Qu'installa patrice Constance céda aux Gotlis une
Le patrice Constance, en l'an quatre-cent-dix-neuf, partie de l'Aquitaine. Reçut de Rome en fief la troisième Aquitaine. M. Les /iuif peuples qui sont à l'orient d'AIby, L'Aquitaine d'Auguste s'étendoitjus-
Les quatorze qui sont entre Loire et Garonne, q" a la Loire et comme il y avoit
Sont comme les fleurons de sa fièrc couronne; quatorze peuples depuis la Loire jus-
qu'à la Garonne, il en attribua six à l'ancienne Aquitaine. Des huit autres citc^s qui restoicnt sçavoir Bourges, Clermont, Rodez, Alby, Cahors, Limoges, Mente et le Puy, il fil une seconde Aquitaine.
.31. Du Tursan au Marsan Art. Gascogne.
11 reçoit un mouton de chaque paysan ; H y a contrées diverses : le Marsan,
Le Roc-Ferrat, ce mont où l'on trouve l'opale, le Tursan, St-Sever y est sur VAdour
Saint-Sever sur l'Adour, Aire l'Episcopale, ainsi qu'AîVe, ville épiacopale. Les
Sont à lui ; autres villes sont Roquefort, Montant...
L'Hydre. — Dans la seconde pièce, VHydre, écrite loin de Guernesey (Auteuil), et à une date (12 août iSjS) où Victor Hugo ne s'informe plus guère, où la bizarrerie de son inspiration semble parfois sonner un air de parodie, il subsiste pourtant encore un point de contact évident avec le folklore basque.
Ce chevalier vainqueur d'un reptile, serpent, hydre ou dragon, est dans toutes les légendes de la Biscaye et de la Navarre. Les Basques en ont encore aujourd'hui gardé la tradition. Dans la montagne Azaleguy, il s'appelle le chevalier Athaguy, ou le chevalier de Çaro, et il est vaincu par un dragon à sept tètes'.
En i836, A. Chaho- avait signalé la fréquence de ces légendes dans le moyen âge basque et il racontait la plus populaire de ces traditions.
« Les Basques eurent longtemps à se défendre contre les attaques d'énormes serpents qui sortaient périodiquement des parties les plus humides et les plus profondes des forêts. — Les chroniques nous apprennent qu'au moyen âge les Pyrénées n'étaient pas encore purgées de ces hôtes effrayants.
1. Cerquand. Légendeset Récits populaires dupays basque, I,pp. a6, 46-
2. Voyage en Navarre pendant l'Insurrection des Basques, i83o-i835. Paris, A. Bertrand, i836.
« En 1407, un serpent monstrueux, sorti des abîmes des Pyrénées, exerçait d'affreiix ravages sur les bords de la Nive. Tout désertait les environs d'Irubi, où une grotte servait de retraite à cette hydre. Gaston de Belzunce, à peine âgé de 19 ans, sans arme que sa lance, vint délier le monstre dans sa retraite. Les traditions donnent à l'hydre trois têtes et une queue ardente. Gaston et l'hydre tombèrent dans la Nive où ils se noyèrent. Le roi de Navarre, Charles III, permit aux Belzunce d'ajouter un dragon à leurs armes ».
Ces légendes, dont quelques-unes figurent dans la Péninsule {1835)^ où collaborèrent Nodier, Jubinal. Abel Hugo et Chaho, n'ont pas du être inconnues à Victor Hugo, et par là sa pièce de l'hydre est autre chose qu'un symbole : elle a sa source en pleine tradition basque.
CONCLUSION
De toutes les sources de la Légende des Siècles, les sources espagnoles sont les moins livresques.
A peine, au début de l'inspiration, entrevoit-on le souvenir des textes traduits par Abel Hugo ou étudiés avec sa collaboration et sous son influence.
Il faut compter pour peu la mémoire des études faites par les Orientales, Hernani ou Ruy Bios.
