coups.
Se rapproche des ombres*.
Et ailleurs ;
Les morts m'écoutent seuls, j'habite les tombeaux. Jusqu'au bout, je serai l'ennemi de moi-même. Ma gloire est aux ingrats, mon grain est aux corbeaux ; Sans récolter jamais, je laboure et je sème.
Je ne me plaindrai pas. Qu'importe l'Aquilon, L'opprobre et le mépris, la face de l'injure, Puisque, quand je te touche, ô lyre d'Apollon, Tu sonnes chaque fois plus savante et plus pureP