Les conversations du salon de l'Arsenal dans l'entouraore
de Nodier et les livres de voyages dans la Péninsule ont entretenu V. Hugo dans sa curiosité de l'Espagne, mais ne lui ont pas fourni de documents précis à mettre en œuvre ; si,
I. D'Abrantès, Jubinal, Nodier, Vigny, etc. La Péninsule, Paris, Estibal, in-8, i835.
parfois, il s'est souvenu de ces causeries ou de ces lectures, jamais ces réminiscences n'ont été assez précises pour provoquer de la part du poète une imitation définie.
Ce qui est la source constante de l'inspiration espagnole chez V. Hugo :
C'est tout d'abord l'âme et la situation de V. Huiro assimilée à l'âme et à la situation du Gid du Romancero^ du Gid exilé, du Cid de Bivar ou des tribuns indignés du Jour des Rois et de Masferrev ;
G'est ensuite le décor de l'Espagne : c'est aux notes de ses albums que V. Hugo doit cette exactitude de vision, ce relief puissant des lignes et cette éclatante vivacité de coloris, par quoi il impressionne dans ses vers la sensibilité de notre rétine à la façon d'un Goya ou d'un Sorella y Bastida. Les paysages d'Espagne de V, Hugo sont arrêtés dans leurs contours, violents dans leurs couleurs, contrastés et emphatiques, si Ton peut dire, comme la nature même du pays et comme aussi la faculté de vision du poète. Il y a eu accord entre l'imagination de V. Hugo et le spectacle qui a été fourni à celle-ci ; mais ce spectacle V. Hugo l'a contemplé curieusement et avec attention, car il a noté plus que les guitares, les grelots des mules et les fandangos. 11 faut avoir vu l'Espagne de près pour décrire avec autant de précision le sillon des chariots à bœufs qui déchire le sol poussiéreux aux environs des puits, les grands linéaments d'ocre rouge et les plis de sable jaune qui ferment l'horizon, et, dans l'empourprement du couchant, les « fourmillements d'éclairs et de serpents» des eaux torrentueuses où s'accroche le dernier reflet du jour; il faut s'être arrêté dans Gavarnie pour dresser si terriblement l'image du chaos des blocs démesurés ou faire transparaître si pittoresquement à travers le brouillard la lueur des escarpements ensanglantés.
La puissance de vérité de ces impressions est telle qu'elle rend le lecteur moins exigeant pour la sincérité des autres sources ; il est peu disposé à s'informer de la réelle
patrie des légendes mises en œuvre par le poète, il les tient de prime abord — et avec raison d'ailleurs — pour indigènes, parce que leurs personnages se meuvent au milieu d'un décor vraiment espagnol; il est peu exigeant pour le détail des sources historiques, malgré l'acharnement .plein de sérénité du poète dans l'inexactitude, le contresens et la méprise, parce qu'il entend éclater dans le récit ces beaux noms castillans, sonores, colorés et empanachés qui, à eux seuls, donnaient à Schlegel la vision de toute l'Espagne.
L'Espagne est, avec la vallée rhénane, le seul décor géographique des poèmes de la Légende des Siècles que Victor Hugo ait réellement connu. Mais le Rhin et les Burgra^>es, où le pittoresque tient tant de place, avaient absorbé la meilleure part des impressions du touriste de i84o : il n'est pas vrai que les Orientales^ Hernani, Ruy Blas, écrits au reste avant le voyage de V. Hugo en Navarre, aient admis autant de pittoresque espagnol que le Rhin et les Burgraves contiennent de pittoresque allemand.
En ce qui concerne l'Espagne, la vivacité première des impressions du voyageur ne s'est point émoussée de bonne heure: à l'exception de Gavamie, V. Hugo en i856 n'a rien dispersé de ses noies d'Espagne dans ses œuvres ; il retrouve intactes toutes les richesses de son observation, il peut les prodiguer : aussi son évocation de l'Espagne conserve-t-elle la couleur et la lumière du terroir avec assez d'intensité pour faire dire au critique espagnol Castelar : « Dans le génie de V. Hugo, il resplendit quelque chose de notre soleil*. »